#AttentatsParis Ethique et Libertés: La nouvelle donne.

L’Assemblée Nationale a voté la loi sur l’Etat d’urgence: en voici le contenu.

Les situations d’exception, les périodes de chaos ne sont plus des hypothèses de travail mais bien des réalités quasi quotidiennes. A situation d’exception, ne faut-il pas opposer une réponse d’exception? Exception par la gravité des décisions prises mais exception bornée dans le temps…

éthique (2)Qu’il s’agisse de catastrophes naturelles, de pandémies, ou d’attentats, notre société du XXI° siècle doit se préparer à affronter des nouvelles menaces qui génèrent des désordres pouvant conduire rapidement au chaos. Parmi les réponses à apporter pour gérer ces situations extra-ordinaires, il faut envisager le pire des scénario pour pouvoir élaborer une nouvelle légitimité des actions à mener et se préparer à une Ethique d’exception en prenant le luxe de précautions pour bien définir les contours qui bornent et en délimitant la période ou les conditions nécessaires et suffisantes de son déclenchement.

La mise en place de plan de préparation à la pandémie en 2009, à l’occasion de la pandémie de grippe H1N1 a été l’occasion d’aborder ce sujet au plan éthique (voir Novethic) en lançant une grande réflexion tant philosophique que juridique sur cette problématique des conduites d’urgence en milieu hostile ou dégradé proche du chaos.

continent des imprévus

Récemment, Patrick LAGADEC qui s’est exprimé sur cette problématique de penser l’impensable en proposant une force de réflexion rapide, a publié un ouvrage sur le journal de bord des temps chaotiques dans “le Continent des Imprévus”.

Après la série d’attentats odieux perpétrés le vendredi 13 Novembre à Paris, le Parlement réuni en congrès se penche sur un Patriot Act à la française. Depuis cette nuit d’horreur, la guerre est déclarée contre le terrorisme islamiste et l’état d’urgence vient d’être déclaré. Des mesures renforçant la sécurité du territoire auront des impacts et des conséquences sur nos libertés individuelles: ce sera le prix à payer pour assurer notre protection. D’autres mesures pourraient être décidées envers les sujets “sensibles”, les personnes signalées “S” pour leurs activités en lien avec un radicalisme islamiste.

Ethique

En médecine, surtout en santé publique mais aussi en situation de médecine des catastrophes, il existe des situations où un médecin est amené à mettre de côté son éthique médicale pour répondre à l’urgence du plus grand nombre, en acceptant de sacrifier la logique individuelle pour une logique collective, c’est à dire la logique destinée à sauver le plus grand nombre ou à limiter la propagation d’une menace mortelle par des mesures radicales et coercitives. Ce fut le cas durant l’épidémie Ebola en Afrique de l’Ouest avec la privation de libertés de circulation, voire le confinement.

Ce fut également la décision prise par certains pays d’Europe du nord, scandinaves, pourtant réputés pour l’attachement aux libertés, lors du début du SIDA; les patients séropositifs étaient parqués en résidence surveillée, emprisonnés pour contenir la propagation du virus VIH.

Libertés

On notera facilement que des dérives sont toujours possibles, que les autorités en place et en charge de l’ordre public et de la santé, ne sont pas à même dans l’urgence de mesurer les risques et les impacts de leurs décisions parfois hâtives, d’où l’intérêt et l’importance d’une réflexion éthique à froid et par anticipation sur ces situations exceptionnelles. Plutôt que de parler d’un sous ensemble flou, il semble préférable au contraire de parler de la gestion d’une situation en mode dégradé, en définissant très clairement à la fois les raisons, les objectifs recherchés et les moyens pour y parvenir et enfin en prévoyant la durée de ces mesures. D’une certaine manière, être capable de justifier les atteintes temporaires au droits et aux libertés en réponse à de nouvelles obligations, pour arriver à légitimer dans le temps et dans l’espace, le recours à des principes contraire à la loi et à l’éthique en temps normal ou en temps de paix.

La question posée aux français aujourd’hui et à la demande du Président de la République est celle de l’autorisation d’enfreindre les Droits de l’Homme, de déroger aux règles établies de la morale et de l’éthique dans l’intérêt même de la Nation.

Pour y répondre, il faut en face des êtres humains formés et entrainés sur le terrain, comprenant les enjeux collectifs et/ou de sureté intérieure, capables de surmonter temporairement cette morale et cette éthique qui guident leur vie au quotidien pour accomplir des missions hors normes. La plupart sont aux ordres de décideurs mais il doit y avoir une acceptation personnelle pour mener à bien et en toute légitimité les actions qui leur sont demandées. Un dilemne parfois, un conflit intérieur qui se manifeste par une transgression des interdits et dont on mesure les impacts potentiels sur la santé mentale des exécutants.

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