#burnout et #SanteTravail: Pourquoi il faut changer la loi sur les maladies professionnelles.

A la suite des propos tenus par la ministre du travail, Muriel Pénicaud, qui pose comme condition à la reconnaissance en maladie professionnelle (MP) du Burn-out une origine à 100% professionnelle, il convient d’ouvrir le débat pour en compendre le pourquoi:

  1. Pourquoi conditionner la reconnaissance en MP à sa cause unique professionnelle tant il est difficile de nos jours de faire la part entre vie professionnelle et vie privée (en dépit du droit à la déconnexion…);
  2. Que cache en réalité cette condition en terme d’indemnisation des victimes?
  • Comment définir le burn-out pour commencer?

-On parle de syndrome d’épuisement professionnel;

Un document rédigé par le ministère du travail est plus énigmatique; extrait de son abcdaire et questions concernant la sémantique:

*Signes: manifestations des maladies

*Symptômes: idem à signes

Pr Christiane Broussolle, Introduction à la sémiologie (Université de Lyon I)

Qui a bien pu rédiger ce document pour le ministère?

On comprend mieux la réponse de la ministre lorsqu’elle affirme que le burn-out n’est pas une maladie professionnelle:

En lisant Le Burn-out pour les Nuls, par Marie Pezé, on tombe sur cette phrase:

et donc surprise de lire que le burn-out ne concerne que l’activité professionnelle.

Donc nous avons un syndrome d’épuisement 100% professionnel mais qui n’est pas une maladie inscrite au tableau des MP de l’assurance maladie.

Pourrait -il s’agir dès lors d’un accident du travail (AT)?

  • Aux termes de l’article L.411-1 du Code de la Sécurité sociale, « est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise ».
  • Une maladie est dite « professionnelle » si elle est la conséquence directe de l’exposition habituelle d’un travailleur à un risque physique, chimique, biologique, ou résulte des conditions dans lesquelles il exerce son activité professionnelle.
  • La loi n° 2015-994 du 17 août 2015  relative au dialogue social et à l’emploi a mentionné  expressement les pathologies psychiques comme susceptibles d’être reconnues en tant  que maladies d’origine professionnelle. Bien qu’elles ne soient pas désignées dans les tableaux de maladies professionnelles,  elles peuvent être reconnues dans le cadre du système complémentaire de reconnaissance des maladies professionnelles.

Il existe dans le terme accident, un caractère brutal et soudain par opposition à la maladie qui suppose un temps d’exposition au risque long et avec des conséquences dommageables entrainant une incapacité de travail >25%.

Ne chercherait on pas à sous déclarer les conséquences des risques psycho-sociaux (RPS) en ne rapportant pas les burn-out faute de pouvoir les classer dans l’une des deux catégories AT ou MP.

Si c’était le cas, dans quel but?

Les maladies professionnelles relèvent de la branche ATMP de l’assurance maladie; son financement repose sur les cotisations versées par les entreprise suivant un barême prenant en compte la sinistralité; si le nombre de maladies reconnues augmente, les cotisations vont augmenter alors que jusque là, c’est l’assurance maladie qui couvre les frais par les cotisations des salariés…

Il est pourtant clair que l’incitation à la prévention, devenue une obligation de sécurité de résultats, passe par le volet financier des dépenses en lien avec les ATMP. Les entreprises auraient un retour sur investissement des actions de prévention mises en place pour prévenir les RPS.

Que manque-t-il au système actuel?

Plus de souplesse dans les définitions et les critères en matière de RPS afin de pouvoir classer le burn-out soit en AT ou en MP; il semble que cela passe par une nouvelle loi sur le burn-out; un burn-out peut être temporaire si pris à temps. Il faut donc supprimer la condition d’invalidité de 25% et parler de pahologie professionnelle en lien avec un syndrome d’épuisement professionnel. Créer un tableau particulier pour la reconnaissance des risques psycho-sociaux, incluant en autres le stress et ses conséquences morbides (cardio-vasculaires et métaboliques) et le burn-out?

 

#santetravail et #burnout:Pourquoi je suis en colère contre Muriel Pénicaud!

Tout a démarré par la lecture de cet article de Muriel Pénicaud affirmant que le burn-out n’est pas une maladie professionnelle…

et puis cela a continué avec les 8emes journées de la santé et du bien-être au travail dont une session était animée par Charlotte Lecocq, en charge d’un rapport sur la réforme de la santé au travail et la prévention des accidents et maladies professionnels. Les conseils d’administration des sociétés du CAC 40 sont très sensibles aux impacts des politiques de responsabilité sociétale et ont de plus en plus de compte à rendre à leur actionnariat sur des sujets comme les risques psycho-sociaux, le harcèlement moral et à présent la gestion des cas de burn-out.

