#Presidentielle2017: La société française en panne de confiance

Le doute s’installe en France et dans divers domaines; une remise en cause aussi bien d’une médecine fondée sur la preuve que de la parole du politique, voire religieuse. Bref, une perte totale de confiance tant sur la nature du sujet que sur ceux qui portent la bonne parole. Notre société est “en panne”, titre d’un essai de Ch.Dejours sur la place du travail et les risques psycho-sociaux; comment passer du bien-être au bonheur en entreprise? Crise sociale ou crise morale?

ascenseur-social-en-panneCurieusement, un mouvement s’effectue en direction d’une forme d’obscurantisme sectaire; un évangélisme qui pour ne pas être nouveau, capte l’attention, à défaut d’opinion, des perdus, des égarés de la société et surtout des laissés pour compte.

Deux quiquennats auront suffi à niveler vers le bas, à s’affranchir de valeurs de la République, à abaisser la fonction présidentielle à un rôle de commentateur de faits divers ou d’inaugurations de chrysanthèmes. Entre vulgarité et indécence, nos derniers présidents reflètent une image peu exemplaire. Ils sont soutenus en cela par certains médias qui ont misé sur la déchéance intellectuelle en se vautrant dans le scatologique verbal et la médiocrité; comment expliquer le succès populaire d’émissions comme TPMP, le degré zéro du divertissement télévisuel: consternant!

little-miss-sunshineComment supporter cette téléréalité qui nous abreuve d’informations aussi inutiles que débiles; je pense à Nabilla ou à Kim Kardashian et à leurs penchants narcissiques, véhiculant des pseudo rêves de petites filles vite transformées en Lolita ou en Little Miss Sunshine (le rêve américain?). Une exacerbation de signes extérieurs ou caractères sexuels secondaires animée par une volonté de puberté de plus en plus précoce. Même Barby en a pris un coup de vieux.

macron-revisite-en-christ-de-rioEn politique on assiste pour cette campagne présidentielle 2017 à une surenchère de manipulation voire de mystification: entre une droite chrétienne qui s’affiche haut et fort comme un argument de programme électoral ou l’incarnation vivante du culte de la personnalité revisitée…On ne sait vraiment plus à quel Saint se vouer.

A l’international, l’avenir repose sur deux hommes narcissiques qui rêvent de gouverner le monde à eux deux au mépris des règles et réglements internationaux et des droits de l’homme. Comment avons nous pu en arriver là?

Mais je me laisse emporter par mon côté conservateur (des bonnes choses de proximité made in France) et j’en oublie l’essentiel:

  • Qu’est ce qui ne va plus en santé publique pour que l’industrie pharmaceutique soit l’objet non seulement de doute mais bien de rejet à la suite de plusieurs scandales sanitaires (Mediator,Depakine) ?
  • Qu’est-ce qui ne va plus en santé publique pour que l’on remette en cause les bienfaits de la vaccination? Pourquoi une loi rendant obligatoire la vaccination contre la grippe pour les soignants est suspendue depuis 2006 malgré la pandémie de H1N1 en 2009 et la surmortalité observée chez les personnes fragiles/hospitalisées en 2015 et 2017?
  • Qu’est-ce qui ne va pas en santé publique dans la lutte contre le tabagisme et le refus d’associer l’utilisation de la cigarette électronique comme un moyen de sevrage du tabagisme?

La réponse tient peut-être à la ministre en charge de la santé publique; de son ignorance voire de son incompétence en ce domaine. Son parcours aurait dû la mener jusqu’à Bercy et à défaut, elle s’applique à une maîtrise comptable des dépenses de santé plus qu’à un objectif de maîtrise médicalisée faute de dialogue avec les médecins et faute d’une compréhension des enjeux de politique de santé publique, notamment concernant le rôle capital de la prévention des risques pour la santé.

C’est difficile de relancer une dynamique en plein marasme politique et crise morale; on ne peut plus dissocier les deux y compris au plan judiciaire où la présomption d’innocence ne peut cacher la faute morale devant une opinion publique qui juge et punit par un vote sanction. Comment en sortir?

