#tabac: Quand Bercy enfume le sevrage tabagique en France

La Macrocacophonie bat son plein…Un pas en avant; deux pas en arrière.

On est proche des injonctions paradoxales pour certains ministres dont Agnès Buzyn, notre ministre de la santé. Dire tout puis quelques jours plus tard son contraire…est devenu presque un sport de la nouvelle république en marche. Les bonnes intentions en matière de santé publique telle la volonté que la nouvelle génération d’enfants ne connaisse pas le tabac sera un voeu pieux mais non exaucé. La faute à qui?

La faute à Bercy qui n’arrive pas à gérer la transition tabagique; augmenter le prix du tabac aura nécessité un arbitrage du premier ministre; quant à la cigarette électronique comme outil de sevrage, il faudra qu’on nous explique comment la même personne passant du poste de directrice de l’institut national du cancer au poste de ministre de la santé, en perd son argumentaire et de militante redevient incrédule et sceptique. La médecine est fondée sur la preuve; la politique sur le mensonge.

Marisol Touraine nous avait promis en guise de cadeau d’adieu des terrasses sans fumeurs. Elle s’en est allée tel un rond de fumée avant de disparaître du paysage mais en nous laissant la fumée du tabac en guise de fumet sur les terrasses.

Pourquoi n’arrive-t-on pas à dissocier la santé publique des finances publiques? En quoi Bercy pourrait-il influencer la politique de santé publique au seul motif d’une maitrise comptable en omettant d’y inclure le retour sur investissement d’une politique de prévention des risques pour la santé, comme le tabagisme par exemple; c’est oublier l’exercice de l’économie de la santé.

Au lieu de cela, Bercy ne cesse de compenser et indemniser les buralistes tel un état providence qui n’arrive pas à faire son deuil de son statut d’ancien fabricant de cigarettes du temps de la SEITA; dur, dur d’assumer son passé et de faire table rase des engagements délétères pris au mépris de la santé des français. Le tabac, longtemps perçu comme l’autre opium du peuple et distribué gratuitement par l’armée française.

Il existe peut être une logique au niveau de l’Etat pour expliquer le refus d’augmenter des taxes qui impacteraient positivement la santé et les finances de la sécurité sociale; la même logique qui consiste à subventionner ad vitam aeternam les marchands de tabac. Il est temps pour E.Macron, surnommé l’évangéliste, de chasser les marchands du temple pour assainir les comptes de la nation et l’air pollué des terrasses. MERCI

#Uvesterol:Comment gérer le risque en santé publique?

Le Parisien du 4/1/2017

Le Parisien du 4/1/2017

Le Parisien en a fait sa une et la notion de “Vigilance” y est mentionnée sans faire référence aux instances existantes en matière de santé publique.

Mon propos n’est pas d’apporter des réponses ou explications à la mort subite du nouveau-né* de 10 jours, à la suite d’une prise de vitamine D à la pipette, mais plutôt de poser les questions qui dérangent en matière de gestion des risques sanitaires.

Entre rumeurs et désinformation, il est peut-être utile de poser le problème du risque sanitaire en lien avec la prescription d’uvesterol D; de quoi s’agit-il et en quoi cette vitamine est-elle devenue subitement un ennemi public numero 1?

Pour le directeur de la santé et au vu d’un rapport,  Pr.Benoit Vallet déclare:

“Il existe une relation entre le décès du nouveau-né et la prise du médicament…

le lien est donc suffisamment possible pour faire prévaloir le principe de précaution.”

Il est bon de rappeler que le principe de précaution s’applique dans les cas où les données scientifiques sont incomplètes ou incertaines, et ne permettent pas une évaluation complète du risque.

  • Il peut se concrétiser par exemple par l’interdiction de distribuer des produits susceptibles d’être dangereux.
  • L’analyse du risque doit conduire à répondre à la question sur les bénéfices/risques de l’utilisation de la pipette dans l’administration de l’uvesterol D versus ne pas autoriser son utilisation si jugée comme dangereuse pour la santé.
  • Le recours à l’expertise indépendante doit permettre de faire avancer le débat en privilégiant les solutions les moins nocives et dommageables pour la santé.

