#Tabac:Pour une information médicale objective sur les dangers et les risques

Le 31 Mai est la date pour la journée mondiale sans tabac; vous souvenez vous du message délivré et du caractère visible et audible de l’action du ministère en charge de la santé publique? Moi, non; pour être franc.

journée mondiale sans tabac OMS

Oui, il y a aujourd’hui en France un refus ou un rejet des messages traumatisants pour parler du tabac; peut-être parce qu’il y a en parallèle une prise de conscience des responsabilités en jeu et un refus de se culpabiliser. Seule, une approche globale en santé publique permettra d’avancer sans tabous sur la question du sevrage tabagique.

Deuxième remarque, on continue à vouloir cliver la santé en deux branches: une branche santé publique (mais curieusement de l’ordre du privé) et une branche santé au travail. santé au travailEst ce bien raisonnable en 2015 de s’adresser pour un même sujet, tel que le sevrage du tabac, à deux entités différentes qui renvoient à deux ministères et deux administrations: au mieux il y a doublon; au pire, contradiction qui rend le message inaudible et incompréhensible.

Il est temps de passer à une santé globale, la résultante de ces deux branches: santé publique + santé au travail.

Ceci étant dit, revenons à l’information sur les dangers et les risques en lien avec le tabac:

  1. Les dangers: Le tabac fumé est une substance chimique dangereuse pour la santé, classée CMR, qui en toute logique devrait être retirée de la vente et remplacée par un substitut non CMR.
  2. Les risques: Le tabac est responsable de 78.000 morts par an. Il génère directement et indirectement des maladies chroniques et des cancers avec un poids social et économique très lourd.
  3. La Prévention: L’Etat devrait donc dans sa loi santé introduire tous les éléments de prévention du tabagisme primaire ou secondaire. Il y va de sa responsabilité dans le cadre de ses obligations de sécurité sanitaire. Le paquet neutre, tabac info service ne peuvent constituer une politique de prévention à eux seuls.paquet neutre

L’information médicale concernant les dangers et les risques pour la santé du tabac doit porter sur la nature même du produit, véritable drogue qui rend son consommateur rapidement addicte/dépendant à la nicotine. Le fumeur est un futur malade qui s’ignore, un drogué en perdition. Les comportements sociétaux, à la ville comme au travail, entretiennent ce besoin de fumer. Le stress, les risques psycho-sociaux peuvent conduire à cette addiction au tabac. Une fois énoncés ces principes, ce qu’attend le fumeur en mal de sevrage consiste en un accompagnement et la mise à disposition de moyens pour arrêter ou a minima, diminuer de fumer; de s’exposer et d’exposer les autres aux dangers des fumées de cigarettes. Certes il a besoin de motivations, multiples et variées, de volonté aussi mais il a surtout besoin d’aide et d’assistance au démarrage du sevrage, comme tout toxicomane qui se respecte. Les addictologues connaissent bien le syndrome de sevrage.

La question récemment posée est de définir clairement la place de la cigarette électronique dans cette stratégie du sevrage tabagique. Le Royaume uni y a répondu dans son rapport PHE en Aout 2015: l’e-cigarette est 95% moins dangereuse que le tabac fumé et l’addiction à la nicotine n’est pas un problème de santé publique. La désinformation ne mène à rien sauf à entretenir des rapports viciés avec les lobbys de l’industrie du tabac et à une confusion des genres voire à des conflits d’intérêts qui finiront un jour par faire la une des médias.

#Tabac:Le new deal gagnant/gagnant pour les buralistes

Pragmatisme.On aura compris que ce qui motive les buralistes à manifester n’est pas de s’opposer au paquet neutre de la ministre de la santé mais à obtenir des assurances du maintien de leurs revenus. Comment arriver à concilier le double impératif de santé publique en favorisant la sécurité sanitaire d’un côté et de l’autre,reconnaître le préjudice financier subi par les buralistes entrainés par l’Etat, à l’insu de leur plein gré, dans l’aventure du tabac. Ils plaident aujourd’hui pour une indemnisation d’un manque à gagner futur si une loi de santé publique, digne de ce nom, venait à restreindre, contraindre la vente de tabac.

Taxes cigarettesOn apprécie déjà le grand écart, voire la schizophrénie se traduisant par des injonctions paradoxales entre le ministère de la santé et celui des finances dont les intérêts sont curieusement antagonistes; les conseilleurs n’étant pas les payeurs, c’est à ce jour Bercy qui mène la danse mais c’est aussi à l’assemblée nationale que l’on influence les lois sur le tabac; ainsi le club des parlementaires fumeurs de cigares.

Comment sortir de ce dilemne ? Ne pourrait-on envisager, dans le cadre d’un consensus national, de ménager la chèvre et le chou et d’envisager une stratégie à moyen terme visant à la réduction effective de la consommation du tabac tout en indemnisant les buralistes victimes du manque à gagner?