A grand renfort de programmes de qualité de vie au travail (QVT), de bien-être voire de la mise en place de chief happiness officer pour promouvoir le bonheur au travail, il ne faudrait pas basculer dans un marketing social à seule fin de couvrir la une des rapports annuels sur la gouvernance des entreprises et le développement durable.

Notre chère ministre, ancienne DRH de grands groupes du CAC 40 devrait lire la définition du burn-out dans le document disponible sur le site de son ministère du travail:

Le burnout, syndrome d’épuisement professionnel
Le terme «burnout » qualifie à l’origine une construction sociale et scientifique apparue dans les années 1970, pour décrire l’épuisement au travail de professionnels de l’aide et du soin.”

puis la Psychologue Christina Maslach de préciser: ” le burnout se traduirait par un état d’épuisement professionnel (à la fois émotionnel, physique et psychique) ressenti face à des situations de travail « émotionnellement » exigeantes

J’admire la construction intellectuelle de la ministre pour définir le burn-out  comme un syndrome d’épuisement professionnel et “en même temps” ne pas reconnaitre sa qualification en maladie professionnelle.

On comprend mieux aussi la position du gouvernement lors de propositions successives pour inscrire le burn-out sur la liste des maladies professionnelles que ce soit le député  François Ruffin (LFI) ou Stephane Viry (LR). Car et pour plagier une série TV, la vérité est ailleurs…

On nous dit préférer la prévention des RPS et du harcèlement qui est devenue une obligation de sécurité de résultat en matière de santé et sécurité au travail, à la reconnaissance et à l’indemnisation du burn-out comme maladie professionnelle.

Etre ou ne pas être; là est la question du burn-out pour savoir qui va payer pour ses conséquences psycho-sociales et l’inaptitude temporaire voire définitive des victimes? Jusque là, la solidarité nationale via l’assurance maladie couvre les dépenses et indemnise les victimes; en situation de maladie professionnelle, ce serait la branche ATMP, alimentée par les cotisations des employeurs, qui indemniserait. Dans l’argumentaire déployé par nos députés, la responsabilisation des employeurs serait pourtant un facteur déclenchant pour promouvoir la prévention dès lors que l’on admet qu’il vaut mieux prévenir que guérir en termes de coûts; tout investisement dans le domaine de la santé au travail génère un retour sur investissement de 2.5 à 5 fois la mise initiale…Dès que l’on touche au budget et au provisionnement des pertes financières des entreprises, on voit curieusement émerger des solutions pour investir dans la prévention.

Ne serait-ce pas à madame la ministre du travail à porter le flambeau de la reconnaissance du burn-out comme une maladie professionnelle au lieu de la comabattre aussi mal; à moins que cela ne soit une stratégie en marche…

Suicide et harcèlements au CHU de Grenoble : Agnès Buzyn s’empare, enfin, du dossier

Si le diagnostic est hélas évident s’adressant au monde hospitalier, pourquoi limiter la réponse au seul harcèlement en milieu médical; l’armée, la police et beaucoup d’administrations publiques subissent la même situation. Au delà, le harcèlement au travail existe bien dans le privé comme dans le public; la loi existe aussi qui encadre ces pratiques managériales déviantes négatives. Elle prévoit des mesures à mettre en oeuvre associant les DRH, la médecine du travail et le CHSCT; cela doit démarrer par une enquête interne, contradictoire, puis par la mise en place précoce d’un soutien psychologique, de mesures conservatoires et d’une possible médiation.
Un rappel au réglement par Mesdames les Ministres de la santé et du travail serait également souhaitable en ces temps de stress et de burn-out dans les entreprises et les administrations.
Une obligation de sécurité de résulltat…

Journalisme et Santé Publique

Bonjour

Sortir du déni. Le 19 décembre, à l’Assemblée nationale, le médecin et député (LREM, Isère) Olivier Véran a posé une question à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Question délicate concernant les tensions et difficultés récurrentes qui prévalent au sein du CHU Grenoble Alpes. Réponse de la ministre :

« Il y a quelques semaines, le CHU de Grenoble a fait face à une situation dramatique : le suicide d’un praticien hospitalier. Dès que j’en ai été informée, j’ai diligenté le médiateur national, Edouard Couty, pour me faire un rapport sur la situation. Ce rapport, que je rendrai public prochainement, a  permis de mettre en lumière des situations de harcèlement au sein de cet établissement. Encore aujourd’hui, des praticiens nous ont fait remontrer des difficultés et des tensions, la pédiatrie étant la dernière en date. Je rencontrerai début janvier la directrice générale du CHU de Grenoble, le…

View original post 604 more words

#tabac et Femmes enceintes : combien seront-elles qui fumeront durant le quinquennat Macron ?