#Grippe en #EHPAD: Le rapport IGAS pour quoi faire?

grippe-2016_2017Le 7 février 2017, soit juste un mois après l’envoi de la lettre de mission de la ministre de la santé, a été rendu public le rapport de l’Igas sur l’épidémie de grippe en Ehpad; un document d’une trentaine de pages, rédigé par deux inspecteurs (un ex-directeur de CHU et un psychiatre).

A lire le rapport, on comprend toute la politique de santé publique menée par la ministre pendant 5 ans: ce rapport est du politiquement correcte; il ne répond pas à la principale question qui est de savoir si ces 13 morts étaient évitables et comment y parvenir. Il évite soigneusement d’aborder le domaine des responsabilités.

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Mort de 13 personnes agées dès suite de l’épidémie de grippe survenue entre le 23 décembre et le 5 janvier 2017. L’ordre de mission devrait comporter:

  • Rechercher, idendifier d’éventuels dysfonctionnements médicaux et administratifs à l’origine de cette surmortalité.
  • Identifier la “source” de l’infection grippale par le virus H3N2, hautement pathogène et contagieux.
  • Répondre surtout pour déterminer si et dans quelle mesure ces morts étaient évitables?

La lettre de mission du ministère de la santé mentionne également une inspection des conditions de l’intervention de l’ARS. En d’autres termes, y a-t-il eu un manquement aux règles de sécurité sanitaire dans la gestion de l’épidémie de grippe dans cet EHPAD?

La gestion d’une épidémie, quelqu’en soit la cause, suppose un ensemble d’actions à mettre en oeuvre rapidement pour stopper au plus vite et contenir une épidémie:

  • Identifier le risque d’épidémie par le nombre de cas infectieux dans une durée définie: pour la grippe, 5 cas en 4 jours.
  • Signaler les cas groupés à l’ARS.
  • Mise en place de mesures barrière/protection du personnel (hygiène/désinfection des mains, masques, blouses, traitements des DASRI)
  • Identifier pour isoler et traiter la “source” de contamination.
  • Périmètre de confinement (chambre, étage,bâtiment).
  • Suppression des réunions en groupe (réfectoire,activités ludiques)
  • Isolement de l’établissement et controle des entrées/sorties (personnel/visiteurs)

Au début d’une épidémie, des mesures de suivi des cas sous forme de monitoring et traçabilité des nouveaux cas doivent être mises en place par l’équipe EMH ou médicale de l’établissement. Le reporting vers l’ARS est une obligation réglementaire de signalement dans le cadre de la vigilance. Cela recoupe également la déclaration des infections nosocomiales dans le cadre du CLIN.

Mais la mission doit porter aussi sur la qualité et la rapidité de la prise en charge thérapeutique du diagnostic au traitement curatif et prophylactique. Si le rapport insiste sur le retard ou le défaut de vaccination des pensionnaires comme du personnel de l’EHPAD, il ne décrit pas la prise en charge médicale sur place ou les complications qui ont nécessité un transfert en Unité de soins intensifs. De même, on s’étonnera ne pas noter de référence au rapport bénéfice/risque de la prescription d’antiviraux à titre curatif mais aussi à visée prophylactique pour les persionnaires asymptomatiques mais exposés au virus.

Au final, le rapport comporte quelques recommandations et améliorations sous forme de points d’action dont la portée reste trop orientée sur la grippe et pas assez générale pour englober les autres risques d’infection nosocomiale, bactérienne ou virale. On s’étonnera également de l’absence de bonnes pratiques qui auraient dû survivre à la pandémie de grippe H1N1 de 2009 au cours de laquelle il avait été demandé de mettre en place un Plan de Préparation à la Pandémie et un Plan de continuité des affaires.

En d’autres termes, il manque à ce rapport la mise en évidence d’une compréhension de la dynamique d’une épidémie par voie de transmission aérienne et par contacts manuels; la logistique mise en place tant par l’établissement que par l’ARS reste floue et on ne comprend pas les mécanismes de décision qui ont autorisé la levée des mesures de confinement et d’isolation entre Noël et le jour de l’an et à l’origine d’un rebond de la propagation du virus. Il existe une superposition d’obligation entre l’exercice de l’autorité sanitaire par l’ARS et le pouvoir de direction de l’EHPAD (obligation de sécurité de résultat en matière d’infection nosocomiale) qui induit une confusion dans le rôle et les responsabilités des deux parties prenantes.

