L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé): vers un Renouveau?

Au travers des retours d’expériences récentes vécues lors de l’épidémie d’Ebola et de MERS Coravirus, il est légitime et sain de s’interroger sur le rôle et les responsabiltés de l’OMS, une agence satellite des Nations Unies (UN).

OMS

Très administrative et formaliste, L’OMS semble avoir définitivement(?) basculé du In Vivo pour le In Vitro; un manque flagrant de pragmatisme et de réactivté à défaut de parler de pro-activité.

Une lourdeur, donc une lenteur administrative qui ne convient pas vraiment au caractère urgent des réponses à apporter aux nombreuses demandes d’assistance de par le monde; le manque cruel et constant de ressources financières compromet l’efficacité et la nature même des missions qui reviennent de droit à l’OMS.

Pour pallier à cette inertie, des ONG telle la fameuse MSF (Médecins sans Doctors-without-Borders-logo-squareFrontières) ou des agences nationales  de santé, comme le CDC d’Atlanta (US), CDC logo_small
sont venues au secours de l’Afrique de l’Ouest au péril de la vie de leurs volontaires exposés sur le terrain.

Tout semble démontrer l’absence d’évolution et d’adaptation de cette formidable organisation qui a vu le jour au printemps de 1948, aux transformations sociétales et environnementales de ces dernières décennies; la plus flagrante reste sans doute, l’incapacité à répondre aux urgences sanitaires générées par les épidémies.

L’OMS souffre non seulement d’un manque de moyens humains et matériels sur le terrain, mais aussi d’un manque de reconnaissance comme une autorité agissant rarement par ingérence humanitaire mais toujours dans l’intérêt des pays et populations sinistrés. Ebola_UNMEER_jpgLe recours à la logistique des Nations Unies et la sécurisation des missions par les soldats Casques Bleus prennent un caractère impérieux. Ebola en Afrique de l’ouest en a été la démonstration flagrante.

Le constat qui se dégage aujourd’hui conduit à repenser la place de l’OMS au travers du prisme géopolitique: être efficace rapidement sur le terrain avec des équipes compétentes et une expertise scientifique pluridisciplinaire, incluant des sciences humaines et sociales (sociologie, ethnologie, anthropologie), mobilisables à tous instants au quatre coins de la planète. Il manque une force d’intervention rapide et une force de réflexion rapide¹ à l’instar des recommandations de Patrick Lagadec, spécialiste de la gestion des crises.

L’autre constat repose sur la mutation technologique nécessaire pour s’adapter à une économie numérique et à la télémédecine. Même la veille épidémiologique intègre aujourd’hui l’étude des signaux faibles qui circulent au travers des réseaux sociaux. Le recours à des logiciels tel Google Analytics ou l’activité développée par un site comme Healthmap témoignent de cette tendance et de l’intérêt de ces nouveaux outils numériques comme “lanceur d’alertes”.

L’épidémie de MERS Coronavirus illustre parfaitement cette absence de vision globale incluant la médecine vétérinaire et la recherche médicale (virologie) dès le début d’une nouvelle pathologie infectieuse inconnue.

L’OMS devrait jouer un rôle de facilitateur et de promoteur en matière de R&D:

  • conception de nouveaux équipements de protection individuels (EPI);
  • nouvelles molécules médicamenteuses;
  • nouveaux vaccins;
  • nouveaux tests de diagnostic rapide et laboratoire mobile.

Il existe un marché parallèle, à l’affût des découvertes innovantes et potentiellement lucratives; comment prévenir cette dérive éthique consistant à faire la course pour déposer en premier un brevet ou faire eneregistrer une séquence de génôme. L’émulation scientifique devrait être régulée par une instance comme l’OMS pour éviter que certains laboratoires s’enrichissent sur le dos des pays pauvres.

C’est une problématique voire un paradigme à laquelle il convient que l’OMS prenne position clairement en réunissant son comité d’Ethique dont le rôle consiste à penser en amont des évènements et des crises, d’anticiper les questions clefs pour qu’elles ne deviennet pas bloquantes au moment crucial de la mise en situation/application. Cette réflexion se faisant dans le calme et sans pression médiatique ou politique.

A défaut de pouvoir vacciner une population ou de mettre à disposition des traitemenst curatifs, l’OMS intervient dans la mise en oeuvre du règlement sanitaire international. Si le contrôle aux frontières semble peu efficace, on peut s’interroger sur la place des mesures d’endiguement de la propagation d’un agent infectieux tel le coronavirus. Comment expliquer, en dépit des missions de conseil, d’expertises et d’audits menées par l’OMS en Arabie Saoudite, l’absence de décision de mise en quarantaine des troupeaux de dromadaires reconnu comme le principal réservoir du coronavirus? Des pressions politiques ou un chantage diplomatique?

L’OMS en perd toute crédibilité sur son indépendance et sa neutralité au plan sanitaire.

¹http://www.patricklagadec.net/fr/pdf/PS112_p31_Lagadec-p.pdf

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