#Tabac dans les collèges et lycées: Fumer peut tuer…pas seulement en état d’urgence.

Assez surprenant le discours tenu par des responsables d’établissements en charge de l’éducation nationale; lire Jean Yves Nau et sa tribune sur l’autorisation de fumer dans les collèges et lycées durant l’état d’urgence (qui pourrait cesser dès la fin 2017).

Il ya peu et dans le cadre de l’Etat d’urgence, la mobilisation des enseignants, soutenus par l’ex ministre Najat Vallaud-Belkacem, se faisait en faveur de la formation de secourisme et d’exercices de préparation à des attaques terroristes.

Aujourd’hui, on voudrait nous faire croire que fumer à l’extérieur d’un établissement scolaire comporte un risque très important d’attaque terroriste: un danger grave et imminent qui pourrait conduire à un droit de retrait?

On sait depuis des années que le tabac tue; environ 78.000 français meurent chaque année du tabac et un fumeur sur deux mourra d’un cancer. Des chiffres qui parlent!

Mais combien de lycéens ou collégiens fumeurs tués devant leur établissement par des terroristes?

Est ce bien raisonnable de la part de “responsables” d’établissement scolaires de placer au même niveau un risque de santé publique que représente le tabagisme (sans compter le tabagisme passif) avec le risque d’une attaque terroriste? Si le risque vital était aussi élevé, alors il conviendrait d’affecter des forces armées de Vigipirate devant chaque collège et lycée.

Doit on considérer que fumer une cigarette est un droit pour les mineurs scolarisés et quelle place entend jouer l’éducation nationale dans la sensibilisation à l’éducation pour la santé de nos enfants. Il est vrai qu’un effort pourrait être fait pour faciliter la présence des associations de lutte contre le tabagisme à l’intérieur des établissements. De même, pourquoi ne pas saisir l’occasion pour lancer un programme d’études sur l’utilisation de la cigarette électronique, cette fois ci, à l’intérieur des établissements; le but en serait de démontrer son caractère inoffensif pour le vapoteur comme pour la communauté gravitant autour et de surveiller l’incidence du passage de l’e-cigarette à la consommation de tabac. Une enquête épidémiologique de santé publique, visant la prévention que notre ministre de la santé ne pourrait voir que d’un bon oeil.

Car enfin, doit on soutenir le droit à fumer durant les heures de cours? Ou bien inciter à ne plus fumer du tout par une aide et un soutien des pouvoirs publics? Que les buralistes aient leur mot à dire dans cette hisotire est encore plus consternant et non dénué d’arrière-pensées mercantiles délétères.

Enseigner le bon sens fait il aussi partie du programme de l’éducation nationale?

#attentatNice: Quand le silence se mue en huées

Moment d’hommages et de recueillement à l’issue de trois jours de deuil national, en ce lundi 18 juillet 2016, la minute de silence s’est brusquement transformée en huées, certes poussées par des militants politiques d’extrême droite mais pas uniquement; le français, dans sa majorité ressent le besoin d’exprimer sa colère contre le politique.

Que se passe-t-il après l’attentat de Nice qui explique la rupture de l’union nationale dite “union sacrée”?

  • Une perte de confiance en ses dirigeants et en ses politiques, de tous bords au demeurant.
  • Un sentiment de lassitude et d’épuisement.
  • Un constat d’échec de l’ Etat d’urgence.
  • Un sentiment d’insécurité sur le territoire français.

salafismeMalgré une escalade dans les mesures sécuritaires depuis l’annonce de l’Etat d’urgence, on comprend que les moyens tant en hommes, en matériel et financiers vont manquer pour calmer les critiques et la vindicte populaire. Il convient à présent de revoir la copie de la lutte contre le terrorisme et d’y intégrer des éléments nouveaux; comme souligné par Gilles Kepel, politologue, le logiciel du terrorisme a changé. Par ses actions isolées, revendiquées sur le tard par DAECH/Etat Islamique, le terrorisme salafiste s’auto suffit et s’autogère au travers d’une propagande et d’une idéologie de violences diffusées par les réseaux sociaux et sur internet. Les âmes sensibles aux chants des sirènes d’une utopie ou d’un idéalisme partiellement fondé sur la religion islamique, transgressent les principes moraux et religieux au nom de cet intégrisme radical qu’est le salafisme.

