#attentatsParis et #attentatNice: Apprendre de ses erreurs

On n’est pas loin du célèbre J'accuse

Laissons de côté les polémiques stériles et la politique politicienne dont ce n’est pas notre propos ici, pour nous intéresser à la gestion des risques, à la santé et sécurité, en situation de terrorisme.

Si le moment n’est pas au règlement de compte, a contrario, il existe un compte à rebours dans la lutte anti-terroriste que certain considère comme un état de guerre. Pour autant et avant de donner la “vedette” à des risques biochimiques ou nucléaires, considérons en priorité les risques évitables facilement.

L’excellent rapport parlementaire sous la présidence de Georges Fenech ne doit pas être enterré avec les 130 vicitmes du Bataclan. Très exhaustif et détaillé dans la chronologie des faits, il établit un constat et propose des axes de réflexion et d’amélioration.

apprendre de ses erreursSouhaitons la même démarche, pourquoi pas par les mêmes personnes qui ont investigué, le rapporteur S.Pietrasanta, au lendemain du massacre de la Promenade des Anglais à Nice le 14 juillet 2016.

Qu’en attendre?

  • une objectivité; non seulement des faits, mais de la préparation de cet évènement qui a réuni plus de 30.000 personnes civiles, adultes et enfants.
  • une analyse constructive des risques encourus et des moyens mis en oeuvre pour les éviter à défaut de les contrôler.
  • une identification des erreurs commises par les services de l’Etat comme des collectivités territoriales qui doivent accepter leur part de responsabilité et ne pas être dans le déni permanent et le rejet de la faute.

Il y aura certainement un double volet dans la gestion de ces attentats et on en voit déjà les premiers effets avec le dépot de plaintes de parties civiles:

  1. un volet judiciaire: recherche en responsabilité (Droit Public);
  2. un volet gestion du risque et démarche qualité.

La pratique de l’audit en santé puis en santé/sécurité au travail (HSE) m’a appris à rester factuel et à établir des constats; elle m’a aussi appris à ne pas me substituer aux décideurs, responsables, managers mais à leur fournir des clés, à les mettre sur des voies d’amélioration ou de résolution de problèmes. Le but, à court terme étant d’obtenir des réponses et encore mieux des actes qui contribuent à effacer, un à un, les points d’action idéntifiés et constituant autant de réserves pour une certification. A ce niveau, j’élimine les non-conformités qui entrainent de fait et immédiatement une suspension des activités et un signalement aux autorités de tutelle.

PDCACar sur quoi repose cette approche? sur la volonté d’une amélioration continue de la qualité des services. La roue de Deming conduit à nous interroger en permanence sur nos systèmes de management, y compris en sécurité: planifier, faire, évaluer la performance et l’efficacité, corriger les erreurs…

 Nos parlementaires seront donc inspirés de ne pas sombrer dans une approche par trop administrative ou politique mais de rester concentrés sur une approche orientée qualité et gestion des risques.

oser en apprenant de ses erreurs

Quelle responsabilité de l’#Etatdurgence?

Responsabilité politiqueLe temps des responsables? Essai publié par Alain Etchegoyen nous rappelle que toute décision implique d’en supporter la responsabilité; il en va de même en politique.

En décrétant l’état d’urgence avec la ferme intention de l’inscrire dans la Constitution, le Président de la République s’est engagé dans la voie de la sécurité par des moyens exceptionnels et renforcés, au prix d’une atteinte aux libertés individuelles et citoyennes pour raison d’état. Il s’agissait à l’époque de répondre aux actes terroristes commis à Paris en novembre 2015. Protéger les citoyens conduit à maintenir dans la durée des mesures libercitides qui s’accompagnent d’interdictions: rassemblements, manifestations sont en principe réprimés par la force publique.

Nous n’aurons jamais vu autant de rassemblements (Nuit debout), de manifestations organisées par les syndicats à l’occasion de grèves à répétition et reconductibles.

Un malheur n’arrivant jamais seul, une succession d’évènements imprévus (inondations par crue de la Seine) ou prévus (Euro 2016 de football) aboutissent à mobiliser les forces de police et de secours.

Dès lors, des questions se posent sur l’anticipation et la gestion de crise en situation d’exception ou de catastrophes, sur la capacité à évaluer les risques d’une dégradation de la sécurité publique.

  • Que penser des fans zones réunissant 90.000 personnes au même endroit et au même moment?
  • Que penser du sponsoring de l’Euro par un fabricant d’alcool vendu dans les enceintes sportives?

Doit-on dès lors être surpris par les débordements conduisant:

  • émeutes Marseilleà des émeutes voire une guerilla dans les rues de Marseille;
  • à des attaques en règle de vitrines, véhicules et mobilier urbain;
  • des risques d’attentats (dont un réalisé à Magnanville).

“Gouverner,c’est prévoir”. Voici une citation mettant en avant la place de la gestion des risques dont nos dirigeants politiques actuels devraient bien s’acquiter. Peut-on admettre que le prix d’une paix sociale se paye au détriment et du dialogue social en entreprise et en privilégiant l’excercice du droit de grève alors que d’autres libertés sont bafouées simultanément (liberté d’expression et de la presse, liberté de circulation, liberté de travailler pour les non grévistes) ?

Que reste-t-il des fondements de la V° République inscrits sur les frontons de nos monuments publics: Liberté, Egalité, Fraternité?

Devant les menaces qui se précisent aujourd’hui, d’un attentat imminent visant la France, il serait responsable de prendre des décisions en vue de renforcer la sécurité des français en concentrant les moyens de police et gendarmerie, les pompiers et les secours sur les cibles potentielles quitte à contrarier des supporters ou des manifestants grévistes:

  1. Fermeture des fans zones
  2. Interdiction des manifestations et rassemblements publics

C’est le prix à payer pour notre sécurité en période de guerre contre l’Etat Islamique.