#tabac: Quand Bercy enfume le sevrage tabagique en France

La Macrocacophonie bat son plein…Un pas en avant; deux pas en arrière.

On est proche des injonctions paradoxales pour certains ministres dont Agnès Buzyn, notre ministre de la santé. Dire tout puis quelques jours plus tard son contraire…est devenu presque un sport de la nouvelle république en marche. Les bonnes intentions en matière de santé publique telle la volonté que la nouvelle génération d’enfants ne connaisse pas le tabac sera un voeu pieux mais non exaucé. La faute à qui?

La faute à Bercy qui n’arrive pas à gérer la transition tabagique; augmenter le prix du tabac aura nécessité un arbitrage du premier ministre; quant à la cigarette électronique comme outil de sevrage, il faudra qu’on nous explique comment la même personne passant du poste de directrice de l’institut national du cancer au poste de ministre de la santé, en perd son argumentaire et de militante redevient incrédule et sceptique. La médecine est fondée sur la preuve; la politique sur le mensonge.

Marisol Touraine nous avait promis en guise de cadeau d’adieu des terrasses sans fumeurs. Elle s’en est allée tel un rond de fumée avant de disparaître du paysage mais en nous laissant la fumée du tabac en guise de fumet sur les terrasses.

Pourquoi n’arrive-t-on pas à dissocier la santé publique des finances publiques? En quoi Bercy pourrait-il influencer la politique de santé publique au seul motif d’une maitrise comptable en omettant d’y inclure le retour sur investissement d’une politique de prévention des risques pour la santé, comme le tabagisme par exemple; c’est oublier l’exercice de l’économie de la santé.

Au lieu de cela, Bercy ne cesse de compenser et indemniser les buralistes tel un état providence qui n’arrive pas à faire son deuil de son statut d’ancien fabricant de cigarettes du temps de la SEITA; dur, dur d’assumer son passé et de faire table rase des engagements délétères pris au mépris de la santé des français. Le tabac, longtemps perçu comme l’autre opium du peuple et distribué gratuitement par l’armée française.

Il existe peut être une logique au niveau de l’Etat pour expliquer le refus d’augmenter des taxes qui impacteraient positivement la santé et les finances de la sécurité sociale; la même logique qui consiste à subventionner ad vitam aeternam les marchands de tabac. Il est temps pour E.Macron, surnommé l’évangéliste, de chasser les marchands du temple pour assainir les comptes de la nation et l’air pollué des terrasses. MERCI

#Tabac:Pour une information médicale objective sur les dangers et les risques

Le 31 Mai est la date pour la journée mondiale sans tabac; vous souvenez vous du message délivré et du caractère visible et audible de l’action du ministère en charge de la santé publique? Moi, non; pour être franc.

journée mondiale sans tabac OMS

Oui, il y a aujourd’hui en France un refus ou un rejet des messages traumatisants pour parler du tabac; peut-être parce qu’il y a en parallèle une prise de conscience des responsabilités en jeu et un refus de se culpabiliser. Seule, une approche globale en santé publique permettra d’avancer sans tabous sur la question du sevrage tabagique.

Deuxième remarque, on continue à vouloir cliver la santé en deux branches: une branche santé publique (mais curieusement de l’ordre du privé) et une branche santé au travail. santé au travailEst ce bien raisonnable en 2015 de s’adresser pour un même sujet, tel que le sevrage du tabac, à deux entités différentes qui renvoient à deux ministères et deux administrations: au mieux il y a doublon; au pire, contradiction qui rend le message inaudible et incompréhensible.

Il est temps de passer à une santé globale, la résultante de ces deux branches: santé publique + santé au travail.

Ceci étant dit, revenons à l’information sur les dangers et les risques en lien avec le tabac:

  1. Les dangers: Le tabac fumé est une substance chimique dangereuse pour la santé, classée CMR, qui en toute logique devrait être retirée de la vente et remplacée par un substitut non CMR.
  2. Les risques: Le tabac est responsable de 78.000 morts par an. Il génère directement et indirectement des maladies chroniques et des cancers avec un poids social et économique très lourd.
  3. La Prévention: L’Etat devrait donc dans sa loi santé introduire tous les éléments de prévention du tabagisme primaire ou secondaire. Il y va de sa responsabilité dans le cadre de ses obligations de sécurité sanitaire. Le paquet neutre, tabac info service ne peuvent constituer une politique de prévention à eux seuls.paquet neutre

L’information médicale concernant les dangers et les risques pour la santé du tabac doit porter sur la nature même du produit, véritable drogue qui rend son consommateur rapidement addicte/dépendant à la nicotine. Le fumeur est un futur malade qui s’ignore, un drogué en perdition. Les comportements sociétaux, à la ville comme au travail, entretiennent ce besoin de fumer. Le stress, les risques psycho-sociaux peuvent conduire à cette addiction au tabac. Une fois énoncés ces principes, ce qu’attend le fumeur en mal de sevrage consiste en un accompagnement et la mise à disposition de moyens pour arrêter ou a minima, diminuer de fumer; de s’exposer et d’exposer les autres aux dangers des fumées de cigarettes. Certes il a besoin de motivations, multiples et variées, de volonté aussi mais il a surtout besoin d’aide et d’assistance au démarrage du sevrage, comme tout toxicomane qui se respecte. Les addictologues connaissent bien le syndrome de sevrage.