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicamentansma proposé à la ministre de la santé, Marisol Touraine (qui vient de déclarer) la suspension de commercialisation de ce produit dont l’AMM remonte à 1989. Curieusement, on semble s’orienter plus vers la mise en cause de la pipette jointe au médicament qu’au médicament (molécule princeps) lui-même. Si tel était le cas, il conviendrait dès lors de distinguer deux types de risques sanitaires:

  • La pharmacovigilance:

La pharmacovigilance est la surveillance des médicaments et la prévention du risque d’effet indésirable résultant de leur utilisation, que ce risque soit potentiel ou avéré.
Elle repose sur :

  • Le recueil des effets indésirables basé sur la notification spontanée par les professionnels de santé, les patients  et associations  agréées de patients et les industriels avec l’appui du réseau des 31 centres régionaux de pharmacovigilance
  • L’enregistrement et l’évaluation de ces informations
  • La mise en place d’enquêtes ou d’études pour analyser les risques, la participation à la mise en place et au suivi des plans de gestion des risques
  • L’appréciation du profil de sécurité d’emploi du médicament en fonction des données recueillies
  • La prise de mesures correctives (précautions ou restriction d’emploi, contre-indications, voire retrait du produit) et la communication vers les professionnels de santé et le public
  • La communication et la diffusion de toute information relative à la sécurité d’emploi du médicament
  • La participation à la politique de santé publique de lutte contre la iatrogénie médicamenteuseLa matériovigilance:
  • La matériovigilance:

La matériovigilance s’exerce sur les dispositifs médicaux après leur mise sur le marché, qu’ils soient marqués CE ou non, en dehors de ceux faisant l’objet d’investigations cliniques.
 
La matériovigilance a pour objectif d’éviter que ne se (re)produisent des incidents et risques d’incidents graves (définis à l’article  L.5212-2 ) mettant en cause des dispositifs médicaux, en prenant les mesures préventives et /ou correctives appropriées .

pharmavovigilanceAvec les vigilances, les autorités sanitaires sous la tutelle de la nouvelle Agence Nationale de Santé Publique (ANSP) assurent une veille continue, un peu à l’instar d’un service après-vente, en charge de recenser les risques avérés (réalisés) et de mesurer leur gravité respective. Mais dès lors, doit-on continuer à évoquer le principe de précaution ou bien s’agissant de dangers et de risques sanitaires d’envisager des mesures de protection et de prévention?

  • la protection renvoit au danger;
  • la prévention renvoit au risque.

On mesure l’importance à accorder à la gestion du risque sanitaire mais on pointera du doigt les faiblesses tant dans la communication que dans l’expertise de cette analyse des causes du décès de ce nouveau-né, sans antécédent notable respiratoire, digestif ou rénal. Nous avons un peu trop tendance à émettre des conclusions avant d’avoir pris le temps d’investiguer et d’émettre des hypothèses sur les causes possibles de décès d’un nouveau-né de 10 jours. A cet âge, les réflexes primitifs sont nombreux en réponse à des stimuli de toute sorte et conduisant à des réponses neuro-végétatives de type vagal comme expliqué par le Pr Hugues Patural dans son article consacré à l’hyper-réactivité vagale (HRV):

Chez le nouveau-né à terme : il existe une hyper réactivité vagale (parasympathique) qui est physiologique expliquant les « coups de freins » fréquents observables chez tout nouveau-né et qui ne deviennent pathologiques que si le système accélérateur (sympathique) est pris en défaut. Les obstétriciens utilisent ces indices de variabilité du cœur fœtal comme indicateur de l’état de santé du fœtus pendant le travail. L’étude de la variabilité cardiaque permet ainsi d’appréhender les dysrégulations de la commande cardio-respiratoire, potentiellement en cause dans la survenue des apnées et bradycardies du prématuré, des malaises graves ou de la mort inattendue du nourrisson.

