#etatdurgence: de l’injonction paradoxale comme facteur anxiogène au sommet de l’Etat

Au lendemain d’une fête de la musique mise en sourdine pour cause de…(choisir le motif qui vous convient), nous assistons ce 22 juin à une cacophonie gouvernementale s’agissant d’interdire ou de ne pas interdire la manifestation du 23 juin.

génie de la BastilleAhurissant concert de protestations des uns et des autres, syndicats ou partis politiques, de gauche comme de droite à l’annonce de l’interdiction. Finalement et à défaut de se réunir à la Concorde, c’est autour du génie de la Bastille que le défilé prendra lieu et place; une belle reculade qui ne va pas sans désavouer Monsieur le Préfet de police de Paris mais assumée par son ministre de l’intérieur. On notera également au passage comment le gouvernement, sous la baguette du Premier Ministre ne se prive pas non plus de passer outre la volonté présidentielle. François Hollande avait pourtant annoncé sa volonté d’interdire au motif de l’absence de garanties de sécurité pour le maintien de l’odre public; il faut donc croire qu’en moins de 24H, ces garanties sont produites par les organisations syndicales représentatives.

interdit d'interdirePlus sérieusement, on est en droit de s’inquiéter sur la gestion des risques en matière de sécurité et de sureté intérieure. Qui mieux que les personnes sur le terrain voire le front peuvent évaluer les risques et apprécier les moyens à mettre en oeuvre pour les contrôler? Or on assiste à un micromanagement du ministre, sur ordre de son Premier ministre, qui se substitue à son Préfet pour prendre la décision finale. Pour y parvenir, et avec le brio que l’on sait en terme de communication de ce gouvernement, nous assistons à une succession d’ordres et contre-ordres

“Il est interdit d’interdire.”

Sorbonne; mai 1968

Amusant que cet aphorisme refasse interdit d'interdire!surface en pleine contestation sociale sur le projet de loi du travail et du dialogue social. Destiné à combattre l’autoritarisme, il vise aujourd’hui le Premier ministre taxé d’excès d’autorité. Confusion entre droit de grève, droit inscrit dans la Constitution et droit de manifester qui relève de la déclaration des droits de l’homme et du code pénal.

Il règne comme un climat d’anarchie qui ferait pâlir d’envie ou de nostlagie Mr Cohn Bendit. En période de risques intenses et élevés qui génèrene tout à la fois stress et fatigue, est-il bien nécessaire et utile de rajouter une couche d’incertitudes par des injonctions paradoxales nous adressant aux forces de l’ordre? En management, ce type d’injonction correspond à une impossibilité de diriger correctement une société avec une vision, une stratégie et des valeurs. Cela nous ramène à notre bonne et vieille V° République qui arrive à bout de souffle et dont les valeurs sont bafouées: Liberté, Egalité, Fraternité. Tout ceci semble un peu dépassé ces derniers temps…

One thought on “#etatdurgence: de l’injonction paradoxale comme facteur anxiogène au sommet de l’Etat

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