Pour conclure, la gestion de crise engendrée par cette épidémie de grippe dans un EHPAD démontre que l’établissement tout comme l’ARS, n’ont pas su tirer les leçons de la pandémie de grippe en 2009 et n’étaient pas préparés à faire face à la gravité de cette épidémie. Pourtant une surmortalité en 2015 avait donné lieu à des recommandations.

Une autre conclusion porte sur la faiblesse des arguments apportés pour ne pas réaliser la campagne de prévention de la grippe par une vaccination. Il est difficile d’accepter l’idée que plusieurs morts auraient pu être évitées ne serait-ce qu’en investissant/sponsorisant pour un montant de 650 € dans une campagne de vaccination des pensionnaires. Par ailleurs, comment accepter la suspension du caractère obligatoire de la vaccination anti-grippale pour les soignants; obligation prévue par la loi et réaffirmée dans la loi de modernisation de la santé du 26 janvier 2016 mais toujours suspendue par un décret datant de 2006 et non abrogé à ce jour.

Loi du 26 janvier 2016 avec son volet sur le droit des malades

Au travers de la loi de modernisation de la médecine dite loi Touraine du 26 janvier 2016, dont on célébrait l’anniversaire aujourd’hui dans un colloque animé par l’Institut du droit de la santé (en l’absence de l’auteure retenue au chevet de François Hollande déguisé en Médecin malgré lui d’un parti socialiste mauribond et artificiellement maintenu en fin de vie à défaut de donner son accord pour l’euthanasie).

Un colloque très instructif et didactique, animé par des personnalités du monde de la santé, du droit et des représentants d’associations d’usagers; l’occasion de faire un point et de prendre un peu de recul sur un volet de la loi dédié au droit des malades.

droit-medicalSurprenante évolution du statut de patient transformé en usager de la médecine ou du système de santé qui aboutit en 2016 au droit des malades; de quoi rappeler la tirade du Dr Knock (Jules Romain), s’il en était encore besoin, que tout homme bien portant est un malade qui s’ignore.

Bien souvent confondu avec un droit à indemnisation si préjudice/dommage.

Les scandales sanitaires récents, mettant en cause des médicaments, tels le Mediator et la Dépakine aboutissent, sous la pression de l’opinion publique à la création en urgence de fonds d’indemnisation (en dépit de l’existence de l’ONIAM*).

Le législateur a souhaité conservé délibéremment la référence aux malades plutôt qu’à l’usager du système de santé; c’est un signe qui traduit la faiblesse de nos politiques de santé qui refusent désespérement de s’engager dans la prévention. Ne dit-on pas pourtant qu’il vaut mieux prévenir que guérir?

Même les études en économie de la santé concluent au retour sur investissement >2.5/1 € investi dans la prévention de la santé globale (publique + travail).

Quel beau cadeau d’anniversaire pour notre ministre de la santé que celui de la vaccination obligatoire des personnels soignants, tout particulièrement en contexte d’épidémie de grippe A H3N2. Quel rôle la vaccination antigrippale joue pour éviter la surmortalité hivernale? Cela reste à étudier mais on réfléchira sur les atteintes aux libertés infdividuelles dans l’intérêt général; comme justifié ci après:

Dans un autre registre, les préfets peuvent, à titre exceptionnel et sur habilitation du ministre de la Santé, prendre des mesures individuelles, le cas échéant contraignantes, lorsque survient une menace sanitaire grave notamment une épidémie, pour en limiter les conséquences (art.   L.   3131-1 du Code de la santé publique).

L’atteinte la plus symbolique des droits de la personne, admise par la législation pour la mise en œuvre du droit à la protection de la santé, est bien évidemment l’obligation vaccinale. Le Conseil constitutionnel en a, par une décision du 20   mars 2015, confirmé la constitutionnalité et a rappelé que, malgré les risques d’effets indésirables de la vaccination, cette mesure était justifiée par l’objectif constitutionnel de protection de la santé.

Tabuteau, Didier; Laude, Anne. Les droits des malades: « Que sais-je ? » n° 4015 (French Edition) (Kindle Locations 975-980). Presses Universitaires de France. Kindle Edition.

Peut-être alors, que notre ministre recevra en guise de cadeau l’abrogation du décret d’octobre 2006 signé par Xavier Bertrand; on peut toujours rêver…

*ONIAM:Office national d’indemnisation des accidents médicaux

La #Grippe: un #etatdurgence sanitaire?

