Le virus #zika et #microcephaly dans le Nord-est du Brésil: d’un agent causal à un agent servant la cause?

Nous voici à plus d’un an du début de l’épidémie de zika au Brésil et à 7 mois de la déclaration d’état d’urgence sanitaire par l’OMS (PHEIC). En avril 2016, au travers d’un article paru dans le NEJM, la preuve tombait que le virus zika était “LA” cause des cas de microcéphalies observées au Brésil.

ACZAujourd’hui, le ministère de la santé brésilien semble engager une opération vérité en émettant des doutes sur l‘élément de causalité des microcéphalies; principalement les cas observés dans les régions du Nord-est. Il aura fallu tout ce temps (perdu) pour envisager une analyse plus globale des risques et des causes de microcéphalies.

  • Les JO de Rio s’achèvent; curieusement, les publications statistiques hebdomadaires du ministère de la santé ont temporairement disparu (un hasard?)
  • La concentration des cas de microcéphalies dans les régions du Nord-est a fait vaciller la théorie (non complotiste) du lien causal exclusif entre le virus zika et les malformations du système nerveux chez le foetus ou chez l’adulte. Subitement, le ministère de la santé évoque d’autres causes possibles:

Dilma RousseffIl devient intenable pour le ministère de la santé et au dela, pour le gouvernement brésilien qui a appelé de ces voeux la déclaration d’urgence de santé publique, de camper sur ses premières positions alors que tout autour en amérique du sud et dans les caraïbes, la prévalence de microcéphalie est restée basse. Nous avions choisi la Colombie comme un pays de référence afin de comparer les tendances et la fréquence des complications neurologiques; à ce jour (24 cas), rien de comparable avec les statistiques publiées par le Brésil. Il faudra bien expliquer pourquoi la région du NE du Brésil reste la seule touchée par ces malformations.

Le virus zika sert la cause; la cause politique et la cause économique. A l’annonce conjointe formulée par le DCD d’Atlanta et l’OMS sur le rôle causal du virus, des recherches étaient lancées par les laboratoires pharmaceutiques avec des enjeux financiers énormes. De même, la démoustiquation à grand renfort d’insecticides et pesticides génère une surconsommation et donc des profits pour Big Pharma…En un sens, la microcéphalie serait le prix payé par le Brésil pour l’absence de contrôle sanitaire de son environnement et de l’éco-système autour du moustique tigre (Aedes aegypti), au point d’effectuer des lachers de moustiques génétiquement modifiés. Absence de contrôle également de la toxicité des produits utilisés; entre dérogations et actions de lobbying des l’industrie chimique pour valider la consommation d’insecticides en se cahant derrière une questionde santé publique: un mal pour un mal. Ne pas laisser le moustique tigre se développer en utilisant des pesticides neurotoxiques, classés pertrubateurs endocriniens. Nous sommes dans un pays en crise politique, dont la présidente est sur le point d’être destituée; pays qui connaît également la corruption au plus haut sommet de l’état. Le choix est vite fait et la préférence donnée à la lutte anti-vectorielle, à tout prix versus la lutte anti-corruption dans un pays ruiné et en pleine débâcle politique.

#Zika et JO de Rio 2016

brésil et moustiquesL’épidémie de Zika observée depuis avril 2015 au Brésil menace aujourd’hui le bon déroulement des épreuves des Jeux Olympiques à Rio de Janeiro. Les avis scientifiques divergent sur l’opportunité de maintenir ou non ces jeux, au motif d’un risque pour la santé publique.

Peut-être, est-ce le bon moment pour évaluer objectivement le risque dans sa globalité et en situation temporo-spatiale ou géolocalisée pour utiliser un vocabulaire plus actuel.

Pour faire une épidémie, il faut réunir au même moment et au même endroit:

  • un  virus, Zika circulant au sein d’un réservoir humain contaminé;
  • un vector, le moustique tigre (Aedes aegypti).
  • une température >18°C et une saison des pluies ou humide.

