#Tabac:Le new deal gagnant/gagnant pour les buralistes

Pragmatisme.On aura compris que ce qui motive les buralistes à manifester n’est pas de s’opposer au paquet neutre de la ministre de la santé mais à obtenir des assurances du maintien de leurs revenus. Comment arriver à concilier le double impératif de santé publique en favorisant la sécurité sanitaire d’un côté et de l’autre,reconnaître le préjudice financier subi par les buralistes entrainés par l’Etat, à l’insu de leur plein gré, dans l’aventure du tabac. Ils plaident aujourd’hui pour une indemnisation d’un manque à gagner futur si une loi de santé publique, digne de ce nom, venait à restreindre, contraindre la vente de tabac.

Taxes cigarettesOn apprécie déjà le grand écart, voire la schizophrénie se traduisant par des injonctions paradoxales entre le ministère de la santé et celui des finances dont les intérêts sont curieusement antagonistes; les conseilleurs n’étant pas les payeurs, c’est à ce jour Bercy qui mène la danse mais c’est aussi à l’assemblée nationale que l’on influence les lois sur le tabac; ainsi le club des parlementaires fumeurs de cigares.

Comment sortir de ce dilemne ? Ne pourrait-on envisager, dans le cadre d’un consensus national, de ménager la chèvre et le chou et d’envisager une stratégie à moyen terme visant à la réduction effective de la consommation du tabac tout en indemnisant les buralistes victimes du manque à gagner?

Alors soyons fous et imaginons que l’Etat français décide de lancer un plan Marshall antitabac, en s’appuyant sur un financement par la sécurité sociale et les mutuelles de santé, prévoyant une indemnité compensatrice au prorata des efforts réalisés pour diminuer la consommation de cigarettes.
Préservatifs à 1€En y associant l’incitation à la substitution du tabac par la cigarette électronique, à la norme AFNOR bien sûr, voire un encouragement des assurances maladie qui sponsoriseraient l’achat de la première cigarette électronique à 1€ (a l’instar des préservatifs comme suggéré par un Tweeter). En d’autres termes, de décider d’investir dans la prévention du tabagisme en espérant un retour sur investissement fondé non seulement sur les coûts directs induits par les dommages collatéraux du tabagisme mais également sur les coûts indirects (absentéisme, indemnités journalières, continuité des affaires,…). Et pourquoi pas tenter l’expérience d’un remboursement de la première cigarette électronique sur prescription médicale par un addictologue ou un médecin généraliste?

Sortons du dogmatisme légendaire de la France pour encourager le pragmatisme tel qu’appliqué au Royaume Uni (référence au rapport PHE publié en Aout et démontrant que l’e-cigarette est 95% moins nocive que le tabac de cigarette). Visons les résultats quel que soit le moyen utilisé pour atteindre des objectifs réalistes en santé publique.

Le gouvernement français ne sort pas grandi par sa communication anti #tabac

Ou quand les lobbys font les lois en dépit des intérêts de santé publique.

Curieux discours médiatiques ces derniers temps au sujet de la lutte anti-tabac, de la loi santé et du projet de loi de programmation de la sécurité sociale.

La santé publique serait elle une chose trop sérieuse pour la confier aux médecins? En dépit des prises de position de grands noms universitaires qui enseignent la médecine et la santé publique; en dépit d’études scientifiques et de méta-analyse sur ces travaux scientifiques dont le plus récent et complet est le rapport du PHE, d’abord décrié dans un éditorial du Lancet avant d’être réhabilité ensuite, force est de constater que le pouvoir politique corrompu par le lobbysme donne clairement la préférence à l’économie sur le social et la santé publique.

Doit on, ici et maintenant, rappeler l’intérêt d’investir dans la prévention et se souvenir de la maxime en médecine “d’abord, ne pas nuire” ou “Primum non nocere” que l’on attribue à Hippocrate? Pour chaque Euro (€) investi en santé des études en économie de la santé démontrent un retour sur investisement (ROI) entre 2.5 et 5 €.

