Comment a-t-on pu en arriver à #Benalla? Juste l’affaire d’un homme ou d’un système de sécurité à l’#Elysée?

Depuis le 18 juillet et faisant suite à la révélation du journal Le Monde, on en sait un peu plus sur le sulfureux conseiller de l’Elysée en charge de la coordination des déplacements du Président de la République, Alexandre Benalla.

Après s’être interrogé sur les motifs de sa présence lors des manifestations du 1er Mai à Paris, entre gesticulations devant les Black Blocs, un détour par le bac à sable du jardin des plantes pour finir par un apéro festif place de la contrescarpe, Alexandre Benalla nous a livré un spectacle édifiant de son rôle d’observateur, accompagné de son fidèle Vincent Castre, aux ordres de ce dernier.

“Mais qu’allait-il donc faire dans cette galère?” serait on en droit de se poser comme question; nous et les membres des administrations en charge du maintien de l’ordre et de la sécurité du président. Bien qu’emprunté aux Fourberies de Scapin, nous avons bien à faire à des fourbes. Il aura fallu attendre les auditions menées par la commission d’enquête du Sénat, sous la remarquable présidence de Philippe Bas pour comprendre un peu mieux le rôle et les responsabilités de Mr Benalla. De son côté, l’Assemblée Nationale a brillé par son refus de chercher et donc de trouver la vérité qui comme le diable se cache parfois dans les détails; elle a donc explosé en plein vol ou déni de Démocratie sans laisser de trace de son existence (aucun rapport ne sera publié).

Où l’on apprend donc les privilèges réservés à ce conseiller qui a réussi à passer les filtres ou plutôt qui a bénéficié de manquements graves à la sécurité de l’Elysée et à qui l’on attribue des signes distinctifs prêtant à la confusion des genres à en faire pâlir les membres du GSPR, les gendarmes et les policiers sur le terrain.

Nous voici en présence d’un Rambo, armé, équipé d’un véhicule de service aux couleurs et au son de la police, disposant d’un passeport diplomatique et accrédité secret défense, d’une carte pour accéder à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale; j’en oublie certainement…

Ce qui fait moins sourire, sont les passe droits et autres soutiens dont il a bénéficié depuis sa suspension puis sa mise en examen par la justice: Depuis les vidéos de la préfecture de police qui auraient dû être détruites; l’ordre écrit par le commandement militaire de l’Elysée pour récupérer à la fourrière, un véhicule conduit par Mr Benalla lors de son audition et mise en examen par la police judiciaire alors qu’à ce moment Mr Benalla est suspendu et en procédure de licenciement pour faute; la rocambolesque disparition de son armoire à armes à feu juste avant la perquisition de son appartement dont il a perdu les clés…

Jusque là, on s’intéressait effectivement à l’homme Benalla, responsable de ses actes à titre personnel et agissant pour son propre compte…mais on finit par apprendre:

  • Qu’il est récemment détenteur d’un agrément pour diriger une entreprise de sécurité;
  • Qu’il a participé à des réunions préparatoires en vue de réorganiser les services de protection et de sécurité de l’Elysée et dont il détient une copie du projet.

Là, on peut raisonnablement commencer à se demander ce qui se trame dans les hautes sphères de l’Elysée; envisager de transgresser la séparation des pouvoirs que confère la Constitution de la Veme  République qui prévoit que le ministère de l’intérieur s’occupe de la protection et la sécurité de la présidence de la république.

Notre homme (A.Benalla) aurait-il anticipé cette organisation au sommet de laquelle il s’y voyait déjà? Il faudrait alors l’appréhender comme le chef des services de protection de la présidence de la république. Chefferie de service confié à un individu de 26 ans, réserviste de la gendarmerie et qui se comporte comme un délinquant, bravant les lois et les réglements sans parler de l’éthique. De quoi s’inquiéter non? Au moment où les parlementaires s’apprêtent à examiner une révision de la Constitution pour octroyer plus de pouvoirs au Président…