Certes, l’industrie pharmaceutique est dans le collimateur des medias mais il convient de raison garder et d’analyser avec rigueur et méthode scientifique, les causes d’une mort subite d’un nouveau-né. Après le médiator puis la dépakine, l’uvesterol D est mis à l’index et en passe de devenir le prochain scandale sanitaire à la suite de ce décès prématuré et tragique; mais en est-il le responsable?

Dans quelle mesure les conditions d’administration de la vitamine D par la pipette contenue dans le conditionnement jouent-elles un rôle déclecheur ou facilitateur d’une hyper-réactivité vagale? Dans ce cas, supprimer la pipette et administrer dans un biberon la vitamine D diluée dans un peu d’eau devrait éliminer le danger (protection) et prévenir le risque d’une hyper-réactivité vagale pouvant conduire à une mort subite.

Une fois encore, on mesure l’importance et le rôle de l’information et de l’éducation pour la santé dans la prévention des risques en santé publique.

Ceci dit, on peut supposer que plusieurs enquêtes seront diligentées: l’une par les autorités du judiciaire et à la demande des parents du nouveau-né ou du ministre de la santé; l’autre par l’ANSP/ANSM (enquête interne) pour établir l’arbre des causes et rechercher d’éventuels dysfonctionnements dans l’organisation des Vigilances (remontée des informations et gestion des alertes/signalements des accidents graves par les médecins).

uvesterol-d-en-2015

Dans cette perspective, on pourra s’interroger sur le traitement des incidents et accidents rapportés en 2015 en lien avec la prise d’uvesterol D chez les nouveaux-nés et nourrissons.

Une enquête épidémiologique devrait indiquer l’incidence et la prévalence des complications de l’utilisation de l’Uvesterol D; d’en évaluer la pertinence pour suspendre ou non, à titre de mesure conservatoire (plus que mesure de précaution) et jusqu’à plus ample informé sur les risques avérés. A ce stade du développement du produit (uvesterol D), il s’agit de réunir suffisamment d’élèments d’information pour décider la mise en place de mesures correctives voire le retrait définitif du produit incriminé.

Certaines voix s’élèvent pour questionner sur la surveillance ou veille sanitaire au travers des agences de vigilance dont la pharmaco et la matériovigilance. Les enquêtes devront répondre à ces questions sur la gestion des risques en santé publique.

*D’après l’OMS, un nouveau-né est un enfant de moins de 28 jours. 

Médecine personnalisée / Santé Publique

La médecine contemporaine revisite-elle le paradigme de la santé publique?

santé publique

Sommes nous, sous l’effet des progrès scientifiques, biologiques et génétiques, en train de basculer d’une santé collective à une santé individuelle.

médecine personnaliséeOu bien, dans un nouvel environnement, la médecine évolue-t-elle vers une specificité, un ciblage, une personnalisation des traitements?

Nous connaissons tous les effets secondaires de certains traitements, encore appelés iatrogénie; existerait-il des moyens pour en diminuer le nombre et la gravité?

Se peut-il que la science s’adapte à un individu et non que l’individu subisse le poids de la science plus orientée vers la sensibilité  (le collectif) que vers la spécificité (l’individu).

“il n’y a aucune définition consensuelle de la médecine personnalisée. La terminologie est en effet flottante – on parle parfois indifféremment de médecine personnalisée (expression qui reste malgré tout la plus utilisée et la plus discutée dans la littérature), de médecine stratifiée donc, mais aussi de médecine ciblée, de médecine individualisée, de médecine molécularisée, de médecine de précision ou encore de médecine des 4P (Preventive, Predictive, Participatory et Personalized).”

Guchet, Xavier (2016-05-13). La Médecine personnalisée: Un essai philosophique (Médecine & sciences humaines) (French Edition) (Kindle Locations 521-526). Les Belles Lettres. Kindle Edition.