Les prévisions météorologiques pour le mois d’Aout 2016, et sous toutes réserves, accordent une probabilité pour un mois plutôt ensoleillé, donc sec et une température autour de 25°C. Il convient d’ajouter que, s’agissant de l’hémisphère sud, la saison sera l’hiver qui n’est pas la meilleure période pour la reproduction des moustiques.

Concernant l’épidémie de Zika autour de Rio, le ministre de la santé brésilien déclare:

En outre, l’épidémie de Zika au Brésil serait sur le déclin après avoir atteint son pic au mois de février avec 16.059 cas recensés dans le pays. Début mai, seulement 2053 étaient répertoriés, soit une baisse de 87%. Cependant, l’OMS recommande aux femmes enceintes de ne pas voyager dans les pays où le virus sévit, dont le Brésil. Il faut en effet rappeler que le virus peut entrainer des malformations congénitales, notamment des microcéphalies, chez le fœtus.

 Cette déclaration, à prendre avec les réserves qu’il convient, pointe utilement les personnes à risque, à savoir les femmes enceintes au cours du premier trimestre de leur grossesse. Rappelons également que 80% des cas de zika sont asymptomatiques et que les signes cliniques sont pratiquement identiques pour la Dengue, le Chikungunya et le Zika. Il faut donc insister sur le dépistage par test pour affirmer un cas de zika.

Eipdemio Brazil_ZIKV_DENV_CHIKV

Le débat reste cependant ouvert s’agissant de déclarer que le virus Zika est la cause des microcéphalies et autres atteintes du système nerveux central (Syndrome de Guillain-Barré, myélite ou méningo-encéphalite chez l’adulte). Il semble se produire une réaction auto-immune, en présence de co-facteurs ou éléments facilitateurs, activateurs, à l’origine de la destruction de cellules du SNC. Mais avant tout, il convient de remettre les chiffres de prévalences (% de survenue de la maladie:1 à 2/10.000 naissances) pour la microcéphalie dont les dernières études ne semblent plus montrer de différence significative avant/après épidémie de Zika au Brésil (ce qui semble également confirmé par l’épidémiologie de Zika en Colombie).

Brazil zika cases2015_2016

Alors, que peut-on conclure aujourd’hui?

  1. que le réservoir de virus zika est en déclin;
  2. que Rio sera en hiver et avec un temps plutôt beau et sec
  3. qu’au même moment en Europe et en Amérique du nord, on prévoit des conditions environnementales propices non seulement au développement du moustique Tigre mais aussi à la circulation d’arbovirus dont le Zika.
  4. que le risque principal porte sur les femmes en début de grossesse, pourlesquelles il est effectivement déconseillé de séjourner en zones d”endémie de virus Zika.
  5. que la prévalence des complications neurologiques pour l’adulte comme pour le foetus reste à un niveau bas et sensiblement égal aux années antérieures, avant épidémie de Zika…

Zika_ZoonoseAu total, il existe peu d’arguments pour décider d’interdire la tenue des jeux olympiques cette annés à Rio de Janeiro. De simples mesures de prophylaxie, entre contraception pour les femmes et utilisation de préservatifs pour les hommes pendant et au retour du Brésil, devraient contenir le risque de transmission par les relations sexuelles et éviter la survenue de cas de microcéphalie chez le foetus.

Que retenir de #Zika en Colombie; comparaison avec le Brésil.

