#Etatdurgence : Acte II ou quand l’urgence se fait attendre.

Certes les attentats terroristes de 2015 justifient la proclamation initiale de l’Etat d’Urgence! Certes cet état justifie la transgression de certaines règles républicaines et démocratiques avec l’atteinte à certaines libertés dans le but de protéger les français, d’assurer la sécurité intérieure de la France.

état d'urgence et libertés

Pour autant, y a-t-il matière pour modifier notre constitution et y faire figurer l’état d’urgence? Est-ce bien une priorité républicaine ou simplement une opportunité politique? On peut légitimement s’interroger sur les intentions dès lors que s’y associent des mesures liberticides destinées à protéger la démocratie: antinomique.

La déchéance de nationalité est un sujet qui divise, à l’intérieur même des partis politiques. Il serait bon de s’interroger sur l’impact que représenterait l’inclusion d’une mesure dégradante et punitive comme faire valoir de fondements de la République. C’est un mal très français que de concevoir le fonctionnement des sociétés sous un angle négatif.

Les anglo-saxons évitent ces pièges tendus par les communicants pour sombrer dans le pessimisme ou noircir le tableau; à titre d’exemple, ils parlent de bien-être au travail là où nous employons le mot mal-être…cela en dit long.

 Si une telle mesure comporte une valeur symbolique, s’interroger sur sa portée réelle et donc sur sa pertinence en terme de résultat pour prévenir les attentats terroristes est un préalable. La constitution ne doit pas devenir un tract publicitaire ventant les mérites du patriotisme républicain; elle demeure la référence législative qui impose son respect par le politique et non l’inverse.

Le Droit et si besoin le législateur ont suffisamment de moyens et d’autorité sur l’exécutif pour assurer un contrôle sur la mise en oeuvre de mesures coercitives ou de privations temporaires de certaines libertés individuelles sans avoir recours à une modification de la Constitution. N’appelle-t-on pas les membres du Conseil Constitutionnel les “Sages”?

L’approche politique française est trop souvent dogmatique et manque par conséquent de pragmatisme. Il a été question d’instruction civique dispensée dans les écoles élémentaires; au delà de cette éducation de l’esprit civique, nous parlons du respect des autres et de leurs différences, de tolérance face à la diversité, de laïcité républicaine.

Je m’insurge contre les incivilités des cyclistes qui ne respectent plus rien: ni le code de la route, ni les voitures, ni les piétons…c’est une violation des libertés et c’est l’abandon de la notion du “vivre ensemble” qui anime une nation.

Quelle image d’unité renvoyée aux jeunes en mal d’instruction lorsque le Premier ministre apostrophe publiquement des membres de l’observatoire national de la laïcité? Quel message de tolérance et de liberté d’expression par ceux qui ont défilé pour soutenir Charlie en janvier 2015? Quel avant goût de régime liberticide par un gouvernement socialiste qui souhaite porter atteinte à la Constitution française?

Au final, il se peut bien que l’urgence soit ailleurs et se fasse attendre.

La #laïcité en France: un processus de normalisation?

D’où l’on reparle de laïcité à la suite des attentats en France et dernièrement, faisant suite à l’agression d’un professeur juif portant la kipa. La France est un pays laïque et l’affirme haut et fort dans sa Constitution.

Laïcité

Pour autant, doit on supprimer toute référence à l’histoire de notre pays, à ses racines judéo-chrétiennes? La loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’état n’est pas si vieille et auparavant, la France s’ornait des attributs du catholicisme. Devrait-on aujourd’hui effacer toute trace de ce passé, de nos racines culturelles et de nos modes de vie?

identité et laïcitéNous sortons d’une approche identitaire et nous devons faire très attention de ne pas favoriser une approche communautaire en défendant la laïcité: pas de signes ostentatoires. Mais, à y bien regarder dans nos us et coutumes, nos habitudes et nos rites français, vouloir effacer toute trace chrétienne de notre société serait une chose vaine. Cela a-t-il un sens de vouloir interdire les crèches dans les lieux publics ou les mairies? Pourquoi pas ensuite supprimer les jours de congés en lien avec la religion catholique, les fêtes?

Alain Juppé, dans son dernier ouvrage sur un Etat fort, y fait référence non sans rappeler le passé et l’Histoire de France. Sous le fallacieux prétexte du principe d’égalité de la République, notre président ne cherche-t-il pas à entrainer les français avec lui dans son processus de normalisation? Au point d’en perdre notre identité nationale ou à en être déchu en certaines circonstances.

Il semblerait que la liberté d’expression pose problème de nos jours en France; depuis Charlie en janvier 2015, on s’interroge sur la libre expression de penser, de parole, d’écrire ou filmer et de diffuser dans les médias ou sur internet. La laïcité n’est pas une interdiction en soi mais bien une liberté de culte, de religion sans parti pris républicain. Le “débat”sur les primaires à doirte et peut-être à gauche pointe du doigt sur la possibilité de s’exprimer publiquement ou sein d’un parti politique pour exprimer ses idées politiques, ses projets ou ses stratégies. On y pratique une censure et on attaque la représentativité nationale, régionale ou locale; on s’en prend à la diversité pour faire rentrer dans le moule conformiste de la pensée unique des partis. La vieille garde politique n’a rien compris ou pas vu venir cette forte attente patriotique pour un renouveau non seulement des valeurs mais aussi des hommes et de leurs idées.

Changement, renouveau sont des mots qui effraient encore les conservateurs qui ne sont pas que de droite etv retardent le processus de refondation de la société française; car ce n’est plus une modification mais une transformation voire une révolution sociétale vers laquelle nous tendons.

A lire, la lettre ouverte de Thomas Guénolé ainsi que la chronique de Jean Baubérot