#loielkhomri:Fin de partie

C’est une loi née aux forceps et dans la douleur, à coups de 49.3.

 Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée.
Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ;
L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n’avaient plus qu’un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !

Oceano nox, Victor Hugo

Combien de socialistes, de syndicalistes et de grévistes se reconnaîtront dans cette allégorie après le passage forcé de la loi El Khomri? Une loi dont il ne reste que les eaux, troubles voire méconiales comme témoignage d’une gestation longue et comme exemple de pénibilité au travail.

N’y voyez pas une critique sur le fond; simplement sur la forme. Curieuse leçon délivrée aux parlementaires comme aux syndicalistes sur le dialogue social…un déni de démocratie qui se dispense du débat contradictoire et qui élude le “conflit” tant souhaité en psycho-sociologie et clinique du travail (voir Yves Clot sur la qualité du travail mieux que la QVT) ou son collègue du CNAM, Christophe Dejours dont je vous recommande la lecture de “la panne”.

Loin de ces considérations, ce sont de longues litanies transformées en slogans pour manifestants arpentant les rues de Paris et remplaçant tristement les résistants aux côtés du Général De Gaulle; non sans rappeler ses propos extraits du discours de l’Hotel de ville le 25 Aout 1944:

Paris outragé,

Paris brisé,

Paris martyrisé mais Paris libéré !

suivi sur la fin de sa célèbre réflexion:

De Gaulle et la chienlit

 Que l’on repense à tout ce gâchis en temps et en argent; pire, l’image retenue en France et à l’étranger de ce pays incapable de se réformer et de discuter. Une nouvelle fracture sociale et politique, une crise morale à présent. Perte de confiance du politique, crise des institutions de la V° République aux prises avec l’expression d’une démocratie participative.

On ne sait plus très bien si cette fin de partie entre Assemblée Nationale et Sénat est obtenue par KO ou chaos de la société civile.

Du droit de grève et de ses obligations…à propos de #loielkhomri

Si la grève est un droit, il va bientôt falloir créer une branche du Droit du travail pour étudier l’expression du droit de grève. A l’occasion du projet de réforme du droit du travail, il est intéressant d’observer les dérapages en tous genres qui poussent certains syndicats à s’arroger des “libertés”qui n’existent pas ou à ne pas respecter certaines obligations dans les transports:

  • Il n’y a pas de grève sans revendication. De même, les mouvements d’ordre politique ou les actions de solidarité envers des personnes qui ne sont pas salariées de l’entreprise ne sont pas des grèves.
  • La grève dans les transports en commun impose la mise en place effective d’un service minimum.

On observe aujourd’hui une violation du droit de grève qui représente manifestement une atteinte aux libertés des citoyens. Et cela ne semble émouvoir personne…On est proche de l’anarchie à ce rythme et pourtant en plein état d’urgence.

sondage et naufrage 2016 En plein désordre social en l’absence de dialogue entre les parties prenantes; en pleine confusion dans la répartition des rôles et responsabilités des acteurs tant politiques que syndicaux, comment réformer? comment avancer au lieu de faire du sur place, de bloquer le fonctionnement des institutions au mépris de la démocratie et du droit et de la liberté d’expression? Les mêmes qui se réclament de la sociale démocratie bafouent les libertés et l’esprit républicain à leur seul profit (sur le court terme).

Liberté de circulation, liberté de travailler, voire liberté de penser (ou libre penseur); toutes ces libertés sont enfreintes par une poignée minoritaire, faisant régner une forme de terreur dont la définition se trouve dans le code pénal:

Le code pénal français précise en ses articles 421 et suivants la définition d’un acte de terrorisme. Ainsi on parlera de terrorisme lorsque des actions sont entreprises intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective afin d’organiser l’intimidation ou la terreur, qu’il s’agisse par exemple de séquestration, de destruction et dégradation, d’atteinte volontaire à la vie.

 Rappelons que la France est toujours en état d’urgence suite au attentats parisiens…

ordures ménagères à ParisNous sombrons dans le chaos social et la vie politique manque cruellement de morale.

Voici à quoi ressemble Paris à la veille de l’Euro 2016 de Football; une belle image à offrir aux visiteurs étrangers; à ne pas confondre avec les mignants.

Mais il s’agit là d’un autre droit, les Droits de l’Homme.