Colombia 2La Colombie se présente un peu comme le groupe témoin s’agissant de l’étude épidémiologique du Zika en Amérique du sud. Alors que le virus est apparu au printemps au Brésil, la Colombie fait face à l’épidémie de Zika depuis l’automne 2015. Il existe donc un déclage de quelques mois pour observer l’émergence de cas de microcéphalie et pouvoir comparer les deux pays. Nous en sommes à plus de sept mois et demi des premiers cas de Zika rapportés en Colombie et que voyons nous:

77.267 cas cliniquement suspects de Zika

  • 6402 confirmés par test positif

550 maladies du système nerveux central

  • 353 syndromes de Guillain-Barré (GB)
  • 5    Microcéphalies (MC)

On est bien évidemment surpris par la différence dans les chiffres et surtout par le plafonnement des microcéphalies à 5 cas alors que l’épidémie de Zika régresse à présent en Colombie.

Brésil et pauvretéDe quoi être surpris par les dernières estimations publiées à partir des données collectées en Polynésie française et au Brésil, dans l’état de Bahia. Utilisant un modèle mathématique, le risque de microcéphalie survenant en début de grossesse (premier trimestre) d’une femme infectée par le virus Zika serait estimé entre 1 et 13% ce qui semble surprenant. On peut s’interroger sur la fiabilité des prédictions, sur l’existence d’un biais statistique et sur la qualité des données épidémiologiques. Surtout, on doit confronter ces données avec celles rapportées par la Colombie.

Données en provenance du Brésil:

120.161 cas suspects au Brésil

7623 suspiçion de complications neurologiques / 3257 confirmées

  • 1434 maladies neurologiques confirmées (dont GB)
  • 208 microcéphalies

Dans son excellent Blog, Ian Mackay analyse ces données pour en déduire que:

15% des complications neurologiques (MC + GB) sont positives à Zika

ce qui représente seulement 3% des cas suspects au Brésil.

On est assez loin des prévisons entre 1 et 13% de microcéphalies de nouveau-nés de mère infectée par le virus zika. Mais surtout, cela pose la question de l’arbre des causes pour les 85%  de complications neurologiques enregistrées au Brésil…

On ne peut s’empêcher d’évoquer de possibles co-facteurs, dont le rôle de réactions immunitaires (auto-immunité) croisées s’attaquant au système nerveux central des adultes (GB) ou des foetus (MC + autres lésions ophtalmologiques). Des co-infections TORCH ou bien le rôle des anticorps anti-DNV et/ou anti-CHIKV.

Eipdemio Brazil_ZIKV_DENV_CHIKV

#zika:de nouvelles voies scientifiques en réponse à certaines voix politiques

Zika summit ParisL’actualité est riche en bonnes nouvelles et chaque jour apporte son lot de découvertes scientifiques. Merci aux organisateurs du Sommet sur le Zika qui s’est tenu les 25 et 26 avril à Paris hébergé par l’Institut Pasteur.

La parole donnée aux chercheurs est moins péremptoire que celle délivrée par le CDC; sans rajouter à la polémique, il faut savourer son plaisir en buvant du petit lait tout en écoutant les dernières “trouvailles” sur le virus Zika et ses complications neurologiques dont la microcéphalie,la partie émergée de l’iceberg et la plus visible mais la plus dévastatrice. Qu’y a t on appris?

  • revue de l’écologie des maladies transmises par moustiques
  • Replacer le virus Zika parmi la famille des Flavivirus
  • Interactions immunitaires entre les différents Flavivirus:
    • en insistant sur DENV (IgM,IgG) et ZIKV
  • les conditions particulières observées aux Amériques:
    1. une population “naïve” pour le virus Zika
    2. plusieurs vagues épidémiques de Flavivirus:
      • Dengue
      • Zika
    3. au mauvais moment et au mauvais endroit
  • confirmation du neurotropisme de Zika
  • forte de suspiçion d’adjuvants, co-facteurs aggravants
  • les périodes à risque pour le foetus sur mère infectée
  • le passage de la barrière placentaire et hémato-encéphalique

Il n’en fallait pas plus et c’est déjà beaucoup d’entrouvrir les portes de nouvelles pistes et voies de recherche, non seulement pour Zika mais surtout pour les autres maladies transmises par les lignées du moustique Aedes.

