Comment sauver l’assurance maladie? Des pistes pour #Fillon

Ce n’est pas la chirurgie ambulatoire qui sauvera les dépenses hospitalières mais la révision du parcours de soins et les actes de prévention.

Ce n’est pas tant le déremboursement de certains soins et médicaments que l’évaluation du rapport coût/efficacité des traitements qui génèrera des économies de santé.

En d’autres termes, seule une approche globale du système de santé en France permettra de dégager des pistes permettant de concilier la qualité et l’économie en santé publique.

depenses-de-santeOui, il est possible de faire des économies en santé sans impacter la qualité de la prise en charge des usagers de la médecine; que ce soit la médecine de ville, principalement libérale, la médecine ambulatoire et l’hospitalisation à domicile ou bien la gestion des établissements de santé publics ou privés, une rationalisation des soins et des prescriptions (tout en préservant les libertés d’installation, de prescription et de choix du médecin), fondée sur une démarche d’amélioration continue de la qualité, devrait conduire à une meilleure efficience.

depenses-de-sante-projections-2030On a longtemps opposé une régulation des dépenses de santé, dont on sait qu’elles doivent augmenter inéluctablement avec une société vieillissante, basée sur une maîtrise comptable et non sur une maitrise médicalisée. Le merveilleux outil épidémiologique que représente le PMSI n’a pas répondu aux attentes des médecins mais des comptables des caisses d’assurance maladie pour établir la tarification à la pathologie et non étudier le prix de revient d’une pathologie en y intégrant à la fois l’acte de soins (nomenclature) et la valeur ajoutée de l’acte intellectuel produit par le professionnel de santé; ce n’est pas tout à fait la même chose…

La France a developpé son système de soins en acceptant la mise en concurrence du public avec le privé, s’agissant des structures d’hospitalisation. Même si les missions confiées aux deux secteurs sont effectivement différentes à ce jour (et encore; le privé recevant de plus en plus d’étudiants internes et participant activement à la recherche et au développement), le secteur privé a démontré son efficacité et sa performance économique tout en délivrant des oins d’aussi bonne si ce n’est de meilleure qualité que le public.

Pour autant, la France s’est, jusque-là, toujours refusée à la mise en concurrence de la sécurité sociale en supprimant le monopole en matière d’assurance maladie.

 La question qui se pose à présent est de définir le caractère complémentaire et non concurrentiel entre sécurité sociale/mutuelles. Même si la situation risque d’être explosive avec les partenaires sociaux qui gèrent la sécurité sociale, la véritable compétitivité en matière d’assurance maladie porte bien sur cette ouverture au privé comme pour l’hospitalisation. Mais pas n’importe comment; il s’agit de proposer le même pannier de services aux assurés mais en leur laissant le choix entre un service public et une assurance privée, tous deux assujettis à la même mission de service public.

Impossible également de faire l’impasse sur les économies à réaliser au travers des programmes de prévention en santé publique: lutte contre le tabac et les drogues, le surpoids et les maladies métaboliques comme le diabète. Les études en économie de la santé convergent pour reconnaître que chaque 1 € investi dans la prévention génère entre 2.5 et 5 € en retour sur investissement (ROI).

En d’autres termes, il s’agit d’un encadrement par l’état: Le parlement définit la politique de santé publique et vote un budget en conséquence. La fin du monopole de la sécurité sociale ouvrirait une mise en concurrence et une compétitivité entre deux systèmes de gestion de l’assurance maladie. La loi peut facilement édicter les règles pour interdire toute exclusion et garantir le remboursement des soins. L’état, a l’instar de l’aide médicale (AME) d’état ou de la couverture médicale universelle (CMU), peut assurer la prise en charge des populations défavorisées ou précaires au titre de la solidarité nationale

Cela amène à reconsidérer également le rôle du paritarisme dans la gestion de l’assurance maladie et à poser la question de la représentativité des syndicats par rapport au nombre d’assurés; équilibrer les recettes avec les dépenses sur la base de quelle politique de santé publique et avec quel budget. Un plan de santé publique pluri-annuel dont le financement est pérenne pour permettre la réalisation effective et sur la durée d’une mandature parlementaire ce qui revient à un véritable engagement politique avec des comptes à rendre à la nation: un principe de responsabilité politique et sociale.

csg-crdsCar il ne faudrait pas oublier les générations à venir, nos enfants qui hériteront d’une dette encore abyssale et que tel le tonneau des danaïdes, ni la contribution sociale généralisée (CSG), ni la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) parviendront à faire disparaitre avant longtemps.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s