Gouverner c’est prévoir!

Dans Le Temps des responsables (Julliard), Alain Etchegoyen écrit:

Etre responsable, c’est répondre de ses actes et de leurs conséquences devant autrui. … devant les autres, de ce qu’on fait et de ce qu’on décide les concernant.

Il n’y a que notre ministre de la santé pour être surprise par une épidémie de grippe en plein hiver. En dépit d’une campagne d’information et de sensibilisation aux risques de la grippe et des complications possibles pour les sujets fragiles, il y a eu peu d’incitation à la vaccination pour les personnels soignants malgré la loi 3111-4 de 2004, reprise par la loi du 26 janvier 2016:

loi-31114-csp_2016

Vaccination obligatoire des soignants contre la grippe

Malencontreusement, Xavier Bertrand en octobre 2006, alors ministre du travail et des affaires sociales a eu la mauvaise idée d’abroger par décret cette obligation.

Depuis, soit plus de dix ans et après une pandémie de grippe A H1N1 en 2009, aucun ministre n’est venu rétablir cette obligation vaccinale.

On doit s’intrerroger sur deux questions de droit administratif:

  • Une question portant sur le principe de légalité:

principe-de-legalite

  • Une question portant sur l’opportunité du décret d’octobre 2006:

Il semble que recourir à l‘intérêt général permet de contrôler l’opportunité,l‘utilité publique de l‘acte.

En d’autres termes, faisant suite à la pandémie de grippe A H1N1, est-il opportun de supprimer l’obligation faite aux soignants travaillant en établissement de soins ou en EHPAD de se faire vacciner contre la grippe dans l’intérêt général?

Sachant que le Haut Conseil de la santé publique, le Directeur Général de la santé et l’Ordre des médecins se sont pononcés en faveur de l’obligation vaccinale…

Devant le peu d’empressement de la ministre à prendre en compte les avis d’experts qui pourtant l’entourent et la conseillent à abroger le décret de 2006, je continue à m’interroger sur les morts qui auraient pu être évitées en lien avec la grippe. Non seulement nous avons failli à prevenir l’épidémie de grippe à virus H3N2, très virulent et contagieux, mais nous n’avons pas mis en place tous les moyens pour traiter les personnes infectées et fragiles (en recourant aux anti-viraux).

Mieux vaut prévenir que guérir!

Desiderius Erasmus

Alors est-il légitime à ce stade de parler d’imprudence et de négligence en matière de gestion de la santé publique dans l’intérêt général?

imprudence-et-negligence

Art.121-3 du code pénal

Ajoutons qu’à ce jour (25/1/2017), nous restons dans l’attente du rapport d’étape de l’IGAS sur les causes des 13 décès survenus dans un EHPAD de Lyon entre le 23 décembre et le 7 janvier 2017. La ministre demandait ce rapport sous dix jours…

#Grippe: Vaccination obligatoire des soignants abrogée en 2006.Ubuesque!

grippe-2016_2017Reprenant le fil conducteur de l’épidémie de grippe qui sévit cet hiver 2017; l’alerte remonte à fin décembre 2016 dans cet EHPAD de Lyon après la mort de 13 personnes agées sur les 110 qu’accueille l’établissement. On s’interroge dès lors sur les causes qui ont abouti à cette hécatombe: est-ce un problème de santé publique ou une série d’erreurs de management dans un EHPAD? L’IGAS doit remettre son rapport d’enquête vers le 17 janvier à la demande de la ministre de la santé.

 Les faits:

  • Entre le 23 décembre et le 7 janvier 2017,13 personnes très agées (>91 ans) sont décédées dès suite de la grippe.
  • 72 personnes sur les 110 présentes ont été infectées par la grippe (65%).
  • 6 sur les 13 étaient vaccinées, soit 46%; on parle d’immunosénescence pour expliquer l’absence d’immunisation totale contre le vaccin.
  • 39% du personnel soignant de cet EHPAD étaient vaccinés mais on ne sait pas combien de soignants ont eu la grippe.