Morale laique

Que manque-t-il aujourd’hui au citoyen français atteint dans sa chair et son sang?

  • de retrouver une morale en politique, du sens civique et une vison de l’avenir; pas un “ça va mieux” ou des injonctions paradoxales du gouvernement.
  • de dynamiser et “déringardiser” le Patriotisme français: partager des valeurs républicaines et le respect de l’étendard symbole d’une fierté.
  • de redonner toute sa place à la laïcité en dénonçant la radicalisation intégriste salafiste mais en évitant un amalgame avec l’Islam.

patriotisme françaisC’est autour de ces valeurs que se recréera l’union nationale, non pas dans un esprit de communautarisme ou de récupération politique de l’extrême droite, mais bien de se réunir comme pour la manifestation de Charlie autour d’un étendard sanglant…

nous sommes tous Charlie

Halte à la polémique politicienne; halte à la barbarie. Chaque français doit se sentir touché dans sa chair et réaliser que cela peut être vous ou moi la prochaine victime du terrorisme si nous ne faisons rien.  A l’instar de JF Kennedy, ce que j’attends d’un homme d’état responsable politique c’est ce fameux discours:

“Ne demandez pas ce que l’Amérique peut faire pour vous, demandez plutôt ce que vous pouvez faire pour l’Amérique”.

Quel homme d’Etat français en 2016/2017 incarnera l’espoir d’un avenir de paix?

#etatdurgence ou quand la fin justifie les moyens…

Certains se réveillent ce matin avec la “gueule de bois” après la finale manquée de la France à l’Euro 2016; d’autres se réjouissent de la fête qui a entouré cet évènement sportif avec peu de conséquences en terme de sécurité, sauf à exclure rapidement les hooligans anglais et russes.

Pour autant, peut-on traduire l’absence de catastrophes ou d’incidents critiques comme une surestimation des risques pour la sûreté de l’Etat. En d’autre termes, la non réalisation du risque fait elle disparaître a posteriori la menace qui pèse sur la France? La réponse est bien évidemment NON.

 On entend dire ici et là dans les médias qu’il faut laisser les sportifs s’occuper du sport et aux politiques faire de la politique sans chercher à tirer parti d’évènements sportifs populaires; ce que nous appellerions de la politique politicienne ou du populisme. Sans trop nous éloigner du sujet, la question en suspens est de s’interroger sur la pertinence des mesures mises en place d’une part, au travers de la proprogation de l’Etat d’urgence; de l’autre, Fan zone euro_2016autoriser les fans zones avec ses 92.000 personnes parquées se trouve-t-il plus justifier aujourd’hui qu’hier au motif que tout s’est passé sans incidents majeurs? La réponse est bien évidemment NON, car la menace n’a pas disparu d’un coup de baguette magique ou d’un coup de pied dans un ballon de foot. Il en va également d’une cohérence dans la politique sécuritraire déjà mise à mal lors des manifestations contre la loi travail. Ces lieux de rassemblement de masses restent une incongruité au plan de l’analyse des risques et des menaces terroristes; le nier est une erreur grave, même pour satisfaire un clientélisme et des sponsors.

La sécurité a non seulement un prix mais elle coûte plus qu’elle ne rapporte aux gestionnaires de crise. Mais c’est le prix à payer pour une assurance toute relative car le risque zéro n’existera jamais, même pas en rêve…

#etatdurgence: de l’injonction paradoxale comme facteur anxiogène au sommet de l’Etat

Au lendemain d’une fête de la musique mise en sourdine pour cause de…(choisir le motif qui vous convient), nous assistons ce 22 juin à une cacophonie gouvernementale s’agissant d’interdire ou de ne pas interdire la manifestation du 23 juin.