Structure 3D Zika virusConfirmation aussi que l’urgence en santé publique de portée internationale (PHEIC) décrétée par l’OMS le 1 février 2016 cible la microcephalie et le syndrome de Guillain-Barré plus que le virus Zika ou la maladie Zika dont 80% des cas est asymptomatique et non détectée. La prévention de ces épidémies passent par la connaissance de la pathogénicité et la physiopathologie de ces virus à l’origine de maladies tropicales négligées. Par la compréhension des mécanismes d’interactions dans la réponse immunitaire , le rôle potentiellement facilitateur des co-infections.

S’il en était encore besoin, ce sommet est l’occasion de démontrer le caractère indispensable d’une approche globale et pluridisciplinaire de la santé publique; encore plus en situation de crise sanitaire internationale. Intérêt de partager  des informations et des résultats prémiminaires sur les recherches en cours comme cela est le cas pour Zika.

Mais cela ne justifie pas les erreurs de communication tant à l’adresse des politiques en charge de voter les budgets qu’à l’adresse du public et encore plus des victimes du virus Zika et que l’on inquiète ou abandonne à leur triste sort.

L’OMS prépare la campagne pour renouveler son directeur général en septembre 2017; les Etats-Unis débatent au Congrès la rallonge budgétaire dans un climat pré-électoral des Primaires en vue de la présidentielle de novembre; le Brésil sombre dans une crise institutionnelle, constitutionnelle et sociale sans grande marge de manoeuvre pour allouer des moyens supplémentaires à la recherche et à la prévention des maladies transmises par le moustique peu avant les Jeux Olympiques de cet été.

Des voix discordantes donc mais des voies prometteuses aussi dans la connaissance du virus: son diagnostic, sa prévention et son traitement.

#zika l’unique cause de #microcephaly? Une déclaration prématurée du CDC

Le CDC, emboitant le pas à l’OMS, nous prive d’un débat contradictoire scientifique en affirmant que la cause des microcéphalies observées est le virus Zika. Fin de partie donc et temps de se mettre au travail pour la recherche et le développement d’un vaccin et de nouveaux traitements anti-zika. Si on peut comprendre le but poursuivi, à savoir une massive et rapide levée de fonds pour lutter contre le vecteur moustique tigre, Aedes aegypti et albopictus (voire d’autres espèces) au moment où la saison arrive à maturité pour propager les différents virus (Dengue, Chikungunya, WNV et Zika), le chemin emprunté surpend la communauté scientifique, habituée à plus de réserve à défaut de plus d’égard.

D’un revers de la main, le CDC balaye un arbre des causes cherchant à expliquer l’émergence de cas de microcéphalies au Brésil, pour établir sa vérité. Le CDC a besoin d’argent, de 1,9 Milliards de Dollars que le Congrès américain lui refuse jusque-là. La polémique qui oppose la Maison Blanche aux Républicains n’est pas sans lien avec la future élection présidentielle et la politique prend le pas sur la santé publique.

NTD_zikaA ce stade, on ne peut dissocier les deux enjeux et s’interroger sur la menace réelle que fait planer le virus Zika: n’a-t-on pas délibérement exagéré le risque de microcéphalie? Les chiffres alarmant avancés par les autorités du Brésil, en pleine crise politique au demeurant, se trouvent peu à peu contredits, dévoilent une grande disparité géographiques qui interpelle sur la nature causale du virus Zika, seul, ou associé à d’autres facteurs de risque qui ont déjà été évoqués mais en pointant sur le rôle favorisant ou aggravant du virus de la Dengue ou de ses anticorps acquis (IgM ou IgG) suite à une infection voire co-infection.

