#attentats: La faillite de l’Etat français et de la classe politique.

Depuis Charlie en janvier 2015 qui a suscité une réaction de la société civile sous forme d’unité nationale, nous vivons d’attentat en attentat à un ryhtme qui s’accélère et qui génère une barbarie qui nous indigne, nous révolte. Les français ne trouvent pas de réponse rassurante tant en termes de justice que de sécurité, à cette flambée du terrorisme. L’Etat Islamique/DAESH s’attaque aux principaux symboles de notre civilsation et culture judéo-chrétienne; les dates des attentats ne sont prises au hasard.

Quels sont les points ou les failles de notre système actuel:

  1. la non centralisation des informations des sujets à risques fichés S (Merhat, Charlie); coopération des services de renseignements.
  2. la non sécurisation des sites à risques (Nice), faute de moyens en hommes et matériel; l’interdiction de certaines manifestations si nécessaire.
  3. l’absence de suivi judiciaire de la filiaire djihadiste (Rouen).

Prom de Nice et barrages policiersIl faudra bien s’interroger sur le caractère preventable des attentats récents pour en tirer des leçons et éviter d’autres récidives en aniticipant les actions terroristes. On note une absence de coordination des services renseignements-police-justice-administration pénitentiaire dans le suivi du parcours d’un candidat au djihad en voie de radicalisation salafiste.

L’état d’urgence devrait conduire à la privation de certaines libertés (soumis au contrôle du judiciare) dans l’intérêt supérieur de l’état et de la société au détriment du particulier. Adapter la législation, même temporaire, à la situation et aux besoins pour ne pas reproduire les blocages administratifs, juridiques retardant les interventions en urgence, sur le terrain des attentats (Bataclan, cf rapport d’enquête parlementaire).

bracelet électronqiueDes améliorations tant techniques (géolocalisation) qu’administratives (entre justice et administration pénitentiaire) sont nécesaires rapidement pour corriger les dysfonctionnement constaté de la surveillance d’un individu porteur d’un bracelet électronique capable de passer à l’acte sans avoir déclenché d’alarme ni de signalement.

Il existe un manque d’imagination “cruelle” des autorités de l’Etat face à un ennemi invisible et protéiforme qui utlise toutes les ressources disponibles, qu’elles soient conventionnelles ou pas. Cet ennemi qui n’est pas nommé par l’Etat, le salafisme, branche extrémiste de l’Islam radical et dont on a toujours pas clarifié la situation de guerre (civile, de religion?) ce qui impacte la préparation à la réponse civile.

Il est temps de constituer une task force comme proposé par certains dont Georges Fenech qui connait bien la mouvance islamiste,la radicalisation et le terrorisme. Il propose une approche globale et plurisdisciplinaire, sur la durée pour agir en amont des passages à l’acte:là se trouvent les facteurs de prévention du terrorisme. Il reste à en convaincre les politiques et nos dirigeants incapables de faire face à ce phénomène.

Enfin, à l’aire du numérique et du Big data, on ne peut faire l’économie d’une analyse psycho-sociologique des données disponibles ou à collecter à l’avenir pour établir un algorythme permettant d’identifier les personnes à risque de radicalisation ou de passage à l’acte: malades psychiatriques dangereux, islamistes radicaux ou candidats au Djihad salafiste. Rechercher et analyser les signaux faibles qui sont autant d’indicateurs que nous avons sous-estimés dans l’analyse du risque terroriste.

#attentats et massacres:un changement radical de civilisation?

Quels points ont en commun les auteurs des attentats et massacres perpétrés en France, en Belgique ou en Allemagne depuis 2015? Comprendre le pourquoi et le comment de ces crimes, massacres,excécutions.