génie de la BastilleAhurissant concert de protestations des uns et des autres, syndicats ou partis politiques, de gauche comme de droite à l’annonce de l’interdiction. Finalement et à défaut de se réunir à la Concorde, c’est autour du génie de la Bastille que le défilé prendra lieu et place; une belle reculade qui ne va pas sans désavouer Monsieur le Préfet de police de Paris mais assumée par son ministre de l’intérieur. On notera également au passage comment le gouvernement, sous la baguette du Premier Ministre ne se prive pas non plus de passer outre la volonté présidentielle. François Hollande avait pourtant annoncé sa volonté d’interdire au motif de l’absence de garanties de sécurité pour le maintien de l’odre public; il faut donc croire qu’en moins de 24H, ces garanties sont produites par les organisations syndicales représentatives.

interdit d'interdirePlus sérieusement, on est en droit de s’inquiéter sur la gestion des risques en matière de sécurité et de sureté intérieure. Qui mieux que les personnes sur le terrain voire le front peuvent évaluer les risques et apprécier les moyens à mettre en oeuvre pour les contrôler? Or on assiste à un micromanagement du ministre, sur ordre de son Premier ministre, qui se substitue à son Préfet pour prendre la décision finale. Pour y parvenir, et avec le brio que l’on sait en terme de communication de ce gouvernement, nous assistons à une succession d’ordres et contre-ordres

“Il est interdit d’interdire.”

Sorbonne; mai 1968

Amusant que cet aphorisme refasse interdit d'interdire!surface en pleine contestation sociale sur le projet de loi du travail et du dialogue social. Destiné à combattre l’autoritarisme, il vise aujourd’hui le Premier ministre taxé d’excès d’autorité. Confusion entre droit de grève, droit inscrit dans la Constitution et droit de manifester qui relève de la déclaration des droits de l’homme et du code pénal.

Il règne comme un climat d’anarchie qui ferait pâlir d’envie ou de nostlagie Mr Cohn Bendit. En période de risques intenses et élevés qui génèrene tout à la fois stress et fatigue, est-il bien nécessaire et utile de rajouter une couche d’incertitudes par des injonctions paradoxales nous adressant aux forces de l’ordre? En management, ce type d’injonction correspond à une impossibilité de diriger correctement une société avec une vision, une stratégie et des valeurs. Cela nous ramène à notre bonne et vieille V° République qui arrive à bout de souffle et dont les valeurs sont bafouées: Liberté, Egalité, Fraternité. Tout ceci semble un peu dépassé ces derniers temps…

#etatdurgence et manifestations CGT-FO: jusqu’où?

Que cherchent par leur jusqu’au-boutisme, les syndicats opposés à la loi El Khomri?

  • un coup d’état (médiatique)?
  • défier l’autorité, non de l’état mais du gouvernement Valls?
  • pousser la population à manifester dans la rue?

Manifs interdites CGT_FOLe bras de fer qui risque de se terminer en bras d’honneur des syndicats envers le gouvernement est malsain et contraire à l’esprit de la loi contestée (voire mort-née) qui instaure le dialogue social. Plus qu’un déni de démocratie, de part et d’autre il faut bien l’admettre, c’est à un hold-up syndical auquel nous assistons. Les enjeux de part et d’autre deviennent si intenses qu’il en va d’une question de vie ou de mort. Faudra-t-il en passer par un ou plusieurs morts sur le champ de bataille des manifestations pour prendre conscience de l’irresponsabilité de certains à vouloir mettre le feu aux poudres d’une situation explosive? Car le sujet devient vital pour le gouvernement comme pour la CGT et FO.

