#Depakine, ses risques: un scandale sanitaire? Pas sûr…

On élève au rang de scandale/catastrophe Sanitaire ce qui devrait relever d’une “simple” gestion de risques concernant l’affaire de la dépakine prescrite à des femmes enceintes.

La dépakine est connue de longue date des médecins dont les neurologues et les obstétriciens pour ses effets tératogènes chez la femme enceinte.

Pour autant, les bonnes questions à se poser s’agissant de la dépakine concernent la femme épileptique à qui on a été amené à prescrire ce médicament; rarement en première intention, souvent à la suite de crises répétées. Cette femme a été par principe (loi Kouchner 2002) informée des risques et complications inhérentes à sa maladie épileptique, à la prise de dépakine et aux interférences avec certains produits (alcool, par exemple). Il existe donc pour ce produit, un suivi médical particulier qui peut conduire à la surveillance du taux dans le sang ou dépakinémie tant le rapport toxicité/efficacité thérapeutique est étroit. Cela ne retire en rien les qualités thérapeutiques du produit qui conduisent ainsi à sa prescription.

A ce premier risque que représente l’épilepsie, peut se greffer un deuxième, la grossesse; normalement pas considérée comme une maladie, il existe cependant des grossesses pathologiques qui méritent une attention particulière. C’est le cas avec les femmes traitées par dépakine, auxquelles on attache un double suivi: l’équilibre du taux sérique de la dépakine qui peut être modifié par la grossesse et associé à des crises; le développement embryonnaire du foetus, à la recherche de malformation congénitale, surtout au cours du premier trimestre.
Le risque zéro n’existe pas, y compris en médecine et les milliers de complications neurologiques en lien avec la dépakine viennent cruellement nous le rappeler.

Peut on dès lors et légitimement parler de faute médicale et si oui, à qui reviendrait cette faute?
au laboratoire, pour son obligation de résultats?
au médecin qui a prescrit la dépakine, sachant ou ignorant l’état de grossesse?
au pharmacien qui a délivré le médicament et qui est tenu d’un devoir de conseil?
Et quelle part occupe la femme elle même dans cette chaine de responsabilité?
un devoir d’informer son médecin sur le désir de grossesse.
un devoir d’informer son obstétricien de son épilepsie.
un devoir de suivi du traitement adapté à son cas.

Un fonds d’indemnisation, pourquoi?
Comme souvent en santé et en présence d’un aléa thérapeutique, se pose rapidement la question de l’indemnisation des victimes. Pour quoi et par qui? Les assureurs et leurs avocats se rejettent la responsabilité à coups de renfort d’expertises, contre expertises…
imageLa justice considère depuis 2002, qu’il convient d’aider les familles des victimes de ces catastrophes sanitaires et la jurisprudence est confirmée tant par la Cour de Cassation que par le Conseil d’Etat. Il existe un fonds d’indemnisation de l’aléa thérapeutique et c’est lui qu’il conviendrait de saisir en pareil cas.

La France n’a pas les moyens juridiques et financiers de créer des fonds d’indemnisation pour chaque nouvelle catastrophe, quelle qu’en soit la cause: naturelle, médicale ou en lien avec le terrorisme. Seul, l’aléa relève de ce fonds; aux assureurs de couvrir les autres risques et dont c’est le métier et l’essence même.

Le débat juridique et législatif pourrait reprendre si l’affaire éclabousse des ministres ou l’Etat pour manque d’information ou nėgligence caractėrisée.

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