Une fin en soi? Le Cas Vincent Lambert

Comment rester insensible au drame qui se joue depuis dix ans autour de Vincent; tétraplégique ayant sombré dans un coma pauci-réactif, ne disposant d’aucune autonomie, grabataire alité et dépendant des soins d’un tiers?

Dix ans d’atermoiement en dépit de ses dernières volontés transmises à son épouse (personne de confiance); dix ans de maintien dans cette vie végétative.

Un drame familial qui oppose deux philosophies:

  • celle de l’épouse, aimante et déchirée par le calvaire subi par son mari; digne et effacée, elle assiste impuissante et muette au calvaire de son mari.
  • celle d’une mère qui n’arrive pas à se résoudre à laisser partir son fils et qui vit depuis son accident dans un déni de réalité en se repliant derrière la foi et l’église pour justifier ses recours innombrables en justice, jusque boutiste en épuisant une à une les voies de recours possibles. Une mère qui aurait probalement nécessité d’un soutien psychologique voire psychiatrique pour l’aider à faire face à la perte de son enfant; une déchirure insupportable pour une mère qui se traduit par l’impossibilité de faire son deuil; pire de l’envisager!

D’aléa judiciare en aléa médical, Vincent incarne tristement la question de la dignité de la personne, du respect de son intégrité physique et morale et du respect de ses dernières volontés. Ecartelé constamment par les décisions de justice jusqu’à hier soir avec la surprenante décision de la Cour d’appel qui vient contredire les décisions antérieures, les recommandations médicales;” être ou ne pas être” a dit Schakespeare; là est bien la question en effet et quel sens donner à sa vie?

D’une “affaire” strictement privée, les médias puis les politiques se sont emparés de ce cas faisant fi de la confidentialité médicale, du droit à l’image et du respect de la vie privée.

Cette histoire n’en finit pas de finir comme s’il n’y avait pas de fin en soi…

Jeudi 11 juillet 2019: Vincent Lambert est mort!

Deux références littéraires me viennent pour évoquer le sujet: La vie devant soi de Romain Gary et les animaux dénaturés de Vercors.

Michel Houellebecq vient de contribuer également à la réflexion sur la fin de vie de Vincent Lambert.

La question en suspens: Quand l’homme cesse-t-il d’être un être humain et redevient une simple créature vivante sans conscience ni raison?

 

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