Les causes possibles:

  • Virus propagé à partir d’un visiteur grippé
  • Virus propagé par un soignant (infection nosocomiale)

La conduite à tenir si risque d’épidémie:

Un établissement de soins ou un EHPAD est une structure sanitaire confinée; si une infection contagieuse apparaît en son sein, la contamination est rapide voire totale. La prévention passe donc à la fois par:

  • des méthodes d’hygiène (aseptie) faisant barrière pour empêcher le virus de pénétrer le lieu et limiter sa propagation: lavage des mains et port de masques, gestion des déchets contaminés (DASRI).
  • la vaccination des personnes agées >65 ans et du personnel soignant;
  • Isolement des patients infectés;
  • Traitement curatif et prophylactique (antiviraux type oseltamivir) des personnes au contact direct des patients infectés par la grippe.

Les questions en suspens:

  1. Pourquoi l’alerte n’a pas été activée vers l’ARS après 3 décès de la grippe?
  2. Pourquoi n’a-t-on pas prescrit d’antiviraux aux pensionnaires survivants?
  3. Pourquoi si peu de vaccinations dans cette population à risques?

Les questions qui fachent:

  • On parle de rendre obligatoire la vaccination antigrippale pour le personnel soignant:

Cette vaccination obligatoire existe depuis 2004:

Article L.3111-1 du code de la santé publique modifié par l’article 11 de la loi du 9 août 2004 relative à politique de santé publique qui a clarifié le rôle de l’Etat en matière de politique vaccinale.

Le code de la santé publique précise donc:

Article L3111-4

Une personne qui, dans un établissement ou organisme public ou privé de prévention de soins ou hébergeant des personnes âgées, exerce une activité professionnelle l’exposant ou exposant les personnes dont elle est chargée à des risques de contamination doit être immunisée contre l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la grippe.

 Mais un décret du 14 octobre 2006 est venu abrogé cette obligation pour la grippe:
Décret n°2006-1260 du 14 octobre 2006 pris en application de l’article L. 3111-1 du code de la santé publique et relatif à l’obligation vaccinale contre la grippe des professionnels mentionnés à l’article L. 3111-4 du même code:
Article 1:

L’obligation vaccinale contre la grippe prévue à l’article L. 3111-4 du code de la santé publique est suspendue.

Bien sûr, il ne s’est rien passé au plan sanitaire depuis 2006, juste une pandémie de grippe H1N1 qui a affolé la nation et conduit à élaborer des plans de préparation à la pandémie grippale et à la continuité des affaires.

ubu-roiPour autant, l’abrogation a été maintenue jusqu’à aujourd’hui. En d’autre termes, l’obligation vaccinale faite aux personnels soignants des établissements de santé et EHPAD existe bien depuis 2004 dans la loi mais a disparu par décret depuis 2006. Et on discute à nouveau sur l’opportunité d’une telle obligation? C’est Ubuesque!

Ou bien l’article L.3111-4  de la loi de 2004 est obsolète et on le modifie; ou bien on revient sur le décret de 2006 (D.de Villepin, X.Bertrand) qui suspend cette obligation vaccinale contre la grippe pour les personnels soignants.

Curieusement, que ce soit, le haut conseil de santé publique, la DGS/ministère de la santé qui continuent d’émettre des avis favorables en faveur de la vaccination obligatoire des soignants; personne n’est revenu sur ce décret de 2006, formalité assez simple vous l’avouerez…

Au final on peut s’interroger sur la politique de santé publique en France et son suivi sur le long terme: cohérence? Au delà, c’est s’interroger aussi sur la responsabilité administrative de l’Etat qui se rendrait coupable de fait de négligence et d’imprudence?

A lire cet article en anglais:

Vaccinating Health Care Workers Against Influenza: The Ethical and Legal Rationale for a Mandate

Du #Bienetreautravail au #Bonheur au Travail: The Sky/Heaven is the limit…

Il ne vous aura pas échappé l’émergence d’une nouvelle tendance dans le milieu des relations sociétales: la création d’un nouveau poste de Chief Happiness Officer (CHO) dont la fonction est décrite comme étant à l’interface entre un poste de communiquant et celui de ressources humaines.

santebien-etre-au-travailCertains voudraient y voir un équivalent au Bien-être au travail; je m’inscris en faux. Autant le bien-être au travail renvoit à la santé, le bonheur est une donnée de responsabilité sociale entrepreunariale.