#loielkhomri: un #etatdurgence qui bloque le dialogue social à la SNCF

G.Pepy_SNCFComble du comble en plein projet de loi du travail: Le gouvernement Valls se substitue à la direction de la SNCF pour dialoguer avec les syndicats (et pas seulement grévistes) sur les conditions de travail et la rémunération des personnels. Guillaume Pepy appréciera d’être évincé des discussions laissées à l’initiative du secrétaire d’état aux transports, Mr Vidalies; une forme de désaveu et de son autorité et de son pouvoir de direction à la tête de la SNCF. Il n’y a plus guère de choix possible pour lui que de démissionner.

C’est à n’y plus rien comprendre à cette loi sur le renforcement du dialogue social qui dans son article 2 de quelques 60 pages, décrit l’inversion de la hiérarchie de la norme. Le but étant, de favoriser les accords d’entreprise et laissant plus d’autonomie et de pouvoirs aux négociations entre direction et représentants syndicaux ou délégués du personnel. Que vient faire l’Etat et son ministre des transports dans une négociation interne à la SNCF, si ce n’est essayer de court-circuiter et de désarmorcer l’explosion sociale grandissante et entretenue avec malice voire manipulation par son principal syndicat (encore majoritaire).

P.GattazA ce rythme, Pierre Gattaz ne tardera pas à être remplacé par Mme El KHOMRI lors des négociations avec les partenaires sociaux. Drôle de conception du dialogue social, du paritarisme de la part d’un gouvernement socialiste, à supposer qu’il y ait encore quelque chose à comprendre dans la logique poursuivie et la stratégie de ce gouvernement aux abois voire à l’hallali.

Ainsi les syndicats, CGT en tête, sont-ils en train de gagner une grande victoire en démontrant la force d’un conflit social, la lutte ouvrière à défaut de lutte des classes. Un curieux rapport des forces en présence (voire en absence pour la direction de la SNCF), une singulière conception du dialogue, encore plus de la négociation qui se résume à soumettre un gouvernement à un chantage, utiliser la force des piquets de grève et des syndicalistes manifestant pour faire pression. Dès lors, il n’y a plus de limites aux revendications catégorielles et les autres représentations syndicales seraient bien inspirées de ne pas se priver de cette faiblesse politique pour obtenir gain de cause, à moins d’un an de l’échéance présidentielle, moment propice pour rédiger sa lettre au Père Noël. Ce n’est ni sérieux, ni responsable de la part de politiques (?).

Que l’on ne s’étonne pas ensuite que les syndicats empiètent sur la vie politique en lieu et place des partis et formations politiques; cette confusion des genres est préjudiciable au bon fonctionnement des institutions de la V° République. Là encore, on peut s’interroger sur la place réservée par ce gouvernement de Gauche aux parlementaires de l’Assemblée Nationale comme du Sénat, privés de débat démocratique et réduits à faire acte de présence ou acte de résistance pour quelques uns. La société civile est en panne, littéralement démoralisée (en quête de morale) par le monde politique si déconnecté de la réalité entrepreunariale. Mais que la promotion Voltaire de l’ENA se rassure: il n’y aura personne laissé pour compte.

#loielkhomri: du dialogue social au rapport de forces. L’urgence pour l’Etat

centrale nucléaireBreaking News: “Grève annoncée dans les centrales nucléaires“, après l’arrêt de production des raffineries et le blocage des dépôts de carburants…en plein état d’urgence! Dans centrale nucléaire, il y a nucléaire, certes civil mais visiblement aussi une force de dissuasion quand elle ne représente pas une menace en terme d’arme de bioterrorisme.

Comment en est-on arrivé à ce point de rupture à partir d’un texte de loi sur le dialogue social et la réforme du droit du travail ? La CGT, menacée de perdre son leadership syndical au profit de la CFDT a décidé de se radicaliser, quitte à emprunter des voies anti démocratiques, au delà du sacro-saint droit de grève, le blocage des accès et de la libre circulation; démontrer la capacité de nuisance du syndicat qui fait régner la terreur. Terreur, terrorisme…il n’y a qu’un pas.