La Colombie apparait comme un groupe témoin dans ce dilemne et à ce jour, peu de cas de microcéphalies en lien avec le virus Zika: deux cas pour être précis au 18 avril 2016. Des interrogations se posent sur la valeur prédictive des modèles mathématiques utilisés récemment en épidémiologie; à commencer par Ebola qui a largement surestimé le nombre de morts en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, les prévisions pour la Colombie ont été revues à la baisse passant de 600.000 cas à 200.000. Au point de constater qu’il existe moins de microcéphalies dues à Zika qu’en lien avec d’autres causes virales connues comme la Rubéole ou le Cytomegalovirus (CMV).

Alors, n’assiste-t-on pas à une course contre la montre, devant la montée de plus en plus de preuves sur le caractère multi-causal des microcéphalies, pour damer le pion aux politiques et récolter un budget qui ne serait pas attribué en dehors d’une menace terroriste? La comparaison est brutale mais sera peut-être efficace.

Dilma RousseffNe cherche-t-on pas à cacher des vérités au Brésil, dommageables pour la population des régions du nord-est mais surtout désastreuses pour un gouvernement en perdition au lendemain du vote de destitution par la chambre basse du parlement brésilien? Car les cas avérés de microcéphalies reflètent, quelle qu’en soit la cause, une gestion calamiteuse de la politique de santé publique: l’abandon de programme de développement sanitaire et d’adduction d’eau potable, de traitement des déchets et de la gestion des décharges publiques, des eaux usées, le manque de moyens humains et matériels pour diagnostiquer les cas de Zika (suspectés mais non testés) et l’absence de prise en charge médico-sociale sur le long terme des futurs infirmes microcéphales et de leur mère, abandonnés de tous. La faillite d’une economie et d’une politique qui se voulait sociale et solidaire mais qui se révèle corrompue et déconnectée de la réalité.

Alors, il est légitime de s’interroger sur le caractère prématuré de la déclaration du CDC concernant le virus Zika et sa mise en cause définitive dans les microcéphalies.

Que savons nous du virus #Zika et de son neurotropisme?

A mi Avril 2016, un an après l’arrivée du virus Zika au Brésil, qu’avons nous appris sur ce virus, ses complications neurologiques graves et ses effets tératogènes? Un fait important à signaler est qu’il s’agit d’une maladie transmise par le moustique Aedes aegypti qui véhicule aussi les virus de la Dengue et du Chikungunya.

A défaut d’établir un lien direct et exclusif entre le virus Zika et la microcéphalie chez le foetus, force est de reconnaitre que ce virus, connu depuis 1947 et suspecté depuis pour son neurotropisme chez les primates, est présent (sous forme virale ou anticorps IgG,IgM) dans les structures nerveuses du foetus et du nouveau-né infecté.

NTD_zikaDes modèles expérimentaux ont permis de reproduire en laboratoire, le passage foeto-placentaire d’une part, confirmant la contamination in utero ante-natale, ainsi que le passage de la barrière hémato-encéphalique expliquant les cas de syndrome de Guillain-Barré, de myélite ou de ménigo-encéphalite. Tout récemment, il a été confirmé le  mécanisme auto-immun dans la constitution de ces lésions; on commence à mieux comprendre la pathogénicité du virus Zika.

De nouvelles pistes sont en cours d’exploration pour en expliquer la ou les causes physio-pathologiques parmi lesquelles:

MC Martinique(Fr)

  • Le caractère auto-immun pour expliquer l’attaque du système nerveux central et périphérique de l’adulte et du foetus (au cours du premier trimestre de gestation).

maladie auto-immune

D’autres travaux sont en cours pour étudier la mise en cause de facteurs soit contributifs, soit aggravants qui participent au mécanisme d’agression du tissu neurologique de façon aigüe:

Enfin, on ne peut faire abstraction au plan de la santé globale, de conditions socio-économiques particulièrement déplorables comme:

  • l’absence de système d’adduction d’eau potable (N-E du Brésil);
  • le manque d’hygiène;
  • la présence de décharges publiques, habitat de l’Aedes aegypti;
  • l’extrême pauvreté et la malnutrition de certaines régions.

bidonvilles BrésilAinsi, en dépit des affirmations de l’OMS et du CDC, il semble que le virus Zika ne suffise pas à lui seul à expliquer les complications neurologiques observées en clinique humaine et in vivo; d’autres facteurs inter-agissent comme des conditions nécessaires et suffisantes. C’est en agissant simultabément sur ces facteurs de risque que nous arriverons à prévenir, en l’absence actuelle de vaccin et de traitements spécifiques, ces maladies et ces infirmités irréparables conduisant souvent à des handicaps à vie.

