#Covid19 et l’histoire d’un masque: When my dream comes true…

Once upon the time…

En ces temps de morosité, on a envie de belles histoires qui finissent bien; un happy end à l’américaine à la mode française, un conte de science-fiction qui se passe de nos jours.

Tout a commencé durant des vacances idylliques aux Seychelles, début février, en pleine pandémie de covid19, sur l’ile de la Digue (petit paradis sur terre), connue pour le snorkeling et sa faune maritime à proximité des plages…

Je m’étais fait offrir un masque et des palmes pour apprécier cet aquarium naturel; affrontant le ridicule, j’ai vite apprécié les qualités visuelles et respiratoires du masque Décathlon au point d’en imaginer un autre usage, moins festif et plus médical. Nous avons été deux à y songer au même instant puis à en partager l’idée: et si on adaptait ce masque pour en faire un équipement de protection individuel (EPI) pour se protéger du Covid19?

Que voila une idée qu’elle est bonne!

Et telle une bouteille lancée à la mer, j’ai décidé de soumettre l’idée sur LinkedIn fin février. A ce jour, plus de 2100 vues; not so bad pour un post en forme de défi à l’innovation et de provocation devant l’absence de moyens mis à la disposition des soignants de première ligne dans les services d’urgence et de réanimation. J’avais déjà travaillé sur le sujet des EPI et des masques de protection à l’occasion de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest…

Vogue la galère et pendant ce temps l’Italie fait face à une catastrophe sanitaire sans précédent et devient dépassée par la capacité de réponse et d’accueil en service de soins intensifs; qu’à cela ne tienne, la société ISinnova a su reprendre l’idée pour son compte, avec l’accord et le soutien de Decathlon, obtenir la fiche technique CAD du produit phare pour en adapter l’usage à des fins thérapeutiques; en faire un respirateur à pression positive. Mieux, basé sur l’utilisation d’une imprimante 3D, cette société met à présent à disposition et sans droits, tout le nécessaire pour reproduire et fabriquer les valves respiratoires à fixer sur le masque. L’explication en détails dans cette vidéo: https://youtu.be/w4Csqdxkrfw

Ainsi j’aime à croire, et cela ne coûte rien, que notre bouteille est arrivée à bon port et que des ingénieurs/designers ingénieux ont su apporter une réponse pratique à ce qui n’était qu’un rêve et un défi à l’intelligence humaine que je sais sans limite et en complément de l’intelligence artificielle (IA). J’apprécie d’autant plus la démarche qu’elle est dépourvue d’un intérêt commercial et donc à visée purement humanitaire.

Oui nous n’avons toujours pas de masques de protection respiratoire en France mais nous avons des idées!

 

 

 

#gescrise et Bataclan: Réflexion sur une force sanitaire d’intervention rapide.

Le rapport de la commission parlementaire sur les attentats de novembre 2015 à Paris, dont le principal a été perpétré au Bataclan (130 victimes décédées) est l’occasion de revoir les moyens à mettre en oeuvre et les axes d’amélioration à apporter aux dispositifs existants.

Témoignages:

À 22h48, l’équipe rapide d’intervention (ERI) du RAID – qui compte neuf hommes – parvient au Bataclan. Cette équipe est accompagnée de médecins. Dotés de gilets et de casques de protection, les deux médecins de pénétration du RAID portent assistance aux blessés situés dans la fosse, sous couverture armée, et coordonnent le dispositif d’extraction des blessés, avec le concours des policiers déjà sur place. Ils réalisent sur les victimes des gestes de sauvetage immédiat et de damage control pré-hospitalier, en posant pansements compressifs et garrots tourniquets. Aucun geste de sauvetage ne devait cependant retarder l’extraction vers le « nid de blessés », la priorité étant de sortir les victimes de la zone de combat.