Alors soyons fous et imaginons que l’Etat français décide de lancer un plan Marshall antitabac, en s’appuyant sur un financement par la sécurité sociale et les mutuelles de santé, prévoyant une indemnité compensatrice au prorata des efforts réalisés pour diminuer la consommation de cigarettes.
Préservatifs à 1€En y associant l’incitation à la substitution du tabac par la cigarette électronique, à la norme AFNOR bien sûr, voire un encouragement des assurances maladie qui sponsoriseraient l’achat de la première cigarette électronique à 1€ (a l’instar des préservatifs comme suggéré par un Tweeter). En d’autres termes, de décider d’investir dans la prévention du tabagisme en espérant un retour sur investissement fondé non seulement sur les coûts directs induits par les dommages collatéraux du tabagisme mais également sur les coûts indirects (absentéisme, indemnités journalières, continuité des affaires,…). Et pourquoi pas tenter l’expérience d’un remboursement de la première cigarette électronique sur prescription médicale par un addictologue ou un médecin généraliste?

Sortons du dogmatisme légendaire de la France pour encourager le pragmatisme tel qu’appliqué au Royaume Uni (référence au rapport PHE publié en Aout et démontrant que l’e-cigarette est 95% moins nocive que le tabac de cigarette). Visons les résultats quel que soit le moyen utilisé pour atteindre des objectifs réalistes en santé publique.

Pour une vraie politique anti #tabac en santé publique

Une Politique de santé publique est un acte fort d’un gouvernement qui souhaite imposer une vison durable au travers de missions spécifiques et d’objectifs en santé.

Derrière cette politique qui cadre le sujet, ici la lutte contre le tabagisme, c’est tout un système de management de la santé publique qui doit se décliner. Celui-ci comprend par essence une mission, des objectifs atteignables, des moyens (humains, financiers, matériels), une évaluation des risques et des impacts du tabac sur la santé, un suivi des actions et la mesure des résultats. Le passage en revue régulier pour adapter si besoin la politique à la réalité du terrain.

lire: Ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé publique

Nous y découvrons les sphères d’influence, publiques et privées, les conflits d’intérêts et les lobby de toutes sortes. A cela, il convient d’ajouter le triste héritage de l’Etat français en tant que producteur et vendeur de tabac (Seita) comme déjà évoqué dans L’Etat français,le tabac et les cigarettiers…

Nous assistons ces dernières semaines à des joutes verbales, des manifestations de buralistes, de prise de position de nos politiques mais aussi et c’est en la matière le plus important, de réactions de nos professeurs en santé publique qui, à l’instar du PHE anglais, sont de véritables observatoires de la santé en matière de tabac et de ses conséquences désastreuses sur la santé. Parmi les nombreuses voix qui s’élèvent, j’en ai volontairement choisi trois:

LPr.Dautzenberge Pr Dautzenberg, pneumologue et ancien responsable de l’OFT (Office français de prévention du tabagisme) qui s’est exprimé récemment face à un buraliste à propos du paquet neutre

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Le Pr Flahaut, médecin en santé publique et enseignant à l’université de Genève qui a pris clairement position en faveur de l’usage de la cigarette électronique depuis des années en appelant à une politique de santé publique réaliste.

Dernièrement, la prise de position du Pr Didier Raoult : “une politique puritaine, à l’encontre de la santé publique” 

Quels sont les piliers sur lesquels appuyer une politique anti-tabac?

1. des Interdictions:

  • de fumer dans les lieux publics et au travail;
  • de vendre du tabac ou des e-cigarettes aux mineurs (- de 18 ans);
  • de faire de la publicité.

2.des réglementations ou décrets d’application:

  • définir les interdictions par textes réglementaires (code pénal, code du travail, réglements intérieurs,).
  • prohiber la contre-bande et la contre-façon.voir Alain Bauer
  • Imposer des normes qualité AFNOR pour les produits de substitution.

3.des incitations et des motivations au sevrage:

  • financière: augmenter le prix du paquet >10€
  • qualité de vie, bien-être:sortir de la dépendance et de l’addiction au tabac (pas à la nicotine, il faut bien le reconnaître)

4.une communication ciblée sur la prévention:

  • redonner sa place à l’INPES
    • un message à l’adresse des jeunes:prévenir l’addiction (tabac,alccol et drogues)
    • un message pour les adultes:les facteurs de risque pour la santé
    • jouer sur la convivialité et le vivre ensemble fumeur/non fumeur (tabagisme passif)

#tabac: E-cigarette ou la médecine fondée sur la preuve

En cette période de rentrée, le ministère de la santé met en place une campagne de communication et d’information sur le sevrage tabagique. L’intention est certes louable mais la forme comme le fond sont discutables.

Il est légitime de s’interroger sur le sens à donner au prochain projet de loi santé: on attendait un discours fort, engagé et reposant sur des actions d’envergure…la montagne accouche d’une souris: un paquet de tabac neutre, l’interdiction de fumer dans les jardins d’enfants, la réactivation du site Tabac info service au 3989 pour inciter les fumeurs à arrêter et dissuader les jeunes?