Nous voici donc revenus à la logique de conflits en lieu et place du dialogue social; certes, le gouvernement ne donne pas l’exemple en la matière, en privant les parlementaires d’un débat démocratique sur la loi travail El Khomri; là encore, un passage en force pour un gouvernement minoritaire à l’Assemblée Nationale au sein même de sa majorité: une exception française! A défaut de vouloir/pouvoir renverser le gouvernement Valls, les députés frondeurs doivent être tenus pour (ir)responsables d’une situation politique et sociale, non seulement instable mais explosive. Incapables d’avancer et de réformer jusqu’en 2017, que reste-t-il à faire pour ce Parlement et ce gouvernement? attendre quoi? Perte de temps donc perte d’argent et de voix électorales qui iront alimenter le FN. popularité FH mai_2016Et le PS de continuer à s’interroger sur l’opportunité de Primaires à Gauche, pourtant inscrit dans le marbre socialiste, afin de préserver les chances du candidat Hollande qui remporte le record d’impopularité à 13%. Ces politiques sont complètement déconnectés de la réalité et deviennent dangereux; ils jouent constamment avec le feu et s’étonnent ensuite des explosions sociales: Inconscients.

S’arc-boutant sur son autorité (ou ce qu’il en reste), le gouvernement refuse aujourd’hui de reprendre le dialogue avec la CGT, au mépris de propositions de plusieurs députés socialistes. Faudra-t-il, là encore, user de la force et envoyer les “Négociateurs” du RAID ou de la BRI pour rétablir un dialogue (de sourd)? Ou bien est-ce effectivement la fin du gouvernement Valls?

Attendre (mais pas trop longtemps) et voir…

#AirFrance ou le passage du “in the air”pour “on the air”: L’e-social

Fiction: Nous vivons une époque formidable.

Pour faire suite aux dégradations du climat social à Air France, l’idée dans l’air est de créer des CCE virtuels, délocalisés sous la forme de télé-travail et télé-conférence. Plus de contacts directs, de risques d’altercations physiques; la sécurité rétablie par les ondes ou à l’antenne.

AF

L’économie numérique envahit l’industrie et les commerces? Soit, développons donc le télé-travail et sachons exploiter toutes les ressources y compris humaines pour faciliter et sécuriser les échanges (anciennement appelés dialogue social). hologramme

Une simple connection au réseau social et place à la web-conférence, avec option audio/vidéo. On nous promet pour demain, la téléportation et la retransmission en 3-D, voire le recours à des hologrammes ou des avatars.

Le pendant de cette économie virtuelle? le risque qu’entre entre deux départs pour un paradis fiscal, on puisse entendre l’annonce par hauts-parleurs, précédée du célèbre jingle, d’un PSE voire même, Departuresla liste de départ des salariés s’inscrivant sur des panneaux d’affichage et les écrans, licenciés et priés de contacter le bureau des ressources humaines le plus proche pour un solde immédiat de tout compte.

Le dialogue social est en danger; il convient dès aujourd’hui de redonner du sens à la négociation entre les partenaires sociaux, représentatifs des salariés, respecteux du droit mais avant tout, de la personne humaine, de son intégrité physique et morale.

Le mot “excuses” n’est pas un gros mot et peut-être prononcé à tout moment et par tout le monde. Je vous prie de m’excuser de vous avoir interpellé sur ce sujet.

La courtoisie peut aussi s’inviter à la table des négociations car c’est un savoir vivre.

France in the air ou le dialogue social en pleine turbulence

Une semaine écoulée depuis ces incidents et agressions physiques; pour autant, pas une excuse prononcée à l’égard des deux personnes, car ce sont deux êtres humains, victimes d’un accident dans l’exercice de leurs fonctions. Autrement dit ,un accident du travail. Le CHSCT sera-t-il saisi de cet accident grave?

Processus de banalisation ou de normalisation des rapports sociaux à l’intérieur d’une entreprise “fleuron de l’industrie française”? La délinquance s’invite à la table des négociations mais souhaiterait profiter d’une immunité syndicale pour ne pas avoir à répondre de ses actes de malveillance. Pas si simple…

Je me refuse à publier des photos dégradantes et humiliantes des directeurs d’Air France agressés sauvagement par des syndicalistes. Je leur adresse ma sympathie et mon soutien pour ce courage managérial exemplaire face à une situation dégradée stressante et traumatisante.

Comment peut-on s’abaisser aussi bas, laisser faire un climat social se dégrader à ce point? Le débat des idées laisse la place aux ébats de violence et de haine absolument incompatibles avec l’esprit d’une négociation qui suppose une écoute sereine pour pouvoir dialoguer, échanger et parvenir à une résolution des conflits, source du dialogue social. Cela suppose, a minima, du respect des droits et des personnes. A commencer par le respect de l’intégrité physique et morale des parties prenantes.

Devant de telles scènes, on éprouve que du mépris et du dégoût pour une forme de syndicalisme radical qui n’a pas sa place en entreprise.