C’est peut-être à ces questions qu’il conviendrait de s’atteler pour avancer dans la connaissance de ce phénomène de rejet de quelques illuminés ou manipulés, programmés pour détruire massivement, méthodiquement et avec préméditation.

la violence et le sacréVictime expiatoire ou massacre sacrificiel, expression d’une violence qui se manifeste et orientée contre le Sacré (pas plus tard qu’aujourd’hui 26 juillet à proximité de Rouen), plus précisément contre la civilisation judéo-chrétienne à l’origine des maux sur Terre; une Terre qui les rejette; une incompréhension en forme de croisade djihadiste pour les uns; une simple revanche sur une vie emplie de frustrations et d’échecs pour les autres. Deux profils de tueurs très différents dans les motivations.

J’ai déjà eu l’occasion d’aborder la branche psychiatrique comme motivation en évoquant le modèle du copy cat .

J’emprunte à René Girard ces éléments de réflexion, le désir mimétique et la violence sacrificelle: Purifier et détruire, refonder une civilisation aux dépens d’une autre à détruire. N’est-ce pas le discours identitaire de DAESH en s’en prenant à l’occident et à l’Islam qui refuse la radicalisation salafiste?

A.Girard_la violence et le sacré

La Violence et le Sacré, 1972

Entre fanatisme religieux d’une frange radicalisée salafiste et décompensation psychiatrique de quelques personnalités fragilisées par un parcours familial et sociétal défavorable voire délétère, la violence apporte une mauvaise réponse à leurs angoisses. Derrière les manipulations directes et indirectes via internet, diffusion d’une idélogie, d’un endoctrinement salafiste en poussant les musulmans vers un Islam radical et violent, une interprétation très personnelle du Coran qui pourtant prône la non violence.

Andy Warhol aurait donné une autre explication:A.Warhol et son quart d'heure de gloire

L’Etat Islamiste/DAESH voudrait nous faire croire à une forme de rédemption par la violence alors que l’objectif stratégique, en bons militaires, n’est qu’un renversement des valeurs de la civilisation occidentale; installer le chaos et la révolte insurrectionnelle  sous couvert de la religion islamique. Le Salafisme instrumentalise la religion musulmane à son simple profit “politique” et économique pour un expansionisme qui dépasse le Moyen-Orient. L’argument pour y parvenir utilise la violence par le sacrifice, la victimisation et le martyr. Tout ceci n’est que théatralisation, une mise en scène macabre pour créer un état de terreur dans les esprits apeurés comme dans les intentions géo-politiques: le Califat; tout sauf un état de droit.

Califat

EI/Califat:Un état dirigé par des pervers narcissiques, des pseudo fous de Dieu.

Par ailleurs, en ce qui concerne le domaine politique, le calife est chargé d’administrer l’empire et de nommer des subordonnés dans les différentes provinces. Il est responsable de l’exercice de la justice ainsi que de la gestion du Trésor public. Le calife est également le chef suprême des forces armées et décide donc des différentes expéditions militaires…

Le califat est finalement aboli par Mustapha Kemal (1881-1938) le 3 mars 1924, jugeant l’institution dénuée de sens au XXème siècle et responsable de la dégradation des valeurs de l’Islam. Par ailleurs, plusieurs personnalités, dont Mustapha Kemal, ont alors cherché à mettre en avant son caractère illégitime, rappelant que cette forme gouvernementale n’est pas d’origine divine mais une pure invention humaine. La volonté de réunir l’ensemble des musulmans sous un même pouvoir s’est finalement révélée très utopique. Le monde islamique sunnite se retrouve alors sans chef. Le chérif de la Mecque Hussein tente alors de se proclamer calife mais son ambition est immédiatement stoppée par Ibn Saoud qui le chasse du Hedjaz. D’autres personnalités ont également cherché, en vain à rétablir le califat tel que le roi égyptien Fouad I ou encore l’intellectuel syrien Rashid Rida qui le défend ardemment. Un congrès général islamique est même organisé au Caire pour discuter de cette possibilité en 1926. Mais personne n’arrive à s’accorder sur un candidat. Aujourd’hui, le califat n’a toujours pas été rétabli mais certains mouvements islamistes comme les Frères musulmans ou le Hizb ut-Tahrir continuent à appeler à sa restauration.

http://www.lesclesdumoyenorient.com/Califat-origine-role-et-evolution-dans-l-histoire.html

Face à la volonté d’entrainer notre civilisation dans un tourbillon de haine en répondant à la violence par la violence, conduisant à une guerre de religion, une croisade à l’envers, “il faut savoir raison garder”.