GénomiqueUn traitement ciblé est supposé être un traitement adapté au cas particulier, prenant en compte les spécificités individuelles et améliorant l’efficacité et la sécurité pharmacogénétique (marge thérapeutique étroite).

Existe-t-il un antagonisme entre la médecine personnalisée et la santé publique?

Au plan éthique comme au plan philosophique, il n’y a pas de sélection du risque ou de ségrégation, discrimination des patients mais une adaptation à un profil très particulier voire spécifique qui correspond à un individu. Ce qui est bon pour lui peut-être contre-indiqué pour un autre. En un sens, on évolue d’une médecine générale à une médecine particulière sans perdre l’essence même de la santé publique.

Il ne faudrait pas confondre avec le traitement des maladies orphelines qui devraient cependant profiter de ces avancées en recherche génomique.

On entre dans l’ére de l’innovation technologique qui révolutionne la médecine, entre nanotechnologies à l’origine de nouveaux médicaments et génomique pour analyser l’origine d’une pathologie pour en proposer un traitement étiologique et non plus symptomatique. Les portes sont également ouvertes aux traitements préventifs.

En un mot, une médecine d’avenir.

#zika l’unique cause de #microcephaly? Une déclaration prématurée du CDC

Le CDC, emboitant le pas à l’OMS, nous prive d’un débat contradictoire scientifique en affirmant que la cause des microcéphalies observées est le virus Zika. Fin de partie donc et temps de se mettre au travail pour la recherche et le développement d’un vaccin et de nouveaux traitements anti-zika. Si on peut comprendre le but poursuivi, à savoir une massive et rapide levée de fonds pour lutter contre le vecteur moustique tigre, Aedes aegypti et albopictus (voire d’autres espèces) au moment où la saison arrive à maturité pour propager les différents virus (Dengue, Chikungunya, WNV et Zika), le chemin emprunté surpend la communauté scientifique, habituée à plus de réserve à défaut de plus d’égard.

D’un revers de la main, le CDC balaye un arbre des causes cherchant à expliquer l’émergence de cas de microcéphalies au Brésil, pour établir sa vérité. Le CDC a besoin d’argent, de 1,9 Milliards de Dollars que le Congrès américain lui refuse jusque-là. La polémique qui oppose la Maison Blanche aux Républicains n’est pas sans lien avec la future élection présidentielle et la politique prend le pas sur la santé publique.

NTD_zikaA ce stade, on ne peut dissocier les deux enjeux et s’interroger sur la menace réelle que fait planer le virus Zika: n’a-t-on pas délibérement exagéré le risque de microcéphalie? Les chiffres alarmant avancés par les autorités du Brésil, en pleine crise politique au demeurant, se trouvent peu à peu contredits, dévoilent une grande disparité géographiques qui interpelle sur la nature causale du virus Zika, seul, ou associé à d’autres facteurs de risque qui ont déjà été évoqués mais en pointant sur le rôle favorisant ou aggravant du virus de la Dengue ou de ses anticorps acquis (IgM ou IgG) suite à une infection voire co-infection.

La Colombie apparait comme un groupe témoin dans ce dilemne et à ce jour, peu de cas de microcéphalies en lien avec le virus Zika: deux cas pour être précis au 18 avril 2016. Des interrogations se posent sur la valeur prédictive des modèles mathématiques utilisés récemment en épidémiologie; à commencer par Ebola qui a largement surestimé le nombre de morts en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, les prévisions pour la Colombie ont été revues à la baisse passant de 600.000 cas à 200.000. Au point de constater qu’il existe moins de microcéphalies dues à Zika qu’en lien avec d’autres causes virales connues comme la Rubéole ou le Cytomegalovirus (CMV).

Alors, n’assiste-t-on pas à une course contre la montre, devant la montée de plus en plus de preuves sur le caractère multi-causal des microcéphalies, pour damer le pion aux politiques et récolter un budget qui ne serait pas attribué en dehors d’une menace terroriste? La comparaison est brutale mais sera peut-être efficace.