Pourquoi chercher à braver l’autorité de l’Etat et du ministre de l’intérieur qui, parfaitement dans son rôle et dans le droit, décide d’interdire une manifestation (et non toutes les manifestations) en raison d’un possible trouble à l’ordre public et en plein Etat d’urgence maintenu à l’occasion de l’Euro de football?

dialogue social 2Pourquoi engager cette nouvelle épreuve de force alors que plusieurs grèves et manifestations ont déjà eu lieu? Pourquoi les partis politiques n’arrivent-ils pas à reprendre le flambeau si contestation il y a de l’opinion publique pour débattre au Sénat puis à nouveau à l’Assemblée Nationale sur le fond de la loi de modernisation du dialogue social? Pourquoi prendre le risque d’affrontements aussi bien verbaux que physiques dans un environnement où la mondialisation ne doit pas être confondue avec le chant de l’internationale socialiste pour une lutte finale même si c’est aujourd’hui la fête de la musique.

dialogue socialSi le dialogue social doit se résumer en un simple rapport de forces et de conflits à coups de grèves puis de pavés lancés sur les forces de l’ordre, alors le syndicalisme n’a plus sa place dans les négociations et le paritarisme aura vécu. Au delà du principe de responsabilité qu’anime tout dirigeant (politique ou syndical), c’est à une paix sociale et non à un combat de rue que la société civile aspire même si l’air est très pollué par les fumigènes et bombes larymogènes. Il est urgent de revenir autour de la table pour discuter entre personnes de bonne compagnie.

Quelle responsabilité de l’#Etatdurgence?

Responsabilité politiqueLe temps des responsables? Essai publié par Alain Etchegoyen nous rappelle que toute décision implique d’en supporter la responsabilité; il en va de même en politique.

En décrétant l’état d’urgence avec la ferme intention de l’inscrire dans la Constitution, le Président de la République s’est engagé dans la voie de la sécurité par des moyens exceptionnels et renforcés, au prix d’une atteinte aux libertés individuelles et citoyennes pour raison d’état. Il s’agissait à l’époque de répondre aux actes terroristes commis à Paris en novembre 2015. Protéger les citoyens conduit à maintenir dans la durée des mesures libercitides qui s’accompagnent d’interdictions: rassemblements, manifestations sont en principe réprimés par la force publique.

Nous n’aurons jamais vu autant de rassemblements (Nuit debout), de manifestations organisées par les syndicats à l’occasion de grèves à répétition et reconductibles.

Un malheur n’arrivant jamais seul, une succession d’évènements imprévus (inondations par crue de la Seine) ou prévus (Euro 2016 de football) aboutissent à mobiliser les forces de police et de secours.

Dès lors, des questions se posent sur l’anticipation et la gestion de crise en situation d’exception ou de catastrophes, sur la capacité à évaluer les risques d’une dégradation de la sécurité publique.

  • Que penser des fans zones réunissant 90.000 personnes au même endroit et au même moment?
  • Que penser du sponsoring de l’Euro par un fabricant d’alcool vendu dans les enceintes sportives?

Doit-on dès lors être surpris par les débordements conduisant:

  • émeutes Marseilleà des émeutes voire une guerilla dans les rues de Marseille;
  • à des attaques en règle de vitrines, véhicules et mobilier urbain;
  • des risques d’attentats (dont un réalisé à Magnanville).

“Gouverner,c’est prévoir”. Voici une citation mettant en avant la place de la gestion des risques dont nos dirigeants politiques actuels devraient bien s’acquiter. Peut-on admettre que le prix d’une paix sociale se paye au détriment et du dialogue social en entreprise et en privilégiant l’excercice du droit de grève alors que d’autres libertés sont bafouées simultanément (liberté d’expression et de la presse, liberté de circulation, liberté de travailler pour les non grévistes) ?

Que reste-t-il des fondements de la V° République inscrits sur les frontons de nos monuments publics: Liberté, Egalité, Fraternité?

Devant les menaces qui se précisent aujourd’hui, d’un attentat imminent visant la France, il serait responsable de prendre des décisions en vue de renforcer la sécurité des français en concentrant les moyens de police et gendarmerie, les pompiers et les secours sur les cibles potentielles quitte à contrarier des supporters ou des manifestants grévistes:

  1. Fermeture des fans zones
  2. Interdiction des manifestations et rassemblements publics

C’est le prix à payer pour notre sécurité en période de guerre contre l’Etat Islamique.