Comment transformer un moi(s) sans tabac en une grossesse sans tabac; de moi à toi…je t’enfume!

Journalisme et Santé Publique

Bonjour

C’est une illustration chiffrée d’une incurie sanitaire française. Certains iraient peut-être jusqu’à parler de scandale. On la trouve nichée dans la dernière enquête officielle 1 française sur la périnatalité : « Entre 2010 et 2016 la consommation de tabac pendant la grossesse n’a pas baissé, et 17 % des femmes ont fumé au moins une cigarette par jour au troisième trimestre de la grossesse ».

Sans même parler des conséquences directe sur la femme faudrait-il redire la somme des risques auxquels expose le fait de fumer durant une grossesse ? Ils sont détaillés sur le site de Tabac Info Service.

« Les femmes fumeuses ont deux fois plus de risque de faire une grossesse extra-utérine. Le risque de faire une fausse couche spontanée est en moyenne triplé ; pour une femme fumant plus de trente cigarettes par jour en début de grossesse, ce risque de fausse couche spontanée serait multiplié par cinq. Le placenta…

View original post 474 more words

Tournant dans l’affaire #Levothyrox : Agnès Buzyn cède aux revendications des associations ?

L’attitude et la réponse de la ministre Agnès Buzyn sont médicalement et scientifiquement adaptées à la situation; là où certains tentent d’en faire un scandale sanitaire, la ministre apporte des réponses claires et factuelles sur les conditions du remplacement de l’ancienne formule du Levothyrox (L-Thyroxine) pour cette nouvelle présentation. Les arguments pour ce changement sont hautement recevables et s’inscrivent dans l’amélioration continue de la qualité et la pharmacovigilance. A ce jour, la fréquence d’effets secondaires serait de 0.3% (9000/3M) sans référence à la gravité de ces effets.
Il a manqué cependant d’une campagne d’information des médecins prescripteurs, des pharmaciens conseils et “en même temps” des patients. La modification dans la composition de ce médicament entraine des modifications de la biodisponibilité et de la pharmacocinétique de la L-Thyroxine; en conséquence, un suivi médical et des dosages sériques s’imposent pour ré-équilibrer la posologie avec précision. La prescription n’est pas standard et reste très personnalisée; il faut donc trouver par tatonnement le bon dosage= ni surdoser; ni sous-doser. C’est à ce prix que l’on traitera les effets secondaires.
Ceci dit, tous les effets secondaires recensés ne sont pas expliqués; il était donc sage et pragmatique de proposer de conserver l’ancienne formule en la réservant aux quelques centaines de cas qui souffrent au quotidien et sans explication rationnelle du changement de fabrication du Levothyrox.
Il ne s’agit en rien de reculade.
Il est temps de faire cesser la polémique politico-médiatique et judiciaire.

Journalisme et Santé Publique

Bonjour

Et puis la ministre céda. Est-ce un effet de l’annonce des actions menées devant la justice ? Une incitation élyséenne à calmer cette polémique hors norme ? Agnès Buzyn s’exprimait ce matin sur France Inter. Pour faire, entre mille et un sujets à peine effleurés (Irma, vaccins, aluminium, médicaments, démocratie sanitaire, Philippe Even, Vincent Lambert, PMA pour toutes..) une annonce de taille dans la polémique sur le Levothyrox.

« J’ai demandé à l’Agence du médicament que l’ancien Levothyrox soit encore  accessible de façon que ceux qui le réclament puissent le prendre. Ce sera fait dans 15 jours. Puis dans un mois nous auront des alternatives, d’autres marques, d’autres médicaments, afin que progressivement les patients puissent choisir le médicament qui leur convient le mieux, sachant que l’ancien Levothyrox devrait normalement disparaître, le laboratoire ne devrait plus le produire dans les années qui viennent. Ce qui compte, c’est que les patients aient le…

View original post 248 more words

#Ordonnance #LoiTravail et #Pénibilité: Enfin un compte professionnel de prévention!

