#Microcephaly et #Zika: le point à date au 9/03/2016

Si l’épidémie de Zika se répand dans le sillage du nuage de moustiques Aedes aegypti, potentiellement en lien avec les effets climatiques d’El Nino, les résultats des premières études scientifiques in vitro tombent comme des giboulées. Indéniablement, des avancées dans la connaissance des méfaits du virus Zika émergent; l’esprit critique doit rester la mise aussi bien pour valider les hypothèses que pour les contrer, en évitant les pièges des manipulations de toute sorte y compris les théories du complot.

Zika_Zoonose

Zika est une zoonose au début puis une maladie transmise par le moustique; maintenant transmission humaine par voie sanguine (transfusion) ou sexuelle.

 Il n’y a plus guère de place au doute pour établir un lien entre le virus Zika, déjà connu depuis les années 50 pour son neurotropisme, et les atteintes du système nerveux central (SNC) du foetus au cours du premier trimestre de la grossesse: le virus passe la barrière placentaire et infecte le foetus. Ceci semble acquis. Ce qui l’est moins, c’est de considérer que le virus zika est le seul responsable des malformations neurologiques néonatales par un effet propre et unique tératogène; or, rien ne prouve à ce jour:

  • que seul Zika est en cause, d’autres virus sont connus pour être responsables de microcéphalies (rubéole);
  • que le mécanisme causal repose uniquement sur le virus Zika en l’absence d’autres facteurs aggravants ou facilitateurs (agents toxiques biologiques ou chimiques).

A entendre les organisations internationales dont l’OMS ou le CDC d’Atlanta, la messe est dite et les autres hypothèses abandonnées et livrées en pâtures aux conspirationnistes ou objecteurs de conscience. La démarche n’est pas scientifique et il faut donc revenir à une médecine fondée sur la preuve et sur un modèle que l’on puisse reproduire in vitro sur l’animal.

NTD_zika

Deux études récentes publiées sont troublantes:

  1. l’étude d’une cohorte de femmes enceintes dans la région de Rio de Janeiro: pourquoi avoir choisi cette région peu impactée par les microcéphalies comparée au Nord-est du Brésil? N’induit-on pas un biais statistique en étudiant une population qui n’est pas exposée au même risque en intensité et en gravité?
  2. L’avis rendu par le ministère de la santé colombien qui infirme les résultats d’une étude diffusée à l’insu des autorités colombiennes et établisssant un lien de causalité directe entre microcéphalie et virus zika. Curieuse approche scientifique!

Le 8 mars 2016, s’est tenue la deuxième réunion du comité d’urgence de l’OMS sur la question de Zika et de son impact en santé publique à l’international. Un état des lieux des connaissances acquises et des pistes scientifiques poursuivies pour comprendre Zika et comprendre les lésions neurologiques associées; après la microcéphalie, dont l’OMS reconnait que plusieurs étiologies restent possibles et à étudier plus à fond, le syndrome de Guillain-Barré et à présent la myélite sont décrits comme associés au virus Zika.

Enfin, une nouvelle piste est à l’étude concernant le rôle du placenta comme barrière mais aussi comme lieu de production de substances et d’hormones pouvant impacter le développement neurologique du foetus; de nouvelles voies pour la recherche.

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