#attentatsParis et #attentatNice: Apprendre de ses erreurs

On n’est pas loin du célèbre J'accuse

Laissons de côté les polémiques stériles et la politique politicienne dont ce n’est pas notre propos ici, pour nous intéresser à la gestion des risques, à la santé et sécurité, en situation de terrorisme.

Si le moment n’est pas au règlement de compte, a contrario, il existe un compte à rebours dans la lutte anti-terroriste que certain considère comme un état de guerre. Pour autant et avant de donner la “vedette” à des risques biochimiques ou nucléaires, considérons en priorité les risques évitables facilement.

L’excellent rapport parlementaire sous la présidence de Georges Fenech ne doit pas être enterré avec les 130 vicitmes du Bataclan. Très exhaustif et détaillé dans la chronologie des faits, il établit un constat et propose des axes de réflexion et d’amélioration.

apprendre de ses erreursSouhaitons la même démarche, pourquoi pas par les mêmes personnes qui ont investigué, le rapporteur S.Pietrasanta, au lendemain du massacre de la Promenade des Anglais à Nice le 14 juillet 2016.

Qu’en attendre?

  • une objectivité; non seulement des faits, mais de la préparation de cet évènement qui a réuni plus de 30.000 personnes civiles, adultes et enfants.
  • une analyse constructive des risques encourus et des moyens mis en oeuvre pour les éviter à défaut de les contrôler.
  • une identification des erreurs commises par les services de l’Etat comme des collectivités territoriales qui doivent accepter leur part de responsabilité et ne pas être dans le déni permanent et le rejet de la faute.

Il y aura certainement un double volet dans la gestion de ces attentats et on en voit déjà les premiers effets avec le dépot de plaintes de parties civiles:

  1. un volet judiciaire: recherche en responsabilité (Droit Public);
  2. un volet gestion du risque et démarche qualité.

La pratique de l’audit en santé puis en santé/sécurité au travail (HSE) m’a appris à rester factuel et à établir des constats; elle m’a aussi appris à ne pas me substituer aux décideurs, responsables, managers mais à leur fournir des clés, à les mettre sur des voies d’amélioration ou de résolution de problèmes. Le but, à court terme étant d’obtenir des réponses et encore mieux des actes qui contribuent à effacer, un à un, les points d’action idéntifiés et constituant autant de réserves pour une certification. A ce niveau, j’élimine les non-conformités qui entrainent de fait et immédiatement une suspension des activités et un signalement aux autorités de tutelle.

PDCACar sur quoi repose cette approche? sur la volonté d’une amélioration continue de la qualité des services. La roue de Deming conduit à nous interroger en permanence sur nos systèmes de management, y compris en sécurité: planifier, faire, évaluer la performance et l’efficacité, corriger les erreurs…

 Nos parlementaires seront donc inspirés de ne pas sombrer dans une approche par trop administrative ou politique mais de rester concentrés sur une approche orientée qualité et gestion des risques.

oser en apprenant de ses erreurs

#attentatbruxelles et #etatdurgence : Quand les politiques s’en mêlent…

1261922646_B978184998Z.1_20160322164824_000_G9U6EPABM.2-0Pour reprendre un slogan publicitaire de la revue Paris-Match: “Le poids des mots, le choc des photos”; inutile de tomber dans ce travers de voyeurisme d’un côté et de l’autre, la surenchère médiatique et spéculative plus que politique.