Il y a du grain à moudre au sein des ordonnances sur la loi Travail de Mme Pénicaud. La refonte des instance représentatives du personnel et principalement la disparition en l’état du CHSCT réintégré au sein du Comité Social et Economique (CSE) sous la forme d’une commission. Ces instances devraient à la fois être plus impliquées dans la décision et plus responsables dans le recours à des expertises dont il assurera le paiement de 20% des coûts. Une façon d’éléver la réflexion sur l’opportunité d’une expertise…

Dans un chapitre précédent de la loi du travail, sous l’ère El Khomry , il avait été noté le manque de référence à la prévention des accidents et surtout des maladies professionnelles. Où il était question d’une véritable usine à gaz et d’Ubu roi…

Dans la version de cette loi, la prise en compte de la prévention change quelque peu la philosophie de la santé et sécurité au travail dans un sens profitable à l’employé.

On ne pourra plus dissocier la prévention des risques professionnels pour la santé des travailleurs de la mise en place d’un système de management des risques professionnels tel qu’il existe au sein des services HSE dans les moyennes et grandes  entreprises. La réforme de la médecine du travail a déjà replacé le médecin du travail et son équipe d’intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP) au centre de l’évaluation des risques pour la santé.

Il manque malheureusement toujours une pierre angulaire à cet édifice qui prend forme et allure: l’approche globale de la santé, voire environnementale.

Au moment où la frontière entre vie professionnelle et vie privée apparaît de plus en plus ténue, l’approche globale des risques pour la santé et la prise en charge d’éléments de santé publique par les entreprises comme un facteur de bien-être pour les employés et de profitabilité pour les entreprises est devenue pregnante.

Les conditions sont aujourd’hui réunies pour la mise en oeuvre d’un dialogue social au travers de relations institutionnelles fonctionnant sur un mode gagnant-gagnant. La responsabilité sociale des entreprises trouve réellement sa place dans la définition de la gouvernance 2.0.

Où l’on parle au ministère du travail “des instances représentatives davantage tournées vers la création de la richesse dans l’entreprise”.

Souhaitons que cette création de richesse prenne en compte la première des richesses: le capital humain.

 

#Tabac dans les collèges et lycées: Fumer peut tuer…pas seulement en état d’urgence.

Assez surprenant le discours tenu par des responsables d’établissements en charge de l’éducation nationale; lire Jean Yves Nau et sa tribune sur l’autorisation de fumer dans les collèges et lycées durant l’état d’urgence (qui pourrait cesser dès la fin 2017).

Il ya peu et dans le cadre de l’Etat d’urgence, la mobilisation des enseignants, soutenus par l’ex ministre Najat Vallaud-Belkacem, se faisait en faveur de la formation de secourisme et d’exercices de préparation à des attaques terroristes.

Aujourd’hui, on voudrait nous faire croire que fumer à l’extérieur d’un établissement scolaire comporte un risque très important d’attaque terroriste: un danger grave et imminent qui pourrait conduire à un droit de retrait?

On sait depuis des années que le tabac tue; environ 78.000 français meurent chaque année du tabac et un fumeur sur deux mourra d’un cancer. Des chiffres qui parlent!

Mais combien de lycéens ou collégiens fumeurs tués devant leur établissement par des terroristes?

Est ce bien raisonnable de la part de “responsables” d’établissement scolaires de placer au même niveau un risque de santé publique que représente le tabagisme (sans compter le tabagisme passif) avec le risque d’une attaque terroriste? Si le risque vital était aussi élevé, alors il conviendrait d’affecter des forces armées de Vigipirate devant chaque collège et lycée.

Doit on considérer que fumer une cigarette est un droit pour les mineurs scolarisés et quelle place entend jouer l’éducation nationale dans la sensibilisation à l’éducation pour la santé de nos enfants. Il est vrai qu’un effort pourrait être fait pour faciliter la présence des associations de lutte contre le tabagisme à l’intérieur des établissements. De même, pourquoi ne pas saisir l’occasion pour lancer un programme d’études sur l’utilisation de la cigarette électronique, cette fois ci, à l’intérieur des établissements; le but en serait de démontrer son caractère inoffensif pour le vapoteur comme pour la communauté gravitant autour et de surveiller l’incidence du passage de l’e-cigarette à la consommation de tabac. Une enquête épidémiologique de santé publique, visant la prévention que notre ministre de la santé ne pourrait voir que d’un bon oeil.

Car enfin, doit on soutenir le droit à fumer durant les heures de cours? Ou bien inciter à ne plus fumer du tout par une aide et un soutien des pouvoirs publics? Que les buralistes aient leur mot à dire dans cette hisotire est encore plus consternant et non dénué d’arrière-pensées mercantiles délétères.

Enseigner le bon sens fait il aussi partie du programme de l’éducation nationale?