Dilma RousseffNe cherche-t-on pas à cacher des vérités au Brésil, dommageables pour la population des régions du nord-est mais surtout désastreuses pour un gouvernement en perdition au lendemain du vote de destitution par la chambre basse du parlement brésilien? Car les cas avérés de microcéphalies reflètent, quelle qu’en soit la cause, une gestion calamiteuse de la politique de santé publique: l’abandon de programme de développement sanitaire et d’adduction d’eau potable, de traitement des déchets et de la gestion des décharges publiques, des eaux usées, le manque de moyens humains et matériels pour diagnostiquer les cas de Zika (suspectés mais non testés) et l’absence de prise en charge médico-sociale sur le long terme des futurs infirmes microcéphales et de leur mère, abandonnés de tous. La faillite d’une economie et d’une politique qui se voulait sociale et solidaire mais qui se révèle corrompue et déconnectée de la réalité.

Alors, il est légitime de s’interroger sur le caractère prématuré de la déclaration du CDC concernant le virus Zika et sa mise en cause définitive dans les microcéphalies.

#zika: Santé Globale ou philosophie politique?

Pourquoi cette question? J’aurais pu sous-titrer “La certitude dans l’incertitude de l’état actuel des connaisances” mais un peu long et pédant. Nos amis américains par le biais de leurs agences nationales de santé publique, à la tête desquelles se positionne le CDC d’Atlanta pour son expertise et leadership en infectiologie, ont acquis la certitude que le virus zika est le coupable; prenant la suite de l’OMS, le CDC a publié un communiqué dans lequel il affirme la mise en cause du virus dans les lésions neurologiques observées. L’anecdote est intéressante car elle traduit le système de management de la santé publique aux Etats-Unis; système reposant sur trois piliers:

  1. Une politique clairement affichée et défendue;
  2. Une communication tous azimuts incluant les NTIC;
  3. Une campagne de levée de fonds.

Obama claims CongressOn comprend la difficulté extrême de ces agences, y compris l’OMS, pour lever des fonds, élaborer des budgets pour faire face aux réponses en termes de moyens matériels et humains, d’infrastructures, de recherche et développement. Le dernier exemple récent avec Ebola renforce le caractère prégnant du financement.

Mais il ne faudrait pas confondre le discours politique s’adressant aux membres du Congrès américain en vue de faire pression avec l’argumentation et l’esprit critique que requiert la recherche médicale. Il peut-être dangereux d’affirmer haut et fort qu’il n’existe plus aucun doute sur la nature causale de la microcéphalie et autres complications neurologiques (Guillain-Barré,myélite,méningo-encéphalite), d’origine auto-immune.

Zika and International Organizations

 Ne pas confondre corrélation avec relation de cause à effet: oui, le virus zika est impliqué dans le processus auto-immun conduisant des lésions neurologiques parfois irréversibles comme la microcéphalie; non, nous ne savons pas à ce jour si le virus seul en est responsable et coupable. Il peut exister d’autres facteurs, d’autres conditions nécessaires et suffisantes pour co-agir avec le virus. Se méfier de la pensée unique…

Dans l’article publié le 13 avril 2016, le NEJM ne répond pas à plusieurs questions soulevées par une partie de la communauté scientifique:

  • Zika: seule cause de microcéphalie?
  • faible % de microcéphalies dûes au virus Zika?
  • répartition temporo-spatiale dans le NE du Brésil?
  • Martinique et microcéphalie: un cas d’espèce?

Puzzling ZikaCe questionnement sur l’analyse des causes des complications neurologiques, en lien avec le virus du Zika, apparait comme un puzzle où chaque pièce a son importance pour obtenir une vision globale, nette et précise du sujet avant d’agir efficacement.

En d’autres termes, la peur ne fait pas fuir le danger; jouer sur les peurs, surjouer devant les politiques pour obtenir des crédits ou une rallonge budgétaire de quelques 1.9 MilliardUS$.