Au moment de rendre hommage aux victimes des attentats, de respecter le deuil des familles et de se recueillir en silence, qu’il est insupportable d’entendre des voix railler les insuffisances des uns et des autres en oubliant de se regarder dans un miroir…

C’est à la fois indécent et stupide de commenter à chaud une actualité dramatique, en espérant tirer parti de la situation et de la tribune médiatique pour faire passer un discours, des idées ou un programme politique. C’est totalement déplacé, maladroit et irresponsable.

Place au recueillement en premier, au silence et à la réflexion. Place aux victimes pour leur venir en aide et en soutien sur le long terme. Place aux services d’urgence, secouristes, pompiers et policiers venus porter assistance et sauver des vies.

Et HONTE aux quelques uns qui ont violé ce nécessaire silence en prononçant des mots ou un discours déplacés, nauséabonds, impudiques et malsains. Chez ces gens là, comme le disait si bien Jacques Brel, “on ne pense pas, Monsieur, on ne pense pas”…

Inutile de les nommer (Name & Shame); ils se reconnaitront!

#AttentatsParis: D’où l’on parle des armes chimiques et biologiques/De l’information sur les risques à la prévention

Le premier ministre, Manuel Valls vient de tenir des propos graves sur les risques de futurs attentats, n’exluant pas la possibilité d’utilisation d’armes chimiques ou biologiques. Certes la France a déclaré la guerre à l’état islamiste ou plutôt agit comme tel envers un groupe armé de terroristes sans foi ni loi.

Cette guerre nouvelle reste une guerre planifiée menée par une armée criminelle. Ce qui est nouveau ce sont les modes opératoires, les façons de frapper, de tuer, évoluent sans cesse”. “L’imagination macabre des donneurs d’ordre est sans limite: fusil d’assaut, décapitation, bombe humaine, armes blanches. Il ne faut aujourd’hui rien exclure et je le dis avec toutes les précautions qui s’imposent mais nous savons et nous l’avons à l’esprit, il peut y avoir aussi le risque d’armes chimiques et bactériologiques. (Manuel Valls le 19/11/2015)

imageAttention DANGER: évoquer l’existence d’un risque vital pour une population exposée impose en contre partie de la protéger en lui donnant les moyens spécifiques pour faire face à la menace; cela suppose d’être pro-actif et non réactif. En clair, si une menace d’utilisation d’armes chimiques et biologiques existe, alors il convient de mettre en place les moyens de diminuer l’exposition au risque ou les moyens de prévenir ou traiter les conséquences du risque s’il se réalise. Pour être encore plus clair, cela revient à dire que l’état met à la disposition des français les plus exposés (reste à définir les critères d’exposition à risques…) à la fois des masques à gaz et des médicaments auto-injectables à base d’atropine (médicament anti effet neurotrope), toutes choses jusque là réservées aux combattants des forces armées.

masque à gazInformer et être transparent est une bonne chose en démocratie mais pas au point d’affoler et non sans avoir pris la précaution de s’assurer que les moyens pour prévenir ces risques sont en place et disponibles en masse. Si la France a les moyens logistiques et matériels pour organiser la distribution de masques, combinaisons et antidotes, alors elle doit dès maintenant le mettre en oeuvre. A défaut, ce type d’information doit rester confidentiel pour un usage réservé aux forces de l’ordre et aux secouristes.

Je ne suis pas certain que nos hommes politiques, même au plus haut sommet de l’état, aient une perception précise des effets dévastateurs que peut avoir une communication inappropriée en temps de crise, qui plus est, en temps de guerre contre le terrorisme. La France et la région parisienne en premier lieu, sortent à peine d’un traumatisme psychologique fort; ce n’est pas le moment de renforcer le discours sur les dangers qui génèrent angoisse et phobies. La communication fait partie intégrante de la gestion de crise.

Heureusement, le ministre Ledrian “relativise” la menace dans une Interview