#giletsjaunes: l’appel insupportable à marcher vers l’Elysée

Comment ose t on inciter à la violence, voire au meurtre, comme une expression de la démocratie?

Comment laisse t on s’exprimer dans les médias ces appels formulés par des individus irresponsables qui n’ont aucune crédibilité?

C’est une incitation à la haine et à la violence; on ne peut même pas parler ici d’une désobéissance civile.

Dans une démocratie, le débat public et contradictoire prend place dans les assemblées constituées de parlementaires élus; c’est le rôle du pouvoir législatif de faire et défaire les lois au gré de l’évoltion de la société civile.

Le mouvement ou plutôt les mouvements des gilets jaunes n’ont aucune légitimité, faute d’une organisation avec une représentation. Hors la loi, le droit à manifester est galvaudé dans un refus de respecter les règles établies en la matière: déclaration en préfecture, itinéraire défini; organisation d’un service d’ordre, non pour attaquer mais pour protéger les manifestants.

Alors si chacun pouvait changer de discours pour appeler au calme et au respect de l’autre; que l’autre soit un policier, un journaliste, un élu à commencer par le Président de la République…ce serait déjà beaucoup et favoriserait le dialogue; plus constructif que les agressions physiques et verbales.

Revenons à un message plus apaisé.

 

#PPA ou Prime de Pouvoir d’Achat (proposée par @xavierbertrand)

Il semble que l’on vienne doucement à cette idée lancée par Xavier Bertrand, responsable et politique, d’une prime de pouvoir d’achat; prime laissée à l’initiative des entreprises du privé, non imposable pour le salarié comme pour l’entreprise.

Estimée entre 200 et 500€, cette prime arriverait comme un cadeau de Noël, de quoi remplir les bas de laine pour de nombreuses familles. Geste d’apaisement? Non, geste de reconnaissance et d’accompagnement de la revalorisation du travail.

Oui, il s’agit bien d’un effort financier demandé aux entreprises du privé via le Medef pour soutenir le pouvoir d’achat de leurs employés; une prime; pas une augmentation de salaire en attendant une embellie de l’économie et des Finances Publiques, embellie qui tarde à venir malgré une reprise discrète.

Le Medef s’honorrerait à soutenir voire à promouvoir cette prime pour faire oublier l’image désastreuse véhiculée par quelques dirigeants de grandes sociétés dont la rémunération directe plus les avantages (dont des primes d’objectifs) est absolument indécente pour ne pas dire plus…C’est cela aussi le dialogue social, le bien-être en entreprise à défaut d’envisager le bonheur.

Rappelons que le malaise actuel, la colère qui se transforme en fronde voire en insurrection populaire a pour origine le “reste à vivre” de ces travailleurs qui s’échinent et n’entendent plus travailler plus pour gagner moins après tous les prélèvements sociaux et les taxes; ceux-là mêmes qui aspirent à consommer, quitte à se surendetter pour accéder à des biens et services que le consumérisme a su attirer jusqu’à en faire des addictes.

Le gouvernement propose de lancer des états généraux pour repenser la fiscalité des revenus du travail et la protection sociale; l’Etat providence a vécu! La protection sociale mérite d’être revue sur le fond comme sur la forme; elle absorbe la moitié des dépenses publiques aujourd’hui. Si l’on veut augmenter les salaires sans impacter la croissance, peut-on continuer à servir le même niveau de prestations sociales? C’est un débat démocratique qui s’ouvre sur l’avenir de notre protection sociale; une révolution en soi!

 

#Giletsjaunes: La violence et le Sacré ou la théorie du bouc iémissaire…

Avec le mouvement des gilets jaunes, je ne peux m’empêcher de penser à René Girard et à “ces choses cachées depuis la fondation du monde”…

La dérive observée lors des émeutes parisiennes du samedi 1er décembre nous renvoie à une violence historique; immanquablement, les épisodes de la révolution de 1789 ou de mai 1968 remontent à la mémoire et ravivent les peurs.

La patrie est en danger!

Après la série d’attentats, entre surenchère et “mimétisme” traduisant une “folie” meurtrière voire suicidaire, j’avais déjà évoqué l’oeuvre de René Girard sur le mimétisme; j’y reviens dans un contexte un peu différent mais qui trouve peut-être ses racines dans le même conflit de valeurs: la recherche d’une victime expiatoire!

Aujourd’hui, c’est la fête à Macron: les gilets jaunes et/ou les casseurs (émeutiers des extrêmes) réclament sa tête; son départ, sa démission. Ces martyrs des temps modernes, sacrifiés par le capitalisme, après l’avoir porté aux marches du pouvoir (ou plutôt en marche et non en marge), espérant plus que le Messie multipliant les pains, une frange de la population “laborieuse”, celle qui n’arrive pas à finir les mois, à payer les crédits et les impôts, vient réclamer son dû sous la forme d’un retour sur investissement. L’idole politique est devenue subitement la victime expiatoire; le bouc émissaire du mal vivre de ces français sans pouvoir d’achat.

Les casseurs et certains gilets jaunes, radicalisés ou insoumis, s’en sont pris à des symboles forts de la république et de son Histoire; ainsi des tags sur l’arc de triomphe et le comportement schizophrène observé aux pieds de la tombe du soldat inconnu où les mêmes gilets jaunes ont entonné la Marseillaise pendant que d’autres saccageaient l’intérieur du monument. Au son des canons… de bombes lacrymogènes.

Au delà, il existe une volonté de s’attaquer au “Sacré”, à savoir le pouvoir exécutif, via l’ordre public. Quelle violence libérée contre les forces de l’ordre, anarchique et gratuite; satisfaire ce besoin animal d’en découdre! Une nouvelle énergie ou réaction en chaine, éruptive voire disruptive par son caractère imprévisible et incontrôlable. Absence d’organisation, rejet de porte-paroles ou de représentants officiels désignés; jusqu’à l’absence de revendications claires. Ce mouvement de contestation est protéiforme et donc sans limites…

Etrange destin que celui d’Emmanuel Macron; du leader haranguant les foules enthousiastes au président de la république conspué à chacune de ses sorties.

Et pourtant, force est de constater que la société a survécu à cette loi
effroyable, que les peuples de la terre ont surmonté tant bien que mal le
phénomène.
  • Pourquoi? se demande Girard.
  • Comment se fait-il que le désir mimétique, dont la puissance de nuisance est universellement prouvée ne nous ait pas dévasté totalement?
  • Comment les sociétés sont-elles parvenues à trouver un antidote à ce poison?
C’est ici qu’intervient la deuxième intuition de Girard, consistant à relier
l’apparition du sacré avec le problème de la violence (d’où le titre de son livre majeur: “La Violence et le Sacré”). L’anthropologue observe en effet, à partir d’une lecture attentive des mythes ancestraux (de toutes origines), que ces mythes nous racontent la même histoire, à savoir la conjuration, ou plutôt la neutralisation de la violence (cette épée de Damoclès qui plane sur l’Humanité) par le sacrifice d’une victime, appelée «bouc émissaire».