Concernant la lutte contre le tabagisme, il est légitime de s’interroger sur la pertinence des choix stratégiques des ministères de la santé et des finances. Certes l’histoire du XX° siècle permet de comprendre la période trouble de cohabitation entre tabac et état, mais mettre en avant le paquet neutre comme mesure phare devant l’augmentation du prix du paquet >10€ et la promotion du sevrage tabagique en soutenant le passage par la cigarette électronqiue peut apparaitre anachronique.

L’opinion publique est prise à partie puis prise en otage par une campagne de désinformation et de manipulation servant les intérêts de l’industrie du tabac, enrichissant au passage, les caisses de l’état (faussement, car la balance recettes fiscales du tabac/dépenses de santé en lien avec le tabac est négative) et aux antipodes des missions de service public du ministère de la santé.

On cherche à détruire la crédibilité du corps médical en utilisant des arguments fallacieux au risque de se prendre les pieds dans le tapis quand on parle des dangers de la cigarette électronique et des recharges en oubliant de parler des deux normes AFNOR publiées en 2015 pour assurer la sécurité des utilisateurs; dire que 90% des produits testés sont dangereux c’est aussi oublier de dire que le tabac, lui, est dangereux dans 100% des cas et conduit à un décès sur deux fumeurs (50% de mortalité). Non négligeable, non? Halte à la désinformation.

Trop, c’est trop! la ruse est aujourd’hui tellement grossière que plus personne n’est dupe de ce stratagème et les autorités tant nationales qu’européennes auraient quelque intérêt à se démarquer (au sens propre comme au figuré) avant être discréditées (réputation d’intégrité et d’Ethique) puis tenues pour responsables de scandales sanitaires sous couvert d’intérêts financiers.

Pour une vraie politique anti #tabac en santé publique

Une Politique de santé publique est un acte fort d’un gouvernement qui souhaite imposer une vison durable au travers de missions spécifiques et d’objectifs en santé.

Derrière cette politique qui cadre le sujet, ici la lutte contre le tabagisme, c’est tout un système de management de la santé publique qui doit se décliner. Celui-ci comprend par essence une mission, des objectifs atteignables, des moyens (humains, financiers, matériels), une évaluation des risques et des impacts du tabac sur la santé, un suivi des actions et la mesure des résultats. Le passage en revue régulier pour adapter si besoin la politique à la réalité du terrain.

lire: Ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé publique

Nous y découvrons les sphères d’influence, publiques et privées, les conflits d’intérêts et les lobby de toutes sortes. A cela, il convient d’ajouter le triste héritage de l’Etat français en tant que producteur et vendeur de tabac (Seita) comme déjà évoqué dans L’Etat français,le tabac et les cigarettiers…

Nous assistons ces dernières semaines à des joutes verbales, des manifestations de buralistes, de prise de position de nos politiques mais aussi et c’est en la matière le plus important, de réactions de nos professeurs en santé publique qui, à l’instar du PHE anglais, sont de véritables observatoires de la santé en matière de tabac et de ses conséquences désastreuses sur la santé. Parmi les nombreuses voix qui s’élèvent, j’en ai volontairement choisi trois:

LPr.Dautzenberge Pr Dautzenberg, pneumologue et ancien responsable de l’OFT (Office français de prévention du tabagisme) qui s’est exprimé récemment face à un buraliste à propos du paquet neutre

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Le Pr Flahaut, médecin en santé publique et enseignant à l’université de Genève qui a pris clairement position en faveur de l’usage de la cigarette électronique depuis des années en appelant à une politique de santé publique réaliste.

Dernièrement, la prise de position du Pr Didier Raoult : “une politique puritaine, à l’encontre de la santé publique” 

Quels sont les piliers sur lesquels appuyer une politique anti-tabac?

1. des Interdictions:

  • de fumer dans les lieux publics et au travail;
  • de vendre du tabac ou des e-cigarettes aux mineurs (- de 18 ans);
  • de faire de la publicité.

