#gescrise et Bataclan: Réflexion sur une force sanitaire d’intervention rapide.

Le rapport de la commission parlementaire sur les attentats de novembre 2015 à Paris, dont le principal a été perpétré au Bataclan (130 victimes décédées) est l’occasion de revoir les moyens à mettre en oeuvre et les axes d’amélioration à apporter aux dispositifs existants.

Témoignages:

À 22h48, l’équipe rapide d’intervention (ERI) du RAID – qui compte neuf hommes – parvient au Bataclan. Cette équipe est accompagnée de médecins. Dotés de gilets et de casques de protection, les deux médecins de pénétration du RAID portent assistance aux blessés situés dans la fosse, sous couverture armée, et coordonnent le dispositif d’extraction des blessés, avec le concours des policiers déjà sur place. Ils réalisent sur les victimes des gestes de sauvetage immédiat et de damage control pré-hospitalier, en posant pansements compressifs et garrots tourniquets. Aucun geste de sauvetage ne devait cependant retarder l’extraction vers le « nid de blessés », la priorité étant de sortir les victimes de la zone de combat.

Dans le hall, les médecins du RAID et de la BRI de Paris ont pour rôle prioritaire de gérer le flux constant de blessés et d’organiser leur évacuation, par ordre de gravité, vers les PMA. La coordination avec les sapeurs-pompiers a été constante. Ainsi que l’a expliqué le général Philippe Boutinaud, commandant de la BSPP, le professeur Denis Safran (BRI) venait le voir directement rue Oberkampf pour demander, notamment, des brancards supplémentaires .

Une des propositions adoptées sera de disposer de “colonnes d’extraction de victimes” ou force rapide d’intervention médicale pour venir au plus près des victimes en milieu périlleux et non sécurisé.

Compte tenu du risque non négligeable de sur-attentat et en présence de nombreuses victimes hémorragiques, l’évacuation rapide des blessés constituait une priorité évidente le soir du 13 novembre. Mais pour être efficace, elle devait néanmoins être précédée d’un triage et d’une première médicalisation sur le site.

De : ” On prend et on part “, nous sommes passés à : ” On prend, on trie et on part vers le lieu le plus approprié “ » a résumé M. Patrick Pelloux 

Il serait bon, avant toute chose de rappeler quelques principes:

  • ne pas exposer inutilement des sauveteurs-secouristes
  • ne pas exposer les ressources médicales indispensables

De même, il existe deux paragdimes en matière de prise en charge initiale des polytraumatisés et blessés à pronostic vital engagé à court terme:

  1. américain: ramassage et évacuation au plus rapide et au plus près.
  2. français: service médicalisé sur le lieu d’accident pour stabilisation.
PMA Pompiers

Poste médical avancé des pompiers

MASHEn combinant les deux principes et considérant que la méthode américaine a fait ses preuves dans le civil comme dans l’armée, on pourrait proposer de constituer un corps d’élite de secouristes-sauveteurs aguerris aux situations à risques (y compris biochimiques et radiologiques) et environnements hostiles (explosions, tirs) dont la mission est uniquement d’extraire les victimes à terre, immobilisées,  pour les évacuer vers le poste médical avancé où sont positionnées les équipes médico-chirurgicales pour effectuer le tri puis l’orientation des victimes en fonction de la gravité des lésions.

Le médecin-chef de la BSSP, le professeur Jean-Pierre Tourtier, a expliqué à la commission d’enquête, en se fondant sur les statistiques de la médecine de guerre – où les militaires bénéficient donc de protections – que, après une blessure par balle, quasiment une mort sur deux survenait dans les cinq premières minutes, les trois quarts survenant dans les trente premières minutes.

SAMU_15A l’instar du film MASH (Mobile Army Surgical Hospital), le SAMU tout comme l’EPRUS (Etablissment de préparation et de réponses aux urgences sanitaires) ont les capacités logistiques, techniques et les ressources humaines pour acheminer sur place et dans des délais brefs, une structure pré-hospitalière pour prendre en charge les blessés intransportables avant leur stabilisation sur site.

EPRUS

Le général Philippe Boutinaud a pour sa part expliqué que la question était de savoir si l’on pouvait inventer des forces de sécurité qui soient également secouristes ou s’il fallait faire des secouristes des membres des unités d’intervention

L’avenir passera également par l’utilisation de robots humanoïdes qui assureront le brancardage et le transport de blessés avec reconnaissance des lieux et identification des menaces:

Mais en attendant ce futur immédiat, la solution réside dans la mise en place d’un corps d’élite issu d’une formation militaire, surentrainée tant en premiers secours à la façon des paramedics américains que de conditions de survie en mileu hostile, façon forces spéciales; suréquipée également en équipement de protection individuel (EPI) adapté à chaque configuration du risque. Organisés en binômes, ils assurent le ramassage et l’évacuation des victimes vers le PMA situé au plus près de la catastrophe.

Gardons à l’esprit cette “Golden Hour” ou première heure qui fait suite à un traumatisme grave mettant en jeu le pronostic vital de la victime; cela impose de trouver les moyens pour répondre à cette condition, la première étant d’accéder à la victime puis de l’évacuer vers un endroit sécurisé et médicalisé.

4 thoughts on “#gescrise et Bataclan: Réflexion sur une force sanitaire d’intervention rapide.

  1. Il est évident que les colonnes d’extractions comme les colonnes d’assaut aujourd’hui peuvent bénéficier de la présence d’infirmiers qui peuvent faire le “job” mais de façon tout à fait franco-française (ca veut dire incohérente) on ne parle que de médicalisation avec la volonté hégémonique des médecins d’être partout et de vouloir tout faire alors même que leurs compétences médicales seraient plus utiles en zone sûre. Mais les médecins restent les uniques conseillers des décideurs et nient farouchement toutes les compétences des infirmiers et n’ont aucune reconnaissance. La France continue de marcher sur la tête….

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    • Il ne faut pas entâmer une polémique sur les ressources humaines et remettre chaque spécialité à sa place.De même il n’y a pas que les sapeurs pompiers pour remplir ces missions…

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      • La discussion devient polémique si on refuse de s’ouvrir aux autres.

        Je crois que la question qui doit être posée est : doit on apprendre les soins d’urgence aux hommes d’assaut ou apprendre aux hommes du soin comment participer aux assaut.
        Personnellement, je penche pour la 1ère solution mais je ne suis pas sur d’avoir raison.
        En revanche pour ce qui est le compétence nécessaire à l’avant, il faut changer nos mentalités médico-médicale et préserver la ressource en ne l’exposant pas si elle n’apporte aucune plus-value.

        Peut-être faut il inventer de nouveaux métiers , mais cela ne rajoute-il pas une feuille aux mille feuilles ?

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  2. Pingback: #attentatsParis et #attentatNice: Apprendre de ses erreurs | The Ad Spread

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