#Microcephaly en Martinique et #Zika: Un cas d’école

L’OMS a récemment publié le rapport du premier cas de microcéphalie associé avec le virus Zika; la séquence et les investigations menées sur la mère et le foetus nous apprennent sur les mécanismes physio-pathologiques de la maladie Zika et le neurotropisme du virus aux conséquences dommageables chez l’adulte (Syndrome de Guillain-Barré, myélite, méningo-encéphalite) ou chez le foetus au cours du premier trimestre de la grossesse (microcéphalie, autres atteintes du SNC).

MC Martinique(Fr)

Chronologie et éléments intercurrents d’un cas de microcéphalie en Martinique 2016

On notera que la grossesse a débuté en pleine épidémie de dengue et de chikungunya qui ont contaminé la mère. Celle-ci sera infectée par le virus Zika au cours du premier trimestre de grossesse, peu après l’arrivée de Zika en Martinique.

Ce n’est qu’à 22 semaines de gestation que le diagnostic de microcéphalie est confirmé, ce qui conduit à proposer un avortement thérapeutique; l’examen in utero du foetus identifie la présence du virus Zika dans le sang et le liquide amniotique.

Peut-on dès lors en conclure que la microcéphalie est dûe au seul virus Zika? Là est bien la question sur la “causalité” de cette malformation anté-natale qui semble principalement apparaître au cours du premier trimestre de la grossesse.

La question se pose d’autant plus qu’il n’existe pas à ce jour de réponse claire sur la répartition spatio-temporelle des cas de microcéphalie au Brésil, principalement dans les régions du nord-est par comparaison à ce qui est observé et rapporté en Colombie. Profitons en pour rappeler qu’une épidémie de dengue et chikungunya a également touché ces régions…

Ce cas rapporté en Martinique, le premier, n’est-il pas un cas d’école pour illustrer la possible co-infection par Zika et dengue +/- chikungunya? En d’autres termes, ne s’agit-il pas d’un cas in vivo/in utero de microcéphalie faisant suite à une double ou triple infection virale (arboviroses transmises par le moustique Aedes aegypti)?

La recherche systématique d’une co-infection dans les cas de microcéphalie existantes au Brésil comme en Colombie, pourrait apporter des éléments épidémiologiques de réponse pour expliquer les disparités observées.

Cela ne supprime pas pour autant l’existence d’autres facteurs de risque environnementaux pouvant jouer un rôle de catalyseur. Mais c’est une autre histoire…

#Microcephaly et #zika: Les dernières nouvelles et les questions en suspens.

Le printemps apporte son lot de nouvelles études et découvertes en attendant la recherche et le développement de produits en tous genres: vaccin, insecticides pour lutter contre le virus Zika  et son vecteur, le moustique Aedes aegypti surnommé “tigre”…sans oublier les manipulations génétiques ou la stérilisation des moustiques.

research on Zika virus

 Effectivement, les preuves commencent à parvenir pour envisager la responsabilité du virus Zika dans les malformations neurologiques observées chez les nouveau-nés voire les foetus in utero; la présence du virus est également rapportée dans des cas de microcéphalies au Brésil et tout récemment au Panama et au Cap Vert; reste à établir un lien formel et causal, unique entre Zika et la microcéphalie…

