#Armeschimiques:Le risque n’est pas une hypothèse.Comment l’évaluer?

La déclaration du Premier ministre fait débat sur son opportunité en contexte de stress post-traumatique et en terme de gestion des risques pour la santé.

Si le ministre des armées, J-Y Ledrian, relativise la menace, d’autres parlementaires alimentent le débat en parlant à présent d'”hypothèse,pas totalement négligeable”. Arrêtons nous un instant sur cette hypothèse de travail…

  • Le risque n’est pas une hypothèse. C’est une probabilité de réalisation d’un danger.
  • Le risque nécessite une double approche: celle de son évaluation et des moyens de sa prévention; celle de ses conséquences et des mesures correctives en réponse lorsque le risque est réalisé.

S’agissant d’armes chimiques telles que déjà rencontrées au cours des deux guerres mondiales ou plus récemment en Syrie, leur impact dépend pour beaucoup du dégré de confinement, sous entendu de la capacité de diffusion dans un espace ouvert ou fermé/clos. On comprend que les dommages générés par un gaz neurotoxique varient radicalement si l’attaque se produit en surface ou si elle se produit dans une salle de spectacles ou dans un métro sous-terrain. En logique d’efficacité terroriste, la cible serait donc plus un espace clos qu’une attaque à l’air libre.

masque à gaz WWIIL’arme chimique est une arme de destruction massive. Cela suppose que pour y répondre, nous disposions en hommes et en médicaments, des quantités suffisantes immédiatement disponibles compte-tenu de la rapidité des effets toxiques et paralysant. Au mieux, si la menace prend un caractère général et répétitif, le recours à des masques respiratoires, dits masques à gaz s’imposerait, comme ce fut le cas durant les deux guerres mondiales. Existe-t-il des équipements de protection collective ou bien faut-il avoir recours à des équipements de protection individuelle? C’est sur ces points qu’il convient de travailler pour apporter une réponse rassurante et c’est la question à adresser aux autorités en charge de la protection civile.

La référence à l’arme bactériologique est encore plus compliquée à gérer et à prévenir.

Si la menace est grave et imminente, se pose ou s’impose la fermeture des sites potentiellement cibles d’attentats comme ce fut le cas ce weekend en Belgique à Bruxelles: métro et grandes surfaces, salles de spectacle et cinemas fermés…

D’après l’arrêté signé le 14 novembre par le directeur général de la santé, Benoît Vallet, les autorités considèrent que “le risque d’attentats terroristes et le risque d’exposition aux neurotoxiques organophosphorés constituent des menaces sanitaires graves qui appellent des mesures d’urgence”.

Com.de criseLa communication de crise, par temps de guerre, fait partie intégrante de la gestion de crise. Il semble que le discours politique ne l’ait pas encore bien assimilé, en y omettant des éléments de langage rassurants et non anxiogènes. Les chargés de communication devraient , en pareille situation extraordinaire, apprendre ces éléments de langage de crise pour éviter de miner le terrain médiatique ou de polluer le débat déjà compliqué et sensible. Les autorités peuvent toujours dire que l’arrêté renvoie à la préparation de la COP 21, la référence aux attentats existe bien.

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