La question récemment posée est de définir clairement la place de la cigarette électronique dans cette stratégie du sevrage tabagique. Le Royaume uni y a répondu dans son rapport PHE en Aout 2015: l’e-cigarette est 95% moins dangereuse que le tabac fumé et l’addiction à la nicotine n’est pas un problème de santé publique. La désinformation ne mène à rien sauf à entretenir des rapports viciés avec les lobbys de l’industrie du tabac et à une confusion des genres voire à des conflits d’intérêts qui finiront un jour par faire la une des médias.

Buralistes ou comment s’en débarasser (#tabac) version E.Ionesco

Ils nous auront tout fait: le paquet neutre, l’augmentation de 1€, le 3989…Où s’arrêtera l’absurde pour laisser place à une vraie réflexion sur la santé publique concernant la lutte anti-tabac?

Dernière fausse bonne idée pour abonder les buralistes, la vente de patchs de nicotine. patch nicotineEffectivement, il fallait y penser et surtout oser proposer à un fumeur, décidé à se lancer dans l’épreuve de fond du sevrage tabagique, d’aller s’approvisionner sur les lieux mêmes de sa perdition. Autant demander à un alcoolique anomyme de se réunir dans un débit de boissons…AAALa souffrance comme témoignange de notre société judéo-chrétienne; l’expiation des fautes ou bien un côté pervers des autorités de Bercy et de la Santé? Transformer la dépendance à la nicotine en une relation sado-masochiste!

Juste pour mémoire, la nicotine est un produit chimique, responsable de la plus grande dépendance/addiction de l’être humain qui justifie un accompagnement médical et pharmaceutique (conseils, aide au sevrage). Faut-il mettre derrière chaque buraliste un pharmacien ou l’inverse?

CVS

On est pas déçu par le caractère inventif de nos hauts fonctionnaires de l’Etat; mais sur la base de quelle logique? comptable, médicale? On en perd son latin. Bercy refuse d’augmenter le prix du paquet de tabac >10€, prix reconnu comme dissuasif pour le consommateur. La DGCCRF qui, dans un rapport sur la cigarette électronique datant de 2014, oublie de mentionner que l’AFNOR a publié deux normes sur la qualité et la sécurité des ces dispositifs (e-cigarette + recharges) au printemps 2015; comme pour dissuader de recourir à cette méthode de sevrage tabagique qui allie une réduction des risques pour la santé et la disparition du tabagisme secondaire. De quoi s’interroger sur les motivations profondes et sur nos experts du sujet. Tout récemment, la Commission Européenne est sommée de clarifier la nature de ses relations avec l’industrie du tabac et ses Lobbystes et de se conformer à la réglementation internationale édictée par l’ONU (lire:EU et cigarettiers/ONU). Mais comme indiqué dans un éditorial du Lancet qui accusait le PHE, agence sanitaire anglaise, que l’on se rassure de l’absence de conflits d’intérêts dans les hautes sphères administratives.

Canabis shopQuel sort sera donc réservé aux buralistes/cigarettiers? L’imagination ne manque pas et nous apprendrons bientôt s’ils sont autorisés à cultiver et à vendre de la marijuana à des fins thérapeutiques comme dans certains états d’Amérique (Colorado).

On arrête pas le progrès!

Le gouvernement français ne sort pas grandi par sa communication anti #tabac

Ou quand les lobbys font les lois en dépit des intérêts de santé publique.

Curieux discours médiatiques ces derniers temps au sujet de la lutte anti-tabac, de la loi santé et du projet de loi de programmation de la sécurité sociale.

La santé publique serait elle une chose trop sérieuse pour la confier aux médecins? En dépit des prises de position de grands noms universitaires qui enseignent la médecine et la santé publique; en dépit d’études scientifiques et de méta-analyse sur ces travaux scientifiques dont le plus récent et complet est le rapport du PHE, d’abord décrié dans un éditorial du Lancet avant d’être réhabilité ensuite, force est de constater que le pouvoir politique corrompu par le lobbysme donne clairement la préférence à l’économie sur le social et la santé publique.