#Etatdurgence: La réforme ou la chienlit?

En ces heures un peu troubles en plein état d’urgence reconduit et alors que les politiques se réfèrent à De Gaulle, rappelons la citation:

“La réforme oui, la chienlit,non!”

Général De Gaulle

Il y a de quoi être surpris par les évènements actuels, le blocage des dépots de carburants voire des raffineries en plein état d’urgence.

France_Etat d'urgenceL’état d’urgence va-t-il se transformer en couvre-feu ? Pour rétablir l’ordre public et la libre circulation entravée par les actions répétées, aux limites du harcèlement, d’un syndicat qui perd régulièrement, inexorablement de sa représentativité. S’il existe bien un droit de grève, il n’en existe pas moins un droit au travail. Comment une minorité peut-elle entraver le fonctionnement d’une entreprise, d’une société civile? Cela donne du sens et du grain à moudre au principe d’inversion de la hiérarchie des normes pour contourner l’hégémonie des syndicats. Curieuse stratégie poursuivie par ce syndicat, en pleine tentative de réforme du dialogue social;ministre surrealiste d’un autre côté, curieuse attitude d’un gouvernement qui a recours au 49.3 pour faire passer ses lois en pleine explosion de sa majorité parlementaire. Un côté surréaliste voire Ubuesque. De part et d’autre, on nous prive de libertés: entre déni de la démocratie et abus de pouvoirs, la société civile est prise en otage et en sandwich ce qui la pousse à manifester debout et la nuit…

ubuesque

Il y avait un risque à dénaturer le projet de loi El Khomri portant sur la réforme du droit du travail. Le risque est aujourd’hui avéré et ce sont maintenant des mesures correctives voire de sauvegarde qu’il convient de mettre en place pour éviter une explosion sociale. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…?

#etatdurgence et éléments de langage politique

A quelques mois d’intervalle, le temps de voter un texte législatif pour prolonger l’état d’urgence, Le premier ministre a recours à des éléments de langage surprenant et inquiétant, inadaptés et maladroits.

loi travailSouvenons nous de son discours devant l’assemblée nationale où il avance l’hypothèse de l’utilisation d’armes chimiques ou biologiques par les terroristes (sans préciser les mesures de protection et de prévention); de l’interdiction de manifestations ou de rassemblements publics : Après les grèves et défilés des anti loi El Khomri, rassemblements “nuit debout” place de la Républque, on prépare l’accueil dans les fans zones pour la coupe européenne de football.

Dans le même temps, le ministre de l’intérieur annonce la mise en commun de moyens et la nouvelle gestion des forces d’intervention BRI, GIGN, RAID et organise aussitôt un exercise de crise en simulant une attaque dans la gare Montparnasse.

Raid,Gign,Bri

Après l’échec politique du projet de modification de la constitution autour de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité pour les crimes de terrorisme; que fait notre premier ministre averti, briefé par ses chargés de communication? Il compare les négociations en cours tant sur la loi travail que sur la refonte de l’UNEDIC à une prise d’otages, pointant du doigt l’attitude du MEDEF Medef et gouvernementqui menace de se retirer. Chaque partie prenante cherche à imposer son point de vue et ses revendications; c’est la loi du genre du paritarisme et de la négociation. Pour autant il n’y a pas de passage en force tel que peut le faire un gouvernement avec le dispositif législatif du 49.3 pour faire adopter une loi contestée et amendée. Les députés et sénateurs pourraient tout autant arguer d’une prise d’otages de la repésentation nationale. Encore une maladresse ou le recours à des éléments de langage savamment orchestrés?

#attentatbruxelles et #etatdurgence : Quand les politiques s’en mêlent…

1261922646_B978184998Z.1_20160322164824_000_G9U6EPABM.2-0Pour reprendre un slogan publicitaire de la revue Paris-Match: “Le poids des mots, le choc des photos”; inutile de tomber dans ce travers de voyeurisme d’un côté et de l’autre, la surenchère médiatique et spéculative plus que politique.