Dans le hall, les médecins du RAID et de la BRI de Paris ont pour rôle prioritaire de gérer le flux constant de blessés et d’organiser leur évacuation, par ordre de gravité, vers les PMA. La coordination avec les sapeurs-pompiers a été constante. Ainsi que l’a expliqué le général Philippe Boutinaud, commandant de la BSPP, le professeur Denis Safran (BRI) venait le voir directement rue Oberkampf pour demander, notamment, des brancards supplémentaires .

Une des propositions adoptées sera de disposer de “colonnes d’extraction de victimes” ou force rapide d’intervention médicale pour venir au plus près des victimes en milieu périlleux et non sécurisé.

Compte tenu du risque non négligeable de sur-attentat et en présence de nombreuses victimes hémorragiques, l’évacuation rapide des blessés constituait une priorité évidente le soir du 13 novembre. Mais pour être efficace, elle devait néanmoins être précédée d’un triage et d’une première médicalisation sur le site.

De : ” On prend et on part “, nous sommes passés à : ” On prend, on trie et on part vers le lieu le plus approprié “ » a résumé M. Patrick Pelloux 

Il serait bon, avant toute chose de rappeler quelques principes:

  • ne pas exposer inutilement des sauveteurs-secouristes
  • ne pas exposer les ressources médicales indispensables

De même, il existe deux paragdimes en matière de prise en charge initiale des polytraumatisés et blessés à pronostic vital engagé à court terme:

  1. américain: ramassage et évacuation au plus rapide et au plus près.
  2. français: service médicalisé sur le lieu d’accident pour stabilisation.
PMA Pompiers

Poste médical avancé des pompiers

MASHEn combinant les deux principes et considérant que la méthode américaine a fait ses preuves dans le civil comme dans l’armée, on pourrait proposer de constituer un corps d’élite de secouristes-sauveteurs aguerris aux situations à risques (y compris biochimiques et radiologiques) et environnements hostiles (explosions, tirs) dont la mission est uniquement d’extraire les victimes à terre, immobilisées,  pour les évacuer vers le poste médical avancé où sont positionnées les équipes médico-chirurgicales pour effectuer le tri puis l’orientation des victimes en fonction de la gravité des lésions.

Le médecin-chef de la BSSP, le professeur Jean-Pierre Tourtier, a expliqué à la commission d’enquête, en se fondant sur les statistiques de la médecine de guerre – où les militaires bénéficient donc de protections – que, après une blessure par balle, quasiment une mort sur deux survenait dans les cinq premières minutes, les trois quarts survenant dans les trente premières minutes.

SAMU_15A l’instar du film MASH (Mobile Army Surgical Hospital), le SAMU tout comme l’EPRUS (Etablissment de préparation et de réponses aux urgences sanitaires) ont les capacités logistiques, techniques et les ressources humaines pour acheminer sur place et dans des délais brefs, une structure pré-hospitalière pour prendre en charge les blessés intransportables avant leur stabilisation sur site.

EPRUS

Le général Philippe Boutinaud a pour sa part expliqué que la question était de savoir si l’on pouvait inventer des forces de sécurité qui soient également secouristes ou s’il fallait faire des secouristes des membres des unités d’intervention

L’avenir passera également par l’utilisation de robots humanoïdes qui assureront le brancardage et le transport de blessés avec reconnaissance des lieux et identification des menaces:

Mais en attendant ce futur immédiat, la solution réside dans la mise en place d’un corps d’élite issu d’une formation militaire, surentrainée tant en premiers secours à la façon des paramedics américains que de conditions de survie en mileu hostile, façon forces spéciales; suréquipée également en équipement de protection individuel (EPI) adapté à chaque configuration du risque. Organisés en binômes, ils assurent le ramassage et l’évacuation des victimes vers le PMA situé au plus près de la catastrophe.

Gardons à l’esprit cette “Golden Hour” ou première heure qui fait suite à un traumatisme grave mettant en jeu le pronostic vital de la victime; cela impose de trouver les moyens pour répondre à cette condition, la première étant d’accéder à la victime puis de l’évacuer vers un endroit sécurisé et médicalisé.