Parmi les explications avancées jusqu’à peu, concernant la prévalence élevée de microcéphalie dans les régions du Nord-Est du Brésil, il était fait référence à la date d’arrivée du virus dans ces régions par comparaison au reste du pays mais aussi à la Colombie. Aujourd’hui, les naissances avec malformations survenues au Panama et au Cap Vert ne font pas l’objet des mêmes restrictions et pourtant une grossesse dure toujours neuf mois! Il faudra donc nous expliquer pourquoi on observe déjà des cas de microcéphalie hors du Brésil sauf en Colombie?…

 Zika Map BrzailPlusieurs rapports ou études d’experts en santé publique et environnementale, européens ou d’amérique du sud, mettent en avant le rôle et la responsabilité des conditions déplorables d’hygiène dans les régions du Brésil touchées par Zika, expliquant à la fois, la prolifération des moustiques Aedes dans les décharges et eaux usées (mécanisme d’adaptation du moustique) ainsi que l’apparition de malformations neurologiques à un taux anormalement élevé. Plusieurs facteurs de risque y sont identifiés dont les pesticides et l’épidémie de Dengue (anticorps) qui agiraient comme catalyseurs ou par synergie avec le virus Zika.

Ainsi et loin de souscrire ou soutenir une quelconque et obscure théorie du complot, des voix se font de plus en plus entendre sur la nécessité d’étudier d’autres composants socio-économiques et environnementaux pour appréhender les mécanismes responsables de la microcéphalie au Brésil. Cela devient un devoir de conscience en plus de la démarche scientifique indispensable qui doit guider l’analyse des causes des maladies en lien avec le virus Zika.

L’OMS étudie sérieusement la possibilité de jouer les apprentis sorciers en autorisant des lachers de moustiques génétiquement modifiés ou l’utilisation de bactéries incapacitantes dans le cadre de nouvelles technologies/stratégies de lutte contre les maladies vectorielles.

#zika et #microcephaly: mise à jour au 15 mars 2016

Comme précédemment évoqué le 9 mars 2016, les résultats d’études publiées sur la toile contribuent à une meilleure connaissance de la maladie Zika mais également de la physiopathologie du virus véhiculé par les moustiques de la famille Aedes (aegypti et albopictus).

Qu’avons nous appris?

  • Le virus Zika traverse la barrière placentaire
  • Le virus Zika traverse la barrière hémato-encéphalique
  • Le virus Zika infecte le foetus:
    • présent dans le liquide céphalo-rachidien
    • surtout au cours du premier trimestre de grossesse
  • Le virus Zika possède un neurotropisme et est responsable:
    • de Syndrome de Guillain-Barré;
    • de myélite;
    • de méningo-encéphalite.
    • de destruction de cellules souches embryonnaires
  • Le virus Zika est sexuellement transmissible;
  • Le virus Zika peut être transmis par une transfusion sanguine.

Il existe de fortes suspiçions, présomptions, indices pour considérer le virus Zika comme le facteur principal mis en cause dans les cas de microcéphalie. Une étude récente, rétrospective, menée par l’institut Pasteur, aborde l’évaluation quantitative du risque de microcéphalie passant de 0.02% en situation “normale” à 1% ou plus si infection par le virus Zika au cours du premier trimestre de la grossesse.

Modèle expérimental de la maldie Zika

 Mais il manque pour autant des preuves pour répondre à certaines questions:

  • Pourquoi le Brésil uniquement et principalement le Nord-Est?
  • Y-a-t-il des facteurs associés et/ou agravants:
    • le climat: El Nino?
    • l’environnement: déforestation,décharges,eaux sales?
    • les conditions socio-économiques?
    • d’éventuels polluants chimiques:pesticides,larvicides?
    • Co-infections virales:Rubéole,CMV,Dengue
    • une mutation de la souche virale Zika (Asie-Pacifique)

Il sera donc intéressant de comparer l’émergence ou non de microcéphalies en Colombie, pays qui a été touché plus tardivement par l’épidémie de Zika; il est trop tôt (?) pour observer les premières naissances de nouveaux nés présentant des anomalies congénitales et/ou des microcéphalies, de mères infectées par le virus. Nous devrions en apprendre davantage cet été, à partir du mois de juin 2016.