Lucky Luke ZikaIl y a des moments où le scientifique européen ressent la solitude du coureur de fond là où l’américain exprime son “poor lonesome cowboy”, abandonné par la communauté scientifique qui balaye la science d’un revers de main. Le débat est clos et la messe est dite: Zika est le coupable. Fin de partie pour pouvoir passer à autre chose, et s’occuper enfin des programmes de recherche pour le diagnostic rapide, les vaccins, le développement de nouveaux traitements; tout ce qui a été négligé depuis 1947 et qui prend soudain un caractère d’urgence de portée internationale (PHEIC).

Je suis mal à l’aise car on m’a appris à douter, éduqué à développer un esprit critique; encore plus depuis que je conduis des évaluations de risques et d’impacts pour la santé. Rien n’est jamais définitivement acquis et surtout, appliquer le principe de précaution en cas d’incertitude pour l’homme et son environnement. Or je ne retrouve aucun de ces principes fondamentaux dans l’approche suivie qui se veut un modèle du genre. Deux conceptions s’opposent à ce jour:

  1. Les critères de Shepard: orienté résultats d’études en laboratoire (In Vitro)
  2. Les critères de Bradford Hill: reposant sur l’épidémiologie (In Vivo)

Je cherche à comprendre et donc à expliquer:

  • pourquoi le nord-est du Brésil est la région prinicpalement touchée?
  • pourquoi la Colombie n’observe pas de pic de microcéphalies?

Ni l’OMS, ni le CDC n’apportent de réponses sur ces points.

J’ai peur que l’on confonde urgence et précipitation; pour être le premier à découvrir, le premier à publier des résultats d’études; une mauvaise chasse au trésor parce que les cartes sont soit fausses soit truquées. Le Brésil s’enfonce dans une crise politique constitutionnelle; les Etats-Unis, au travers de relations conflictuelles entre la Maison Blanche et le Capitol, ne parviennent pas à réunir les fonds nécessaires pour contenir la progression du moustique Aedes, vecteur du virus Zika, de la Dengue et du West Nile. Quant à l’OMS, elle n’arrive pas à se remettre de l’épidémie Ebola, catastrophique tant au plan humain qu’au plan médiatique et perd chaque jour davantage, toute crédibilité et toute capacité à gouverner pour contrôler les grands fléaux épidémiques.

Cigarette électronique : nouvelle dramatisation des risques inhérents à l’inhalation d’additifs alimentaires

L’exercice est incomplet car il ne concerne que les Etats-Unis.S’il est vrai que le gouvernement français méconnait la cigarette électronique, absente de son site Tabac Info Service et de sa loi santé pourtant comportant un volet sur la réduction de la consommation de tabac, d’autres dont des porofesseurs en santé publique et des pneumologues,cancérologues,prennent clairement position pour soutenir l’usage de la cigarette électronique comme un moyen de sevrage du tabagisme.La France a pris les devants en édictant deux normes de qualité sur la cigarette électronique et sur les recharges, normes AFNOR garantissant la sécurité d’utilisation et l’absence de toxicité de ces dispositifs. Voir et écouter le Pr Dautzenberg dans une interview du 10/12/2015 à ce sujet.
N’oublions pas que les US abritent les lobbies de l’industrie du tabac, une arme chimique à destruction massive…
Curieux d’observer le manque d’esprit critique de certains journalistes qui relayent cette information sans s’interroger sur le rapport risques/bénéfices comme déjà discuté ailleurs.

cigarette électronqiue

Journalisme et Santé Publique

Bonjour

Dépêche matinale de l’AFP aussitôt reprise par Le Point, France Inter etc. : « Des substances chimiques dangereuses dans les cigarettes électroniques ? D’après des scientifiques, elles seraient aromatisées avec des substances chimiques dangereuses, dont une liée à une maladie pulmonaire grave. Ces derniers plaident pour des actions urgentes afin de déterminer l’ampleur des risques et appellent à une réglementation fédérale aux Etats-Unis. »

‘’Barbe à papa’’ et  ‘’cupcake’’