2.des réglementations ou décrets d’application:

  • définir les interdictions par textes réglementaires (code pénal, code du travail, réglements intérieurs,).
  • prohiber la contre-bande et la contre-façon.voir Alain Bauer
  • Imposer des normes qualité AFNOR pour les produits de substitution.

3.des incitations et des motivations au sevrage:

  • financière: augmenter le prix du paquet >10€
  • qualité de vie, bien-être:sortir de la dépendance et de l’addiction au tabac (pas à la nicotine, il faut bien le reconnaître)

4.une communication ciblée sur la prévention:

  • redonner sa place à l’INPES
    • un message à l’adresse des jeunes:prévenir l’addiction (tabac,alccol et drogues)
    • un message pour les adultes:les facteurs de risque pour la santé
    • jouer sur la convivialité et le vivre ensemble fumeur/non fumeur (tabagisme passif)

Du Paradoxe français à propos de l’e-cigarette et du #tabac

Pourquoi, en matière de santé publique et d’épidémiologie, la France est-elle toujours en retard d’une guerre? Les français préfèrent s’enfermer dans un conformisme mou doublé d’un dogmatisme plutôt que de suivre l’exemple britannique très orienté vers le pragmatisme et l’efficacité démontrée par la performance clinique.

E-cigarettes: an emerging public health consensus ou l’émergence d’un consensus en santé publique sur l’e-cigarette.

De même en matière de sevrage tabagique, qui n’est pas une mince affaire lorsque l’on rappelle qu’un fumeur sur deux mourra d’un cancer, on préfère ne retenir que les aspects négatifs de l’utilisation de la cigarette électronique comme outil de sevrage tabagique plutôt que d’en encourager l’usage.Pourquoi?

e-cig

La peur, non démontrée scientifiquement, que l’E-cigarette favorise les jeunes ados à consommer ultérieurement du tabac. Cette peur, non rationnelle, efface d’une volute de fumée, tous les bienfaits attenants à l’E-cigarette.

grandebretagne_ecigaretteJe fais bien sûr référence au rapport du PHE (Public Health England) sur la réduction de 95% des risques liés au tabac en incitant au passage à l’E-cigarette.Rapport de l’agence anglaise de santé publique (PHE). Le PHE n’est pas n’importe qui et l’impact en terme de santé publique est loin d’être négligeable; excusez du peu…même si certains esprits scientifiques mal intentionnés ont tenté en vain de discréditer la qualité du rapport dans un éditorial honteux car anonyme du Lancet.

Par comparaison avec nos voisins britanniques et en référence à la langue de Shakespeare, nous devons nous interroger sur le fait d’en être ou de ne pas en être; là est la question.

Que fait la France, son président et son gouvernement pendant ce temps-là? Ils tergiversent sur le paquet neutre au centre des mesures de la loi anti-tabac. Silence du côté des parlementaires, rompus à la discipline (pour certains) et à la loi du silence. Est-ce ainsi que s’exprime notre démocratie et nos faiseurs de lois? Dommage.

Dernière minute (3/9/2015), le ministère de la santé informe par le biais d’un communiqué, de la mise en place de Tabac Info service au 3989, unique survivant de l’OFT (Office français de lutte contre le tabagisme). A la surprise de tous les professionnels de santé et des communicants en charge de la santé publique, aucune référence à la cigarette électronqiue…comme si elle n’existait pas. Incroyable mais vrai!

voir E-cig ou la médecine fondée sur la preuve.

3989 ou l’e-cigarette oubliée par Jean-Yves Nau.

Cigarette électronique et politique : François Hollande et Manuel Valls soumis à la question Blog de Jean-Yves Nau.

 Il est vrai que l’état français n’a pas encore fait le deuil de son passé de cigarettier;voir L’état français,le tabac et les cigarettiers.

Comment la France peut-elle être aussi mauvais élève de l’Europe?