 

Brazil risk map mid march 2016

Carte comparative des cas suspectés/confirmés de microcéphalies au Brésil (Mars 2016)

La Colombie annonce observer une baisse des cas de Zika depuis plusieurs semaines ce qui pourrait traduire une inversion dans la courbe de la propagation de l’épidémie.

Colombia_Zika_Report#9

A suivre…

#Microcephaly et #Zika: le point à date au 9/03/2016

Si l’épidémie de Zika se répand dans le sillage du nuage de moustiques Aedes aegypti, potentiellement en lien avec les effets climatiques d’El Nino, les résultats des premières études scientifiques in vitro tombent comme des giboulées. Indéniablement, des avancées dans la connaissance des méfaits du virus Zika émergent; l’esprit critique doit rester la mise aussi bien pour valider les hypothèses que pour les contrer, en évitant les pièges des manipulations de toute sorte y compris les théories du complot.

Zika_Zoonose

Zika est une zoonose au début puis une maladie transmise par le moustique; maintenant transmission humaine par voie sanguine (transfusion) ou sexuelle.

 Il n’y a plus guère de place au doute pour établir un lien entre le virus Zika, déjà connu depuis les années 50 pour son neurotropisme, et les atteintes du système nerveux central (SNC) du foetus au cours du premier trimestre de la grossesse: le virus passe la barrière placentaire et infecte le foetus. Ceci semble acquis. Ce qui l’est moins, c’est de considérer que le virus zika est le seul responsable des malformations neurologiques néonatales par un effet propre et unique tératogène; or, rien ne prouve à ce jour:

  • que seul Zika est en cause, d’autres virus sont connus pour être responsables de microcéphalies (rubéole);
  • que le mécanisme causal repose uniquement sur le virus Zika en l’absence d’autres facteurs aggravants ou facilitateurs (agents toxiques biologiques ou chimiques).

A entendre les organisations internationales dont l’OMS ou le CDC d’Atlanta, la messe est dite et les autres hypothèses abandonnées et livrées en pâtures aux conspirationnistes ou objecteurs de conscience. La démarche n’est pas scientifique et il faut donc revenir à une médecine fondée sur la preuve et sur un modèle que l’on puisse reproduire in vitro sur l’animal.

NTD_zika

Deux études récentes publiées sont troublantes:

  1. l’étude d’une cohorte de femmes enceintes dans la région de Rio de Janeiro: pourquoi avoir choisi cette région peu impactée par les microcéphalies comparée au Nord-est du Brésil? N’induit-on pas un biais statistique en étudiant une population qui n’est pas exposée au même risque en intensité et en gravité?
  2. L’avis rendu par le ministère de la santé colombien qui infirme les résultats d’une étude diffusée à l’insu des autorités colombiennes et établisssant un lien de causalité directe entre microcéphalie et virus zika. Curieuse approche scientifique!

Le 8 mars 2016, s’est tenue la deuxième réunion du comité d’urgence de l’OMS sur la question de Zika et de son impact en santé publique à l’international. Un état des lieux des connaissances acquises et des pistes scientifiques poursuivies pour comprendre Zika et comprendre les lésions neurologiques associées; après la microcéphalie, dont l’OMS reconnait que plusieurs étiologies restent possibles et à étudier plus à fond, le syndrome de Guillain-Barré et à présent la myélite sont décrits comme associés au virus Zika.

Enfin, une nouvelle piste est à l’étude concernant le rôle du placenta comme barrière mais aussi comme lieu de production de substances et d’hormones pouvant impacter le développement neurologique du foetus; de nouvelles voies pour la recherche.