#covid19 en EHPAD: Comment soigner un cluster?

J’ai hésité à écrire sur ce sujet car je prends le risque de choquer avec des propositions politiquement et éthiquement incorrectes. Pour autant, ne nous voilons pas la face et osons poser le problème de la prise en charge médicale d’un cluster au sein d’un EHPAD; comment raisonnablement répondre à une urgence sanitaire et venir en aide à une population doublement fragilisée par l’âge (résidents >80 ans) et par les polypathologies?

Aussi, je voudrais simplement, calmement et à froid, mettre sur la table la question de la réponse à apporter face à l’émergence d’un ou plusieurs cas de Covid19 en EHPAD?

  • Doit-on attendre une dégradation clinique du résident pour l’adresser aux urgences hospitalières avec éventuellement un passage en réanimation?
  • Ou bien tester en urgence pour le Covid19 pour instituer le plus précocément possible un traitement médical ,par voie orale, associant l’hydroxychloroquine et l’azithromycine? (dans le respect des contre-indications et du rapport bénéfice/risque, en dépit des incertitudes sur l’efficacité thérapeutique de cette association médicamenteuse).

L’honnêteté intellectuelle oblige à s’interroger sur l’opportunité d’une admission en service de soins intensifs/réanimation ainsi que sur les chances de survie et la qualité de vie au sortir de trois semaines de ventilation artificielle en réanimation.

Derrière ce dilemme éthique, la notion de tri ou choix sélectifs à l’entrée en soins intensifs se pose aux médecins urgentistes et aux réanimateurs en période chaotique telle celle de la crise sanitaire en cours. J’apprends à l’instant qu’en Italie, certains réanimateurs ne veulent/peuvent plus intuber les malades > 60ans.

Le Président de la République a comparé cette crise à une guerre sanitaire; nous devrons en conséquence avoir recours à une médecine de guerre et de catastrophe avec afflux de malades dépassant les capacités d’accueil et de prise en charge en soins intensifs. Si cette situation se produit, nous appliquerons cette sélection (naturelle) et non pas une discrimination basée sur l’âge mais sur les chances de survie tout en préservant la qualité de vie et la dignité des patients.

N’est-il pas de notre devoir et responsable d’anticiper ces situations; de nous organiser pour rester efficient en réservant les lits de réanimation, à situation clinique égale, à ceux qui présentent les meilleurs chances de récupérer sous traitement intensif et invasif?

Et surtout, ne serait-il pas légitime et humain de proposer un traitement médical plutôt que de regarder partir/mourir quelqu’un sans rien faire, sans rien tenter qui ait du sens, en évitant d’agir dans la précipitation ou inutilement.

Enfin, et à défaut de proposer un traitement curatif à ces personnes non transportables ou dont l’espérance de vie est réduite à quelques jours, la décision de soins palliatifs s’impose en autorisant la présence des familles à leur côté en dépit du confinement.

Dans le serment d’Hippocrate figure: “Guéris si tu peux; soulage toujours!”

Je ne développerai pas ici les mesures préventives à mettre en place; les mesures barrière, la protection des personnels soignants et leur dépistage systématique.

 

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