Doit on, ici et maintenant, rappeler l’intérêt d’investir dans la prévention et se souvenir de la maxime en médecine “d’abord, ne pas nuire” ou “Primum non nocere” que l’on attribue à Hippocrate? Pour chaque Euro (€) investi en santé des études en économie de la santé démontrent un retour sur investisement (ROI) entre 2.5 et 5 €.

Concernant la lutte contre le tabagisme, il est légitime de s’interroger sur la pertinence des choix stratégiques des ministères de la santé et des finances. Certes l’histoire du XX° siècle permet de comprendre la période trouble de cohabitation entre tabac et état, mais mettre en avant le paquet neutre comme mesure phare devant l’augmentation du prix du paquet >10€ et la promotion du sevrage tabagique en soutenant le passage par la cigarette électronqiue peut apparaitre anachronique.

L’opinion publique est prise à partie puis prise en otage par une campagne de désinformation et de manipulation servant les intérêts de l’industrie du tabac, enrichissant au passage, les caisses de l’état (faussement, car la balance recettes fiscales du tabac/dépenses de santé en lien avec le tabac est négative) et aux antipodes des missions de service public du ministère de la santé.

On cherche à détruire la crédibilité du corps médical en utilisant des arguments fallacieux au risque de se prendre les pieds dans le tapis quand on parle des dangers de la cigarette électronique et des recharges en oubliant de parler des deux normes AFNOR publiées en 2015 pour assurer la sécurité des utilisateurs; dire que 90% des produits testés sont dangereux c’est aussi oublier de dire que le tabac, lui, est dangereux dans 100% des cas et conduit à un décès sur deux fumeurs (50% de mortalité). Non négligeable, non? Halte à la désinformation.

Trop, c’est trop! la ruse est aujourd’hui tellement grossière que plus personne n’est dupe de ce stratagème et les autorités tant nationales qu’européennes auraient quelque intérêt à se démarquer (au sens propre comme au figuré) avant être discréditées (réputation d’intégrité et d’Ethique) puis tenues pour responsables de scandales sanitaires sous couvert d’intérêts financiers.

#tabac: E-cigarette ou la médecine fondée sur la preuve

En cette période de rentrée, le ministère de la santé met en place une campagne de communication et d’information sur le sevrage tabagique. L’intention est certes louable mais la forme comme le fond sont discutables.

Il est légitime de s’interroger sur le sens à donner au prochain projet de loi santé: on attendait un discours fort, engagé et reposant sur des actions d’envergure…la montagne accouche d’une souris: un paquet de tabac neutre, l’interdiction de fumer dans les jardins d’enfants, la réactivation du site Tabac info service au 3989 pour inciter les fumeurs à arrêter et dissuader les jeunes?

Grece-non-fumeur

Au XXI° siècle, il existe des moyens plus adaptés, plus efficaces, plus attractifs pour aborder le sevrage tabagique. Mais surtout, en santé publique, la médecine est fondée sur la preuve!

  1. Pas de logique politicienne mais une politique de santé publique, s’appuyant sur des études cliniques, des statistiques qui constituent l’épidémiologie. La Grande Bretagne occupe les premières places en la matière et nul ne viendrait contre-dire un rapport rédigé par la Public Health England (PHE) qui prend clairement position en faveur de la cigarette électronique sauf hélas un éditorialiste du Lancet qui a préféré garder l’anonymat.
  2. De son côté, la France a eu l’intelligence de s’adresser à l’AFNOR pour établir deux normes concernant la cigarette électronique et les recharges de nicotine: Cigarettes électroniques et e-liquides : les normes publiées vont structurer le marché. =>Améliorer la sécurité des consommateurs.

sur le blog de l’@AFNOR CIGARETTE ÉLECTRONIQUE : DÉBUT DU TRAVAIL POUR ÉLABORER DES NORMES EUROPÉENNES

e-cigarette

Curieusement, tout ce travail scientifique, fondé sur une démarche d’amélioration continue de la qualité et sur la protection des utilisateurs reste complètement ignoré par le gouvernement et pire, absent du site Tabac info service. On ne peut rêver mieux en matière de désinformation et de déni de la réalité.

Plusieurs professeurs en santé publique, pneumologues français ont déjà pris position en faveur de l’utilisation voire de la promotion de l’E-cigarette comme l’un des moyens de sevrage les plus efficaces mis à la dispositon des fumeurs.

Au total, de quelle crédibilité, Madame la ministre de la santé, disposera-t-elle devant l’Assemblée Nationale et le Sénat pour justifier son projet de loi anti-tabac? Il faudra qu’elle ne manque pas de souffle pour le défendre.