#Microcephaly en Martinique et #Zika: Un cas d’école

L’OMS a récemment publié le rapport du premier cas de microcéphalie associé avec le virus Zika; la séquence et les investigations menées sur la mère et le foetus nous apprennent sur les mécanismes physio-pathologiques de la maladie Zika et le neurotropisme du virus aux conséquences dommageables chez l’adulte (Syndrome de Guillain-Barré, myélite, méningo-encéphalite) ou chez le foetus au cours du premier trimestre de la grossesse (microcéphalie, autres atteintes du SNC).

MC Martinique(Fr)

Chronologie et éléments intercurrents d’un cas de microcéphalie en Martinique 2016

On notera que la grossesse a débuté en pleine épidémie de dengue et de chikungunya qui ont contaminé la mère. Celle-ci sera infectée par le virus Zika au cours du premier trimestre de grossesse, peu après l’arrivée de Zika en Martinique.

Ce n’est qu’à 22 semaines de gestation que le diagnostic de microcéphalie est confirmé, ce qui conduit à proposer un avortement thérapeutique; l’examen in utero du foetus identifie la présence du virus Zika dans le sang et le liquide amniotique.

Peut-on dès lors en conclure que la microcéphalie est dûe au seul virus Zika? Là est bien la question sur la “causalité” de cette malformation anté-natale qui semble principalement apparaître au cours du premier trimestre de la grossesse.

La question se pose d’autant plus qu’il n’existe pas à ce jour de réponse claire sur la répartition spatio-temporelle des cas de microcéphalie au Brésil, principalement dans les régions du nord-est par comparaison à ce qui est observé et rapporté en Colombie. Profitons en pour rappeler qu’une épidémie de dengue et chikungunya a également touché ces régions…

Ce cas rapporté en Martinique, le premier, n’est-il pas un cas d’école pour illustrer la possible co-infection par Zika et dengue +/- chikungunya? En d’autres termes, ne s’agit-il pas d’un cas in vivo/in utero de microcéphalie faisant suite à une double ou triple infection virale (arboviroses transmises par le moustique Aedes aegypti)?

La recherche systématique d’une co-infection dans les cas de microcéphalie existantes au Brésil comme en Colombie, pourrait apporter des éléments épidémiologiques de réponse pour expliquer les disparités observées.

Cela ne supprime pas pour autant l’existence d’autres facteurs de risque environnementaux pouvant jouer un rôle de catalyseur. Mais c’est une autre histoire…

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