Pour une vraie politique anti #tabac en santé publique

Une Politique de santé publique est un acte fort d’un gouvernement qui souhaite imposer une vison durable au travers de missions spécifiques et d’objectifs en santé.

Derrière cette politique qui cadre le sujet, ici la lutte contre le tabagisme, c’est tout un système de management de la santé publique qui doit se décliner. Celui-ci comprend par essence une mission, des objectifs atteignables, des moyens (humains, financiers, matériels), une évaluation des risques et des impacts du tabac sur la santé, un suivi des actions et la mesure des résultats. Le passage en revue régulier pour adapter si besoin la politique à la réalité du terrain.

lire: Ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé publique

Nous y découvrons les sphères d’influence, publiques et privées, les conflits d’intérêts et les lobby de toutes sortes. A cela, il convient d’ajouter le triste héritage de l’Etat français en tant que producteur et vendeur de tabac (Seita) comme déjà évoqué dans L’Etat français,le tabac et les cigarettiers…

Nous assistons ces dernières semaines à des joutes verbales, des manifestations de buralistes, de prise de position de nos politiques mais aussi et c’est en la matière le plus important, de réactions de nos professeurs en santé publique qui, à l’instar du PHE anglais, sont de véritables observatoires de la santé en matière de tabac et de ses conséquences désastreuses sur la santé. Parmi les nombreuses voix qui s’élèvent, j’en ai volontairement choisi trois:

LPr.Dautzenberge Pr Dautzenberg, pneumologue et ancien responsable de l’OFT (Office français de prévention du tabagisme) qui s’est exprimé récemment face à un buraliste à propos du paquet neutre

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Le Pr Flahaut, médecin en santé publique et enseignant à l’université de Genève qui a pris clairement position en faveur de l’usage de la cigarette électronique depuis des années en appelant à une politique de santé publique réaliste.

Dernièrement, la prise de position du Pr Didier Raoult : “une politique puritaine, à l’encontre de la santé publique” 

Quels sont les piliers sur lesquels appuyer une politique anti-tabac?

1. des Interdictions:

  • de fumer dans les lieux publics et au travail;
  • de vendre du tabac ou des e-cigarettes aux mineurs (- de 18 ans);
  • de faire de la publicité.

2.des réglementations ou décrets d’application:

  • définir les interdictions par textes réglementaires (code pénal, code du travail, réglements intérieurs,).
  • prohiber la contre-bande et la contre-façon.voir Alain Bauer
  • Imposer des normes qualité AFNOR pour les produits de substitution.

3.des incitations et des motivations au sevrage:

  • financière: augmenter le prix du paquet >10€
  • qualité de vie, bien-être:sortir de la dépendance et de l’addiction au tabac (pas à la nicotine, il faut bien le reconnaître)

4.une communication ciblée sur la prévention:

  • redonner sa place à l’INPES
    • un message à l’adresse des jeunes:prévenir l’addiction (tabac,alccol et drogues)
    • un message pour les adultes:les facteurs de risque pour la santé
    • jouer sur la convivialité et le vivre ensemble fumeur/non fumeur (tabagisme passif)

#tabac: E-cigarette ou la médecine fondée sur la preuve

En cette période de rentrée, le ministère de la santé met en place une campagne de communication et d’information sur le sevrage tabagique. L’intention est certes louable mais la forme comme le fond sont discutables.

Il est légitime de s’interroger sur le sens à donner au prochain projet de loi santé: on attendait un discours fort, engagé et reposant sur des actions d’envergure…la montagne accouche d’une souris: un paquet de tabac neutre, l’interdiction de fumer dans les jardins d’enfants, la réactivation du site Tabac info service au 3989 pour inciter les fumeurs à arrêter et dissuader les jeunes?

Grece-non-fumeur

Au XXI° siècle, il existe des moyens plus adaptés, plus efficaces, plus attractifs pour aborder le sevrage tabagique. Mais surtout, en santé publique, la médecine est fondée sur la preuve!

  1. Pas de logique politicienne mais une politique de santé publique, s’appuyant sur des études cliniques, des statistiques qui constituent l’épidémiologie. La Grande Bretagne occupe les premières places en la matière et nul ne viendrait contre-dire un rapport rédigé par la Public Health England (PHE) qui prend clairement position en faveur de la cigarette électronique sauf hélas un éditorialiste du Lancet qui a préféré garder l’anonymat.
  2. De son côté, la France a eu l’intelligence de s’adresser à l’AFNOR pour établir deux normes concernant la cigarette électronique et les recharges de nicotine: Cigarettes électroniques et e-liquides : les normes publiées vont structurer le marché. =>Améliorer la sécurité des consommateurs.

sur le blog de l’@AFNOR CIGARETTE ÉLECTRONIQUE : DÉBUT DU TRAVAIL POUR ÉLABORER DES NORMES EUROPÉENNES

e-cigarette

Curieusement, tout ce travail scientifique, fondé sur une démarche d’amélioration continue de la qualité et sur la protection des utilisateurs reste complètement ignoré par le gouvernement et pire, absent du site Tabac info service. On ne peut rêver mieux en matière de désinformation et de déni de la réalité.

Plusieurs professeurs en santé publique, pneumologues français ont déjà pris position en faveur de l’utilisation voire de la promotion de l’E-cigarette comme l’un des moyens de sevrage les plus efficaces mis à la dispositon des fumeurs.

Au total, de quelle crédibilité, Madame la ministre de la santé, disposera-t-elle devant l’Assemblée Nationale et le Sénat pour justifier son projet de loi anti-tabac? Il faudra qu’elle ne manque pas de souffle pour le défendre.