Interdire ou ne pas interdire les manifestations? #etatdurgence

Là est la question; sensiblement à un mois d’intervalle, quelques manifestations en plus et de nombreux dégats de mobiliers urbains, à l’occasion de scènes de guérilla urbaine, le gouvernement brandit l’arme de l’interdiction de manifester. Là où il y a un mois, cela paraissait impossible est aujourd’hui une arme de dissuasion. Y a t il une logique politicienne derrière un argumentaire pénal?

guérilla urbaineRetour sur les évènements récents et l’évolution du discours sécuritaire pour maintenir l’ordre public avec des effectifs de police à bout de force et d’épuisement tant physique que moral.

En Mai, fait ce qu’il te plait…et manifeste comme tu l’entends. C’est ton droit constitutionnel et le gouvernemnt n’entend pas faire entorse à l’Etat de droit.

Pour prendre un arrêté d’interdiction, il faut donc réunir deux conditions :

  • Un réel danger de troubles graves
  • L’inexistence d’un autre moyen efficace pour maintenir l’ordre public

hopital necker attaquéEn Juin, les héros sont fatigués par l’Euro et les débordements de hooligans, les grèves, les menaces et les actes meurtriers d’attentats et ne tolèrent plus le désordre public qui s’étend jusque devant la façade détruite d’un hopital pour enfants…Changement radical de ton et menaces proférées à l’encontre des organisations syndicales en les enjoignant de stopper toute manifestation sur la voie publque. Hollande et Valls montent alors au créneau en menaçant d’interdire temporairement et ponctuellement les manifestations.

Au delà du principe du droit de manifester des organisations syndicales qui n’arrivent plus à contrôler leurs troupes dont les services de sécurité sont tout à la fois débordés mais aussi dont certaines factions syndicales sont aux mains d’ultragauchistes voire d’anarchistes, il faut attirer l’attention sur les autres motifs d’actualité:

  • Etat d'urgenceLa France accueille l’Euro de football;
  • Des Fan zones ont été organisées pour les suppporters;
  • Des menaces d’attentats imminents en France;
  • Le plan Vigipirate est activé ainsique l’Etat d’urgence.

Toutes ces mesures de sécurité, de protection des personnes mobilisent un nombre impressionnant de policiers, de gendarmes et de militaires dont la mission principale est la sécurité intérieure et de déjouer les attentats; ils ne peuvent et ne doivent pas être mobilisés sur d’autres terrains au risque d’affaiblir le dispositif de vigilance et d’exposer les hommes à un épuisement, voire une démotivation par burn-out ou stress post-traumatique. Il en va de même des moyens de secours (Pompiers et SAMU,urgentistes dans les hopitaux). A l’instar des crues de la Seine, la côte d’alerte a été dépassée et il est maintenant grand temps de canaliser ce flux.

A défaut d’une prise de conscience et de responsabilité des syndicats, le gouvernement devra exercer son autorité en interdisant manifestation après manifestation au vu des risques encourus d’atteinte à la sécurité des personnes et des biens, atteinte à l’ordre public, menaces terroristes. Et ceci dans l’intérêt de toutes les parties prenantes.

Les mêmes qui s’insurgent contre une telle interdiction devraient s’interroger sur

L’article 431-1 du Code pénal dispose que «

  • le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté d’expression, du travail, d’association, de réunion ou de manifestation est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende.
  • Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations au sens du présent code, l’exercice d’une des libertés visées à l’alinéa précédent est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende »

Ce n’est plus une fête de la musique qui se prépare mais une énorme cacophonie; si Valls a raison sur le fond, la forme laisse encore à désirer et n’incite pas vraiment au dialogue. Comme en choeur, FO fait aujourd’hui entendre sa voix pour ne pas laisser la CGT interpréter un solo qui n’a rien d’improvisation. Le ton est donné, le rythme plus que soutenu et c’est à celui qui fera le plus de bruit médiatique au détriment de l’harmonie.

Le jusque boutisme de part et d’autre n’augure rien de bon et M.Valls est au pied du mur pour mettre en oeuvre son devoir de responsabilité et d’autorité que lui incombe sa fonction exécutive ou à défaut abdiquer pour manque de crédibilité.

One thought on “Interdire ou ne pas interdire les manifestations? #etatdurgence

  1. Pingback: #etatdurgence: de l’injonction paradoxale comme facteur anxiogène au sommet de l’Etat | The Ad Spread

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s