Grece-non-fumeur

Au XXI° siècle, il existe des moyens plus adaptés, plus efficaces, plus attractifs pour aborder le sevrage tabagique. Mais surtout, en santé publique, la médecine est fondée sur la preuve!

  1. Pas de logique politicienne mais une politique de santé publique, s’appuyant sur des études cliniques, des statistiques qui constituent l’épidémiologie. La Grande Bretagne occupe les premières places en la matière et nul ne viendrait contre-dire un rapport rédigé par la Public Health England (PHE) qui prend clairement position en faveur de la cigarette électronique sauf hélas un éditorialiste du Lancet qui a préféré garder l’anonymat.
  2. De son côté, la France a eu l’intelligence de s’adresser à l’AFNOR pour établir deux normes concernant la cigarette électronique et les recharges de nicotine: Cigarettes électroniques et e-liquides : les normes publiées vont structurer le marché. =>Améliorer la sécurité des consommateurs.

sur le blog de l’@AFNOR CIGARETTE ÉLECTRONIQUE : DÉBUT DU TRAVAIL POUR ÉLABORER DES NORMES EUROPÉENNES

e-cigarette

Curieusement, tout ce travail scientifique, fondé sur une démarche d’amélioration continue de la qualité et sur la protection des utilisateurs reste complètement ignoré par le gouvernement et pire, absent du site Tabac info service. On ne peut rêver mieux en matière de désinformation et de déni de la réalité.

Plusieurs professeurs en santé publique, pneumologues français ont déjà pris position en faveur de l’utilisation voire de la promotion de l’E-cigarette comme l’un des moyens de sevrage les plus efficaces mis à la dispositon des fumeurs.

Au total, de quelle crédibilité, Madame la ministre de la santé, disposera-t-elle devant l’Assemblée Nationale et le Sénat pour justifier son projet de loi anti-tabac? Il faudra qu’elle ne manque pas de souffle pour le défendre.

Du Paradoxe français à propos de l’e-cigarette et du #tabac

Pourquoi, en matière de santé publique et d’épidémiologie, la France est-elle toujours en retard d’une guerre? Les français préfèrent s’enfermer dans un conformisme mou doublé d’un dogmatisme plutôt que de suivre l’exemple britannique très orienté vers le pragmatisme et l’efficacité démontrée par la performance clinique.

E-cigarettes: an emerging public health consensus ou l’émergence d’un consensus en santé publique sur l’e-cigarette.

De même en matière de sevrage tabagique, qui n’est pas une mince affaire lorsque l’on rappelle qu’un fumeur sur deux mourra d’un cancer, on préfère ne retenir que les aspects négatifs de l’utilisation de la cigarette électronique comme outil de sevrage tabagique plutôt que d’en encourager l’usage.Pourquoi?

e-cig

La peur, non démontrée scientifiquement, que l’E-cigarette favorise les jeunes ados à consommer ultérieurement du tabac. Cette peur, non rationnelle, efface d’une volute de fumée, tous les bienfaits attenants à l’E-cigarette.

grandebretagne_ecigaretteJe fais bien sûr référence au rapport du PHE (Public Health England) sur la réduction de 95% des risques liés au tabac en incitant au passage à l’E-cigarette.Rapport de l’agence anglaise de santé publique (PHE). Le PHE n’est pas n’importe qui et l’impact en terme de santé publique est loin d’être négligeable; excusez du peu…même si certains esprits scientifiques mal intentionnés ont tenté en vain de discréditer la qualité du rapport dans un éditorial honteux car anonyme du Lancet.

Par comparaison avec nos voisins britanniques et en référence à la langue de Shakespeare, nous devons nous interroger sur le fait d’en être ou de ne pas en être; là est la question.

Que fait la France, son président et son gouvernement pendant ce temps-là? Ils tergiversent sur le paquet neutre au centre des mesures de la loi anti-tabac. Silence du côté des parlementaires, rompus à la discipline (pour certains) et à la loi du silence. Est-ce ainsi que s’exprime notre démocratie et nos faiseurs de lois? Dommage.

Dernière minute (3/9/2015), le ministère de la santé informe par le biais d’un communiqué, de la mise en place de Tabac Info service au 3989, unique survivant de l’OFT (Office français de lutte contre le tabagisme). A la surprise de tous les professionnels de santé et des communicants en charge de la santé publique, aucune référence à la cigarette électronqiue…comme si elle n’existait pas. Incroyable mais vrai!

voir E-cig ou la médecine fondée sur la preuve.

3989 ou l’e-cigarette oubliée par Jean-Yves Nau.

Cigarette électronique et politique : François Hollande et Manuel Valls soumis à la question Blog de Jean-Yves Nau.

 Il est vrai que l’état français n’a pas encore fait le deuil de son passé de cigarettier;voir L’état français,le tabac et les cigarettiers.

Comment la France peut-elle être aussi mauvais élève de l’Europe?