De quoi s’agit-il ? Du diacétyle, « substance liée à une maladie pulmonaire grave », a été trouvé dans plus de 75% des cigarettes électroniques aromatisées et des recharges testées par ces chercheurs de la faculté de santé publique de l’université de Harvard (Massachusetts). «  Deux autres substances nocives ont également été détectées dans un grand nombre d’essences aromatiques, dont des variétés prisées par les jeunes vapoteurs comme la ‘’barbe à papa’’ ou le ‘’cupcake’’. Ceux-ci ont publié leurs résultats dans l’édition de décembre…

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#Tabac:Pour une information médicale objective sur les dangers et les risques

Le 31 Mai est la date pour la journée mondiale sans tabac; vous souvenez vous du message délivré et du caractère visible et audible de l’action du ministère en charge de la santé publique? Moi, non; pour être franc.

journée mondiale sans tabac OMS

Oui, il y a aujourd’hui en France un refus ou un rejet des messages traumatisants pour parler du tabac; peut-être parce qu’il y a en parallèle une prise de conscience des responsabilités en jeu et un refus de se culpabiliser. Seule, une approche globale en santé publique permettra d’avancer sans tabous sur la question du sevrage tabagique.

Deuxième remarque, on continue à vouloir cliver la santé en deux branches: une branche santé publique (mais curieusement de l’ordre du privé) et une branche santé au travail. santé au travailEst ce bien raisonnable en 2015 de s’adresser pour un même sujet, tel que le sevrage du tabac, à deux entités différentes qui renvoient à deux ministères et deux administrations: au mieux il y a doublon; au pire, contradiction qui rend le message inaudible et incompréhensible.

Il est temps de passer à une santé globale, la résultante de ces deux branches: santé publique + santé au travail.

Ceci étant dit, revenons à l’information sur les dangers et les risques en lien avec le tabac:

  1. Les dangers: Le tabac fumé est une substance chimique dangereuse pour la santé, classée CMR, qui en toute logique devrait être retirée de la vente et remplacée par un substitut non CMR.
  2. Les risques: Le tabac est responsable de 78.000 morts par an. Il génère directement et indirectement des maladies chroniques et des cancers avec un poids social et économique très lourd.
  3. La Prévention: L’Etat devrait donc dans sa loi santé introduire tous les éléments de prévention du tabagisme primaire ou secondaire. Il y va de sa responsabilité dans le cadre de ses obligations de sécurité sanitaire. Le paquet neutre, tabac info service ne peuvent constituer une politique de prévention à eux seuls.paquet neutre

L’information médicale concernant les dangers et les risques pour la santé du tabac doit porter sur la nature même du produit, véritable drogue qui rend son consommateur rapidement addicte/dépendant à la nicotine. Le fumeur est un futur malade qui s’ignore, un drogué en perdition. Les comportements sociétaux, à la ville comme au travail, entretiennent ce besoin de fumer. Le stress, les risques psycho-sociaux peuvent conduire à cette addiction au tabac. Une fois énoncés ces principes, ce qu’attend le fumeur en mal de sevrage consiste en un accompagnement et la mise à disposition de moyens pour arrêter ou a minima, diminuer de fumer; de s’exposer et d’exposer les autres aux dangers des fumées de cigarettes. Certes il a besoin de motivations, multiples et variées, de volonté aussi mais il a surtout besoin d’aide et d’assistance au démarrage du sevrage, comme tout toxicomane qui se respecte. Les addictologues connaissent bien le syndrome de sevrage.

La question récemment posée est de définir clairement la place de la cigarette électronique dans cette stratégie du sevrage tabagique. Le Royaume uni y a répondu dans son rapport PHE en Aout 2015: l’e-cigarette est 95% moins dangereuse que le tabac fumé et l’addiction à la nicotine n’est pas un problème de santé publique. La désinformation ne mène à rien sauf à entretenir des rapports viciés avec les lobbys de l’industrie du tabac et à une confusion des genres voire à des conflits d’intérêts qui finiront un jour par faire la une des médias.