#AirFrance ou le passage du “in the air”pour “on the air”: L’e-social

Fiction: Nous vivons une époque formidable.

Pour faire suite aux dégradations du climat social à Air France, l’idée dans l’air est de créer des CCE virtuels, délocalisés sous la forme de télé-travail et télé-conférence. Plus de contacts directs, de risques d’altercations physiques; la sécurité rétablie par les ondes ou à l’antenne.

AF

L’économie numérique envahit l’industrie et les commerces? Soit, développons donc le télé-travail et sachons exploiter toutes les ressources y compris humaines pour faciliter et sécuriser les échanges (anciennement appelés dialogue social). hologramme

Une simple connection au réseau social et place à la web-conférence, avec option audio/vidéo. On nous promet pour demain, la téléportation et la retransmission en 3-D, voire le recours à des hologrammes ou des avatars.

Le pendant de cette économie virtuelle? le risque qu’entre entre deux départs pour un paradis fiscal, on puisse entendre l’annonce par hauts-parleurs, précédée du célèbre jingle, d’un PSE voire même, Departuresla liste de départ des salariés s’inscrivant sur des panneaux d’affichage et les écrans, licenciés et priés de contacter le bureau des ressources humaines le plus proche pour un solde immédiat de tout compte.

Le dialogue social est en danger; il convient dès aujourd’hui de redonner du sens à la négociation entre les partenaires sociaux, représentatifs des salariés, respecteux du droit mais avant tout, de la personne humaine, de son intégrité physique et morale.

Le mot “excuses” n’est pas un gros mot et peut-être prononcé à tout moment et par tout le monde. Je vous prie de m’excuser de vous avoir interpellé sur ce sujet.

La courtoisie peut aussi s’inviter à la table des négociations car c’est un savoir vivre.

France in the air ou le dialogue social en pleine turbulence

Une semaine écoulée depuis ces incidents et agressions physiques; pour autant, pas une excuse prononcée à l’égard des deux personnes, car ce sont deux êtres humains, victimes d’un accident dans l’exercice de leurs fonctions. Autrement dit ,un accident du travail. Le CHSCT sera-t-il saisi de cet accident grave?

Processus de banalisation ou de normalisation des rapports sociaux à l’intérieur d’une entreprise “fleuron de l’industrie française”? La délinquance s’invite à la table des négociations mais souhaiterait profiter d’une immunité syndicale pour ne pas avoir à répondre de ses actes de malveillance. Pas si simple…

Je me refuse à publier des photos dégradantes et humiliantes des directeurs d’Air France agressés sauvagement par des syndicalistes. Je leur adresse ma sympathie et mon soutien pour ce courage managérial exemplaire face à une situation dégradée stressante et traumatisante.

Comment peut-on s’abaisser aussi bas, laisser faire un climat social se dégrader à ce point? Le débat des idées laisse la place aux ébats de violence et de haine absolument incompatibles avec l’esprit d’une négociation qui suppose une écoute sereine pour pouvoir dialoguer, échanger et parvenir à une résolution des conflits, source du dialogue social. Cela suppose, a minima, du respect des droits et des personnes. A commencer par le respect de l’intégrité physique et morale des parties prenantes.

Devant de telles scènes, on éprouve que du mépris et du dégoût pour une forme de syndicalisme radical qui n’a pas sa place en entreprise.