Au moment de rendre hommage aux victimes des attentats, de respecter le deuil des familles et de se recueillir en silence, qu’il est insupportable d’entendre des voix railler les insuffisances des uns et des autres en oubliant de se regarder dans un miroir…

C’est à la fois indécent et stupide de commenter à chaud une actualité dramatique, en espérant tirer parti de la situation et de la tribune médiatique pour faire passer un discours, des idées ou un programme politique. C’est totalement déplacé, maladroit et irresponsable.

Place au recueillement en premier, au silence et à la réflexion. Place aux victimes pour leur venir en aide et en soutien sur le long terme. Place aux services d’urgence, secouristes, pompiers et policiers venus porter assistance et sauver des vies.

Et HONTE aux quelques uns qui ont violé ce nécessaire silence en prononçant des mots ou un discours déplacés, nauséabonds, impudiques et malsains. Chez ces gens là, comme le disait si bien Jacques Brel, “on ne pense pas, Monsieur, on ne pense pas”…

Inutile de les nommer (Name & Shame); ils se reconnaitront!

#Etatdurgence : Acte II ou quand l’urgence se fait attendre.

Certes les attentats terroristes de 2015 justifient la proclamation initiale de l’Etat d’Urgence! Certes cet état justifie la transgression de certaines règles républicaines et démocratiques avec l’atteinte à certaines libertés dans le but de protéger les français, d’assurer la sécurité intérieure de la France.

état d'urgence et libertés

Pour autant, y a-t-il matière pour modifier notre constitution et y faire figurer l’état d’urgence? Est-ce bien une priorité républicaine ou simplement une opportunité politique? On peut légitimement s’interroger sur les intentions dès lors que s’y associent des mesures liberticides destinées à protéger la démocratie: antinomique.

La déchéance de nationalité est un sujet qui divise, à l’intérieur même des partis politiques. Il serait bon de s’interroger sur l’impact que représenterait l’inclusion d’une mesure dégradante et punitive comme faire valoir de fondements de la République. C’est un mal très français que de concevoir le fonctionnement des sociétés sous un angle négatif.

Les anglo-saxons évitent ces pièges tendus par les communicants pour sombrer dans le pessimisme ou noircir le tableau; à titre d’exemple, ils parlent de bien-être au travail là où nous employons le mot mal-être…cela en dit long.

 Si une telle mesure comporte une valeur symbolique, s’interroger sur sa portée réelle et donc sur sa pertinence en terme de résultat pour prévenir les attentats terroristes est un préalable. La constitution ne doit pas devenir un tract publicitaire ventant les mérites du patriotisme républicain; elle demeure la référence législative qui impose son respect par le politique et non l’inverse.

Le Droit et si besoin le législateur ont suffisamment de moyens et d’autorité sur l’exécutif pour assurer un contrôle sur la mise en oeuvre de mesures coercitives ou de privations temporaires de certaines libertés individuelles sans avoir recours à une modification de la Constitution. N’appelle-t-on pas les membres du Conseil Constitutionnel les “Sages”?

L’approche politique française est trop souvent dogmatique et manque par conséquent de pragmatisme. Il a été question d’instruction civique dispensée dans les écoles élémentaires; au delà de cette éducation de l’esprit civique, nous parlons du respect des autres et de leurs différences, de tolérance face à la diversité, de laïcité républicaine.

Je m’insurge contre les incivilités des cyclistes qui ne respectent plus rien: ni le code de la route, ni les voitures, ni les piétons…c’est une violation des libertés et c’est l’abandon de la notion du “vivre ensemble” qui anime une nation.

Quelle image d’unité renvoyée aux jeunes en mal d’instruction lorsque le Premier ministre apostrophe publiquement des membres de l’observatoire national de la laïcité? Quel message de tolérance et de liberté d’expression par ceux qui ont défilé pour soutenir Charlie en janvier 2015? Quel avant goût de régime liberticide par un gouvernement socialiste qui souhaite porter atteinte à la Constitution française?

Au final, il se peut bien que l’urgence soit ailleurs et se fasse attendre.