Le bien-être est souvent associé à la QVT*;le bonheur cherche encore sa place au sein de l’entreprise, entre utopie et produit de marketing social (là normalement, je me suis fait des ennemis).

On notera que les deux “valeurs” visent le même objectif tout en empruntant des voies différentes et c’est peut-être là qu’un effort de clarification serait utile au débat. Il ne faudrait pas opposer une approche psycho-sociale, tendance santé au travail, à une approche RSE, tendance développement durable. Les deux doivent être conjointes et complémentaires en jouant tant sur le bien-être physique (conditions de travail:ergonomie) que sur le bonheur moral (management et psycho-sociologie); alors faudrait-il parler du bien-être heureux au travail?

bonheur-et-bien-etre

Le sujet de la bienveillance au travail a déjà été abordé ici; c’est à la fois une prise de conscience et un engagement managérial à “considérer” son équipe en lui assurant un environnement de travail plaisant et agréable; motivant et relaxant, épanouissant.

Cette approche récente est d’emblée intégrée par les jeunes start-ups comme si il y avait là matière à puiser pour l’innovation et le créatif…en passant des conditions de travail à une mise en conditions par l’ergonomie et le design.

Oui il y a une perte des limites claires et définies entre la vie professionnelle et la vie privée; l’interaction, amplifiée par le télétravail à domicile, trouve sa contre-partie en entreprise par la mise à disposition de conciergeries (ensemble de services à la personne, crèche d’entreprise), de salles de sport, sans parler des espaces de convivialité (tisanerie/caféteria, salle de repos/sieste minute,…). N’est-ce pas une façon de rassurer en créant du lien social dans l’entreprise et sur la durée, en allégeant la charge des contraintes personnelles/familiales/domestiques pour donner accès à une meilleure profitabilité gagnante/gagnante en terme de performance personnelle?

*QVT:Qualité de vie au travail

Epidémie de #grippe en #EHPAD

L’année 2017 débute sur cette triste nouvelle de 13 personnes agées décédées en EHPAD* dès suite d’une grippe. La question que tout le monde se pose est de savoir si ces morts étaient évitables et si oui, comment?

grippe-2016_2017La grippe est une maladie infectieuse,virale et saisonnière dont le virus change continuellement d’une année sur l’autre. On peut prévenir la grippe grace au vaccin anti-grippe, vaccin actualisé tous les ans et probabiliste (souche du vrius qui sera dominante dans les prochains six mois). La souche H3N2 qui circule actuellement en France est très contagieuse et virulente (caractère pathogène,nocif et violent du virus).

La vaccination n’est pas obligatoire; elle est gratuite chez les personnes agées et conseillée en raison des complications pulmonaires parfois associées. Elle est aussi fortement recommandée pour les personnels soignants pour les immuniser et les protéger mais aussi pour éviter qu’ils deviennent vecteur de la maladie virale.

  • Quand déclare-t-on un seuil épidémique dans un établissment de soins ou EHPAD? => Après le troisième cas en moins d’une semaine.
  • Quelle conduite à tenir?
    1. Isolement ou endiguement de la contamination:
      • filtrer et sécuriser les flux entrants et sortants
    2. Equipement de protection individuel:
      • masque facial
      • hygiène des mains
    3. Traitement curatif des malades fragiles:
      • par antibiotiques si surinfection pulmonaire
      • par antiviral, principalement oseltamivir (Tamiflu)
      • par hospitalisation en service de soins intensifs
    4. Traitement prophylactique en zone épidémique à risques:
      • par antiviral, principalement Oseltamivir (Tamiflu)
      • après analyse du rapport bénéfice/risque
      • souvent du ressort des autorités sanitaires (ARS**)

On comprendra de ce qui précède qu’il existe des moyens médicaux de prévenir ou limiter la mortalité et la morbidité en lien avec la grippe du sujet agé.

Il appartient maintenant aux autorités sanitaires et peut-être judiciaires de mener les investigations et enquêtes nécessaires pour retracer le déroulement de l’épidémie locale, identifier (si possible) la source de contamination et comprendre pourquoi on dénombre autant de morts en dépit des mesures prises et dont il conviendra d’apprécier la pertinence ou les carences.

*EHPAD:établissement d’hébergement pour personnes agées dépendantes.

**ARS:agence régionale de santé.