Dépistage du cannabis et éducation nationale

Certes la consommation de drogues illicites ou d’alccol chez les mineurs est plus qu’inquiétante et la société civile a raison de se poser la question de la prévention.

dépistage cannabis par test salivairePour autant, serait il question de transgresser les lois et réglements aux fins de satisfaire une évidence: oui, nos adolescents consomment du canabis. Surpris? Même pas. Certainement pas une raison pour priver un mineur de ses droits en matière de protection de sa vie privée et de la confidentialité médicale ou de le forcer/contraindre à se soumettre à un test de dépistage; test qui, soit dit en passant reste de la compétence médicale et soumis au secret médical. Doit-on informer les parents lorsque le résultat du tes est positif?

Autre paradoxe de l’éducation nationale: alors que la région Ile de France projette d’instituer des dépistages de cannabis par test salivaire, au même moment, certains responsables d’établissement de l’enseignement secondaire ouvrent les portes aux fumeurs mineurs et leur désignent des zones fumeurs au motif de l’Etat d’urgence. Le cannabis serait il plus dangereux que le tabac sur le long terme? Vaste débat…

Canabis shopDébat justement sur la dépénalisation versus légalisation du cannabis. Tout cela semble non seulement manquer de cohérence et de concertation tant dans l’information que dans la politique de santé publique que manquer d’expertise médico-psychologique sur les actions de prévention à mener en direction des jeunes mineurs.

Il conviendrait avant toute chose, d’établir une relation de confiance avec les adolescents pour les sensibiliser aux dangers, les informer sur les risques pour leur santé, leur donner librement et gratuitement accès, par le biais de la médecine scolaire (plus que balbutiante en France) à des conseils et des prises en charge en addictologie. Une approche pluridisciplinaire, médicale, psychologique en présence d’éducateurs spécialisés. Réfléchir aux motivations des jeunes qui répondent aux sollicitations de dealers (impunis) à la sortie voire à l’intérieur des établissements.

Vouloir se servir de test de dépistage, quel qu’en soit la nature, urinaire ou salivaire, c’est prendre le risque d’une marginalisation et d’une exclusion du mineur testé positif sans avoir créé au préalable les conditions nécessaires et suffisantes pour le prendre en charge et l’accompagner dans son combat pour le sevrer de sa dépendance.

ado et droguesA la façon d’une prière chrétienne, il me semble plus important de répondre à cette injonction: “ne nous soumets pas à la tentation et délivres nous du mal.” En luttant contre les dealers et non les consommateurs occasionnels et en offrant des services de prise en charge des jeunes toxico ou jeunes consommateurs de cannabis, perdus, provocateurs et en pleine crise d’existentialisme et de puberté.
adolescence 2Ne les traitons pas comme des délinquants mais comme des jeunes en quête d’identité et qui ont besoin d’être écouté, protégé et en mal de reconnaissance. Entre stress et mal-être, l’adolescent recherche une fuite en avant, un moyen d’oublier pour quelques instants les soucis ou les questions métaphysiques auxquels aucun test de dépistage ne pourra lui apporter de réponse adaptée.

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